Le schéma narratif — 3ᵉ
Toutes les histoires suivent la même courbe. Sauras-tu la reconnaître ?
L'essentiel
Le schéma narratif, c'est le « squelette » de toute histoire. Un récit avance toujours en cinq grandes étapes : (1) la situation initiale (l'équilibre du début, où l'on présente les personnages et le cadre), (2) l'élément perturbateur (un événement qui casse cet équilibre et lance l'action), (3) les péripéties (les actions, les obstacles, les rebondissements), (4) l'élément de résolution (l'événement qui dénoue la crise) et (5) la situation finale (le nouvel équilibre de la fin). Repérer ces cinq étapes aide à comprendre et à raconter une histoire.
L'idée à retenir
Un récit se construit en cinq étapes : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale. Le perturbateur lance l'action, la résolution la dénoue.
Comprendre
Un récit n'est pas une suite de phrases au hasard : il suit une organisation appelée le schéma narratif, composée de cinq étapes qui s'enchaînent logiquement. La première est la situation initiale : c'est l'équilibre de départ, le moment où l'on présente les personnages, le lieu et l'époque ; elle est souvent écrite à l'imparfait, le temps qui plante le décor (« Il était une fois… »). La deuxième est l'élément perturbateur (aussi appelé élément déclencheur) : un événement soudain rompt l'équilibre initial et lance l'action ; on le repère souvent à des indices comme « soudain », « un jour », « tout à coup », et le récit bascule fréquemment au passé simple.
La troisième étape, ce sont les péripéties : la suite des actions, des obstacles, des épreuves et des rebondissements que vit le héros pour répondre au problème posé ; c'est le cœur, la partie la plus longue de l'histoire. La quatrième est l'élément de résolution (ou dénouement) : l'événement précis qui dénoue la crise et met fin aux péripéties. La cinquième est la situation finale : un nouvel équilibre s'installe, différent de celui du début.
Prenons « Le Petit Chaperon rouge », dans la version des frères Grimm (1812) : la situation initiale présente une petite fille à qui sa mère demande de porter une galette à sa grand-mère (équilibre) ; l'élément perturbateur est la rencontre avec le loup dans la forêt (l'équilibre est rompu, le danger entre dans l'histoire) ; les péripéties sont le détour, la course du loup, la grand-mère dévorée, le dialogue « Que vous avez de grandes dents ! » ; l'élément de résolution est l'arrivée du chasseur qui ouvre le ventre du loup ; la situation finale est la délivrance de la fillette et de sa grand-mère (nouvel équilibre). Attention : chez Charles Perrault (Contes de ma mère l'Oye, 1697), le conte s'arrête sur la fillette dévorée — il n'y a alors ni élément de résolution ni situation finale, ce qui montre bien que ces deux étapes ne vont pas de soi. Il faut bien distinguer la situation initiale (au début, avant le problème) de la situation finale (à la fin, après la résolution), et ne pas confondre l'élément perturbateur (qui DÉCLENCHE toute l'action) avec une simple péripétie (un épisode parmi d'autres au milieu de l'histoire).
Le cours
Le schéma narratif est le modèle qui décrit l'organisation interne d'un récit : il montre comment une histoire progresse d'un équilibre de départ vers un nouvel équilibre, en passant par une crise. On distingue cinq étapes qui s'enchaînent dans un ordre logique. La première étape est la situation initiale : c'est l'état d'équilibre du début, où le narrateur présente les personnages, le cadre (le lieu, l'époque) et la vie ordinaire avant que rien ne se passe.
Cette étape est très souvent rédigée à l'imparfait, temps de la description et de l'arrière-plan, et s'ouvre fréquemment par une formule comme « Il était une fois » ou « Autrefois ». La deuxième étape est l'élément perturbateur, qu'on appelle aussi élément déclencheur : c'est un événement qui survient et qui rompt l'équilibre initial ; il pose un problème, crée un manque ou un danger, et c'est lui qui lance véritablement l'action. On le repère souvent grâce à des connecteurs de temps comme « soudain », « tout à coup », « un jour », « mais », et le récit bascule alors fréquemment au passé simple, temps des actions de premier plan.
La troisième étape rassemble les péripéties : ce sont toutes les actions, les épreuves, les obstacles et les rebondissements que traversent les personnages pour tenter de résoudre le problème ; il s'agit de la partie la plus développée du récit, et plusieurs péripéties peuvent se succéder. La quatrième étape est l'élément de résolution, encore nommé dénouement : c'est l'événement décisif qui dénoue la crise, qui apporte une solution au problème posé par l'élément perturbateur et qui met fin aux péripéties. La cinquième et dernière étape est la situation finale : un nouvel équilibre s'établit, et la situation des personnages a changé par rapport au début (en mieux ou parfois en pire).
