Repérer les figures de style
« fort comme un lion » ou « c'est un lion » : la même image, deux figures.
L'essentiel
Les figures de style sont des « effets » que l'auteur produit avec les mots. Les plus courantes au brevet : la comparaison (rapproche deux choses avec un outil : comme, tel) ; la métaphore (rapproche sans outil) ; la personnification (donne une vie ou des sentiments humains à une chose) ; l'hyperbole (exagère) ; l'anaphore (répète un même mot en tête de plusieurs phrases ou vers). On les repère, puis on explique l'effet.
L'idée à retenir
Les figures de style créent des effets et des images : la comparaison rapproche deux éléments avec un outil (« comme »), la métaphore les rapproche SANS outil, la personnification prête des traits humains à une chose, l'hyperbole exagère, l'anaphore répète.
Comprendre
Les figures de style sont des procédés par lesquels un auteur joue avec le langage pour produire des images, des effets et de l'émotion. Au collège, cinq figures reviennent particulièrement souvent. La comparaison rapproche deux éléments (le comparé et le comparant) à l'aide d'un outil de comparaison : comme, tel, pareil à, ressembler à, semblable à.
Exemple : « Il est fort comme un lion » (comparé : il ; comparant : un lion ; outil : comme). La métaphore rapproche aussi deux éléments, mais SANS outil de comparaison : le rapprochement est direct. Exemple : « Cet homme est un lion » (on dit que l'homme EST un lion, sans « comme »).
La distinction comparaison/métaphore est essentielle : c'est la présence ou l'absence de l'outil de comparaison qui les sépare. La personnification consiste à attribuer des caractéristiques, des actions ou des sentiments humains à un être non humain (un animal, un objet, une idée, un élément de la nature). Exemple : « Le vent hurlait dans la nuit » (le vent ne peut pas hurler comme un humain).
L'hyperbole est une exagération volontaire qui met en valeur ou frappe l'esprit. Exemple : « Je meurs de faim », « Il y avait des milliers de gens » (pour dire « beaucoup »). L'anaphore est la répétition d'un même mot ou d'un même groupe de mots au début de phrases, de propositions ou de vers successifs ; elle crée un rythme et insiste.
Exemple : « J'accuse… J'accuse… J'accuse… » (Émile Zola, « J'accuse… ! », 1898), où les derniers paragraphes de la lettre s'ouvrent tous sur le même mot.
Attention à ne pas la confondre avec le parallélisme, qui répète une même construction sans que les mots initiaux soient identiques : « Mon âme a son secret, ma vie a son mystère » (Félix Arvers). Pour analyser une figure de style, la démarche se fait toujours en deux temps : d'abord la nommer correctement (identifier de quelle figure il s'agit), ensuite expliquer son effet (ce qu'elle apporte au texte : créer une image, insister, exagérer, donner de la vie, émouvoir, rythmer). Repérer une figure sans en commenter l'effet est insuffisant au brevet : c'est l'interprétation de l'effet sur le sens qui est attendue.
Bien connaître ces figures permet de mieux comprendre et apprécier un texte littéraire et de justifier ses réponses dans les questions de lecture.
Le cours
Les figures de style sont des procédés d'écriture qui s'écartent de l'expression ordinaire pour produire un effet particulier sur le lecteur : créer des images, souligner, émouvoir, rythmer. On peut les regrouper, mais au collège, cinq figures sont à savoir reconnaître et interpréter. Les figures d'analogie rapprochent deux réalités.
La comparaison établit un rapprochement explicite entre un comparé et un comparant au moyen d'un outil de comparaison (comme, tel, ainsi que, ressembler à, semblable à, pareil à) : « ses yeux brillaient comme des étoiles ». La métaphore réalise le même rapprochement, mais sans outil de comparaison : elle identifie directement le comparé au comparant : « ses yeux, deux étoiles » ou « cet homme est un renard ». Le critère de distinction décisif est la présence (comparaison) ou l'absence (métaphore) de l'outil.
