L'influence de l'humain
L'être humain peut-il changer le peuplement d'un milieu ?
En une phrase
Quand on construit une route, qu'on pollue une rivière ou qu'on ramène un animal d'un autre continent, on change qui vit où. Certaines espèces en profitent et se multiplient ; d'autres reculent, voire disparaissent du coin.
L'idée à retenir
Les actions humaines (aménagements, pollution, déforestation, introduction d'espèces) modifient le peuplement : elles peuvent FAVORISER certaines espèces et faire RECULER ou disparaître d'autres.
Comment ça marche, étape par étape
- Un barrage change qui vit où : en amont, un lac noie des terres ; en aval, les poissons migrateurs sont bloqués. Des espèces disparaissent du secteur, d'autres profitent du lac.
- Une espèce venue d'ailleurs : le frelon asiatique, arrivé en Europe dans des marchandises, s'est répandu très vite et attaque les abeilles. Introduite par l'humain, une espèce peut devenir invasive.
Comprendre
Les êtres humains ne sont pas de simples spectateurs des milieux : par leurs actions, ils en modifient le peuplement, c'est-à-dire la liste des espèces qui y vivent et leur nombre. Les aménagements en sont un premier exemple : construire une ville, une route ou un barrage transforme le milieu. Un barrage sur une rivière, par exemple, bloque le passage des poissons migrateurs et noie des terres en amont : certaines espèces disparaissent du secteur, d'autres profitent du grand lac créé.
La pollution agit aussi : des eaux sales ou un air pollué font reculer les espèces sensibles, tandis que quelques espèces résistantes en profitent. La déforestation détruit l'habitat des animaux de la forêt et les fait reculer. Enfin, l'humain transporte des espèces d'un bout à l'autre du monde : ces espèces introduites peuvent devenir invasives.
Le frelon asiatique, arrivé en Europe dans des marchandises, s'est répandu très vite et attaque les abeilles locales. Le point important : ces actions ne sont pas toujours « bonnes » ni toujours « mauvaises ». Une même action favorise certaines espèces et en défavorise d'autres ; à nous de mesurer ses effets sur l'ensemble du milieu.
Le cours
Le peuplement d'un milieu, c'est l'ensemble des espèces qui y vivent et le nombre d'individus de chacune. Les activités humaines modifient ce peuplement de plusieurs façons. Les aménagements (villes, routes, barrages, cultures) transforment ou détruisent les milieux : un barrage empêche les poissons de remonter la rivière et inonde des terres ; une route coupe en deux le territoire d'animaux.
La pollution de l'eau, de l'air ou des sols fait disparaître les espèces les plus sensibles et ne laisse que les plus résistantes. La déforestation supprime l'habitat de nombreuses espèces forestières, qui reculent. Enfin, l'humain introduit volontairement ou par accident des espèces venues d'ailleurs : certaines, sans prédateur ni concurrent dans leur nouveau milieu, se multiplient énormément et deviennent invasives, au détriment des espèces locales.
Le frelon asiatique, introduit en France au début des années 2000, en est un exemple : il s'attaque aux abeilles. Il faut retenir que ces actions humaines ne sont ni systématiquement positives ni systématiquement négatives : une même action favorise certaines espèces et en fait reculer ou disparaître d'autres. Comprendre cela permet d'agir de façon plus réfléchie pour protéger la diversité des milieux.
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Les erreurs fréquentes
- L'humain ne modifie jamais vraiment le peuplement des milieux ; la nature reste comme elle est.
- Les aménagements, la pollution, la déforestation ou l'introduction d'espèces changent réellement les espèces présentes et leur nombre dans un milieu.
- L'action humaine a soit uniquement des effets positifs, soit uniquement des effets négatifs.
- Une même action peut favoriser certaines espèces et en faire reculer d'autres : il faut peser les effets sur l'ensemble du milieu, pas juger « tout bon » ou « tout mauvais ».
Tu maîtrises la notion si…
- Identifier des actions humaines (aménagement, pollution, déforestation, introduction d'espèces) qui modifient le peuplement d'un milieu.
- Relier une action humaine à une espèce favorisée et à une espèce qui recule.
- Argumenter qu'une même action humaine peut avoir des effets à la fois favorables et défavorables selon les espèces.
Vérifie que tu as compris
Comment l'être humain peut-il modifier le peuplement d'un milieu ?
Réponse Par ses aménagements, ses pollutions ou l'introduction d'espèces
Construire, polluer, déboiser, introduire une espèce nouvelle : ces actions humaines peuvent favoriser certaines espèces et faire reculer ou disparaître d'autres.
Introduire une espèce nouvelle dans un milieu peut avoir quel effet ?
Réponse Modifier le peuplement et faire reculer des espèces déjà présentes
Une espèce introduite par l'humain peut entrer en compétition avec les espèces locales, en prendre la place et bouleverser le peuplement du milieu.
D'après le Muséum national d'histoire naturelle (INPN), le frelon asiatique, arrivé en France avec des poteries importées, est signalé en 2004 dans un seul département (le Lot-et-Garonne) ; vers 2020, il est présent dans presque tous les départements de France métropolitaine. Que montrent ces données ?
Réponse Elle s'étend à partir de son point d'arrivée
Un département en 2004, presque tous vers 2020 : l'espèce s'étend à partir de son point d'arrivée. « Partout en même temps » ne lit pas la date de 2004. Les données disent qu'il est arrivé en 2004, pas qu'il était déjà là. Et sa présence augmente, elle ne recule pas.
S'entraîner sur cette notion
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Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Un barrage : un lac en amont, des migrateurs bloqués en aval.
Qui a construit ce barrage ? Parmi les situations proposées, lesquelles viennent de l'être humain, et lesquelles sont naturelles ?
Déboiser : des espèces reculent, d'autres en profitent.
À gauche, qu'a perdu l'oiseau de la forêt ? À droite, qu'ont gagné le lapin et le pissenlit ? Comment une seule action peut-elle avoir ces deux effets ?
En amont, des truites ; en aval des rejets, quelques espèces résistantes.
Pour les truites, que change l'eau chaude et sale ? Et pour les espèces résistantes ? Peut-on dire « bon » ou « mauvais » pour la rivière entière, ou faut-il préciser pour qui ?
Chèvres et rats introduits prolifèrent ; des plantes et des oiseaux de l'île ont disparu.
Qui a amené les chèvres et les rats ? Que mangent-ils ? Relie cette introduction d'espèces à ce qui est arrivé aux plantes et aux oiseaux qui ne vivaient que là.
Dans le même chapitre
- Coloniser un milieu
- Beaucoup de descendants ou peu
- La survie des jeunes
- La dispersion
- Reproduction et peuplement
- Se reproduire ET survivre
Voir tout le chapitre « Peupler les milieux : se reproduire et survivre » →