Pour rendre ce schéma concret, on peut l'appliquer au conte « Le Petit Chaperon rouge », dans la version des frères Grimm (1812). Situation initiale : une fillette vit paisiblement et sa mère lui demande d'apporter une galette à sa grand-mère malade ; tout est calme. Élément perturbateur : dans la forêt, la petite fille rencontre le loup, qui apprend où habite la grand-mère ; l'équilibre est brisé et le danger surgit.
Péripéties : le loup prend un raccourci, dévore la grand-mère, se déguise dans le lit, puis dialogue avec l'enfant (« Que vous avez de grandes oreilles ! ») avant de la dévorer à son tour. Élément de résolution : un chasseur passe, entend, ouvre le ventre du loup et délivre les deux personnages. Situation finale : le Petit Chaperon rouge et sa grand-mère sont saines et sauves, et la fillette a appris la prudence ; un nouvel équilibre s'installe.
Ce dénouement heureux appartient en propre aux frères Grimm : dans la version de Charles Perrault (Contes de ma mère l'Oye, 1697), le loup dévore la fillette et le conte s'arrête là, sans élément de résolution ni situation finale — comparer les deux versions est un bon moyen de comprendre à quoi sert exactement l'étape de résolution. Deux distinctions sont essentielles pour ne pas se tromper. D'abord, il ne faut pas confondre la situation initiale (l'équilibre du début, avant le problème) et la situation finale (l'équilibre de la fin, après la résolution) : ce sont deux moments opposés du récit.
Ensuite, il ne faut pas confondre l'élément perturbateur, qui est l'événement unique qui DÉCLENCHE toute l'action en rompant l'équilibre, avec une simple péripétie, qui n'est qu'un épisode parmi d'autres au cœur de l'histoire. Maîtriser le schéma narratif est fondamental : cela permet de comprendre la structure d'un texte qu'on lit, de résumer une histoire de façon ordonnée et d'écrire soi-même un récit cohérent.
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Les erreurs fréquentes
- Confondre la situation initiale et la situation finale, par exemple appeler « situation initiale » l'équilibre qui apparaît à la fin de l'histoire.
- La situation initiale est l'équilibre du DÉBUT, avant que le problème n'arrive ; la situation finale est l'équilibre de la FIN, après l'élément de résolution. Ce sont deux moments opposés : l'un ouvre le récit, l'autre le referme, et la situation des personnages a généralement changé entre les deux.
- Confondre l'élément perturbateur avec une simple péripétie, en désignant comme « élément perturbateur » n'importe quel rebondissement du milieu de l'histoire.
- L'élément perturbateur est l'événement UNIQUE qui rompt l'équilibre initial et qui DÉCLENCHE toute l'action ; il se situe juste après la situation initiale. Une péripétie n'est qu'un épisode parmi d'autres, au cœur du récit, qui prolonge l'action déjà lancée mais ne la déclenche pas.
Tu maîtrises la notion si…
- Nommer dans l'ordre les cinq étapes du schéma narratif : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution et situation finale.
- Repérer chacune de ces cinq étapes dans un récit court et expliquer le rôle de l'élément perturbateur et de la situation initiale.
- Distinguer la situation initiale de la situation finale, et l'élément perturbateur d'une simple péripétie.
Vérifie que tu as compris
Dans le schéma narratif, comment appelle-t-on l'événement qui vient rompre la situation initiale et déclenche l'histoire ?
Réponse L'élément perturbateur
L'élément perturbateur (ou déclencheur) brise l'équilibre de la situation initiale et lance l'action ; viennent ensuite les péripéties, l'élément de résolution puis la situation finale.
Dans le schéma narratif, quelle étape clôt l'histoire et présente un nouvel équilibre ?
Réponse La situation finale
La situation finale termine le récit : un nouvel équilibre s'installe après que l'élément de résolution a réglé le problème lancé par l'élément perturbateur.
Comment nomme-t-on les actions et rebondissements qui forment le cœur de l'intrigue, entre le déclencheur et la résolution ?
Réponse Les péripéties
Les péripéties sont les épreuves et rebondissements vécus par le héros ; elles constituent le développement de l'action avant l'élément de résolution.
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Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
L'élément perturbateur rompt l'équilibre de départ et lance l'histoire.
Cherche l'étape qui casse le calme du début.
Les cinq étapes du récit, dans l'ordre.
Du calme initial à un nouvel équilibre final.
Repère le perturbateur et la résolution.
Quel événement déclenche tout ? Lequel dénoue la crise ?
Le perturbateur, c'est le déclencheur ; pas un obstacle de plus.
Sans lui, il n'y aurait pas d'histoire du tout.
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