La personnification est une figure qui consiste à attribuer à un objet, un animal, une notion abstraite ou un élément naturel des propriétés, des actes ou des sentiments propres à l'être humain : « la tempête se déchaînait et se vengeait », « la mort frappe à la porte ». Les figures d'insistance ou d'exagération comprennent notamment l'hyperbole, qui amplifie la réalité par une exagération marquée, afin de mettre en relief ou de produire un effet fort : « un bruit à réveiller les morts », « mourir de honte ». L'anaphore, figure de répétition, reprend un même mot ou groupe de mots en tête de plusieurs phrases, propositions ou vers successifs ; elle martèle une idée et crée un effet de rythme et d'insistance : « J'accuse…
J'accuse… J'accuse… ». La méthode d'analyse d'une figure de style comporte deux étapes indissociables : 1) identifier et nommer précisément la figure (en s'appuyant sur des indices : présence d'un outil de comparaison, attribution de traits humains, exagération, répétition en tête de structure) ; 2) interpréter son effet, c'est-à-dire expliquer ce que la figure apporte au sens du texte et à l'impression produite (rendre une image plus vive, insister, dramatiser, amplifier, donner vie, rythmer, émouvoir).
Au DNB, repérer une figure ne suffit pas : l'analyse de son effet sur le sens est attendue. La maîtrise de ces figures est un outil essentiel de la lecture littéraire et de la justification des interprétations.
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Confondre la comparaison et la métaphore en oubliant de chercher l'outil de comparaison.
- La comparaison contient un outil (comme, tel, ressembler à) : « fort comme un lion ». La métaphore n'en a pas : « c'est un lion ». Le test : y a-t-il un outil de comparaison ? Si oui, comparaison ; si non, métaphore.
- Se contenter de nommer la figure sans expliquer son effet.
- Au brevet, il faut deux étapes : nommer la figure ET interpréter son effet (créer une image, insister, exagérer, donner vie…). Repérer « c'est une métaphore » ne suffit pas, il faut dire ce qu'elle apporte au texte.
Tu maîtrises la notion si…
- Identifier dans un texte une comparaison, une métaphore, une personnification, une hyperbole ou une anaphore.
- Distinguer la comparaison (avec outil de comparaison) de la métaphore (sans outil).
- Interpréter l'effet d'une figure de style sur le sens et les images du texte.
Vérifie que tu as compris
« Cet homme est un lion. » Quelle figure de style est employée ?
Réponse une métaphore
On rapproche l'homme et le lion SANS outil de comparaison (comme, tel) : c'est une métaphore. Avec « comme », ce serait une comparaison.
« Le vent hurlait dans la nuit. » Quelle figure de style est employée ?
Réponse une personnification
On prête au vent une action humaine (« hurler ») : c'est une personnification. Il n'y a ni outil de comparaison, ni exagération chiffrée.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Une figure de style crée une image ou un effet.
On rapproche deux éléments pour faire image (« fort comme un lion »).
La comparaison utilise un outil : « comme ».
Cherche l'outil de comparaison : comme, tel, pareil à, ressembler…
Sans outil de comparaison → c'est une métaphore.
« c'est un lion » n'a pas de « comme » → métaphore, pas comparaison.
Personnification : un trait humain prêté à une chose.
« le vent hurle » : le vent fait une action humaine → personnification.
Au brevet, cette notion tombe dans ces sujets
- La commandante — Mariette Navarro
DNB 2026 · Asie-Pacifique · Français - Je te salue pomme de terre — Paul Fournel
DNB 2026 · Amérique du Nord · Français - La cage des hommes — Émile Zola
DNB 2026 · Centres étrangers · Français - La nuit de l’éclaireur — Blaise Cendrars
DNB 2026 · Métropole · Français - La marche — Henri Hiro, avenue Bruat
DNB 2026 · Polynésie · Français - La broche du souvenir — un exil vers le Liban
DNB 2025 · Asie-Pacifique · Français - Le nouveau — Charles Bovary entre en classe
DNB 2025 · Antilles-Guyane · Français - Jacaranda — le silence d'une mère
DNB 2025 · Amérique du Nord · Français - Tartuffe sous la table — Molière, acte IV, scène 5
DNB 2025 · Centres étrangers · Français - L'arrivée à Marseille — une vie à inventer
DNB 2025 · Métropole · Français - Les Femmes savantes — faut-il instruire les femmes ?
DNB 2025 · Nouvelle-Calédonie · Français - Teahupo'o — le surfeur et la vague géante
DNB 2025 · Polynésie · Français - Les gueules cassées — Marc Dugain, La chambre des officiers
DNB 2024 · Métropole · Français