Histoire-Géo · EMC · 5ᵉ

Gouverner un empire : le califat

Histoire-Géo · EMC 5ᵉ De la naissance de l'islam à la prise de Bagdad

Un empire immense, de l’Espagne à l’Asie centrale : qui le dirige, et comment le gouverner ?

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L'essentiel

Comment diriger un empire aussi immense ? À la tête du monde musulman se trouve le calife. Ce mot veut dire « successeur » : le calife est considéré comme le successeur de Mahomet à la tête de la communauté des croyants.

Son pouvoir est double : il est chef politique (il gouverne, commande l'armée, lève les impôts, rend la justice) et chef religieux (il est le guide de la communauté des musulmans). Deux grandes familles, les dynasties, se succèdent au pouvoir : d'abord les Omeyyades, dont la capitale est Damas ; puis les Abbassides, qui installent leur capitale à Bagdad. Dans cet empire vivent aussi beaucoup de non-musulmans, en particulier des juifs et des chrétiens.

On les appelle les « gens du Livre », car ils ont eux aussi un livre sacré. Ils ne sont pas obligés de devenir musulmans : ils peuvent garder leur religion, à condition de payer un impôt spécial et d'accepter un statut inférieur à celui des musulmans.

L'idée à retenir

L’empire musulman est gouverné par le calife, « successeur » de Mahomet, chef à la fois politique (armée, impôts, justice) et religieux (guide de la communauté). Deux dynasties se succèdent : les Omeyyades à Damas, puis les Abbassides à Bagdad, jusqu’à la prise de Bagdad par les Mongols en 1258.

Comment ça marche, étape par étape

  1. Le calife, « successeur » de Mahomet, est un chef à la fois politique (il gouverne, commande l’armée, lève les impôts, rend la justice) et religieux (il guide la communauté des musulmans). Pour administrer l’empire : des gouverneurs de provinces, un impôt, une monnaie et une langue commune, l’arabe.
  2. Deux dynasties de califes se succèdent : les Omeyyades à Damas (661-750), puis les Abbassides à Bagdad (750-1258). Peu à peu, les provinces lointaines échappent au calife ; le 10 février 1258, les Mongols de Hulagu prennent Bagdad : c’est la fin du califat abbasside.

Comprendre

Une fois l'empire conquis, une question se pose : comment gouverner un territoire aussi immense, peuplé de gens très différents ? À la tête de l'empire musulman se trouve le calife. Le mot signifie « successeur » : après la mort de Mahomet, le calife est considéré comme celui qui lui succède à la tête de la communauté des croyants.

Il faut bien comprendre la nature de son pouvoir, car c'est un point essentiel : le calife est un chef à la fois politique et religieux. Comme chef politique, il gouverne l'empire, commande les armées, lève les impôts et rend la justice ; comme chef religieux, il est le guide de la communauté des musulmans. Ce cumul des deux pouvoirs distingue le califat d'autres formes de gouvernement de l'époque.

Pour administrer un espace aussi vaste, le calife s'appuie sur des gouverneurs placés à la tête des provinces, sur une administration, une armée et une monnaie communes, et sur l'usage d'une même langue, l'arabe. L'histoire du califat est marquée par la succession de deux grandes dynasties, c'est-à-dire deux familles qui se transmettent le pouvoir. D'abord les Omeyyades, qui gouvernent depuis Damas, en Syrie.

Puis les Abbassides, qui prennent le pouvoir et fondent une nouvelle capitale, Bagdad. Leur califat s'affaiblit ensuite peu à peu, puis disparaît avec la prise de Bagdad par les Mongols de Hulagu, le 10 février 1258. Enfin, il faut comprendre la place des non-musulmans dans l'empire. Beaucoup d'habitants sont juifs ou chrétiens : on les appelle les « gens du Livre », parce qu'ils possèdent, eux aussi, un livre sacré et croient en un seul Dieu.

Ils ne sont pas contraints de se convertir : ils peuvent conserver leur religion, mais en échange, ils doivent payer un impôt particulier et acceptent un statut inférieur à celui des musulmans. Musulmans, juifs et chrétiens vivent donc ensemble dans l'empire, mais sans être tout à fait égaux. Retiens l'essentiel : l'empire musulman est gouverné par le calife, chef à la fois politique et religieux, à travers deux grandes dynasties (les Omeyyades à Damas, puis les Abbassides à Bagdad) ; les juifs et les chrétiens, « gens du Livre », y gardent leur religion contre un impôt et un statut inférieur.

Le cours

Conquérir un empire immense en un siècle est une chose ; le gouverner en est une autre. C'est tout l'enjeu du califat. À la tête du monde musulman se trouve le calife.

Ce titre vient d'un mot qui signifie « successeur » : après la mort de Mahomet, le calife est considéré comme son successeur à la direction de la communauté des croyants. Il faut bien saisir ce qui caractérise son pouvoir, car c'est un point de leçon essentiel : le calife est un chef à la fois politique et religieux. En tant que chef politique, il gouverne l'empire, commande les armées, lève les impôts, nomme les fonctionnaires et rend la justice.

En tant que chef religieux, il est le guide de la communauté des musulmans et le protecteur de la religion. Ce cumul des deux autorités dans une seule personne distingue le califat de bien d'autres pouvoirs de l'époque. Pour administrer un territoire aussi étendu, le calife ne peut pas tout faire seul : il s'appuie sur des gouverneurs qui dirigent les provinces en son nom, sur une administration organisée, sur une armée, sur une monnaie et sur l'usage d'une langue commune, l'arabe, qui facilite les échanges et l'unité de l'empire.

L'histoire du califat est rythmée par la succession de deux grandes dynasties, c'est-à-dire deux familles qui se transmettent le pouvoir de génération en génération. La première est celle des Omeyyades, qui gouvernent depuis leur capitale, Damas, en Syrie. La seconde est celle des Abbassides, qui renversent les précédents et fondent une nouvelle et prestigieuse capitale : Bagdad.

Le califat abbasside s'affaiblit ensuite peu à peu — les provinces lointaines échappent au calife —, puis disparaît avec la prise de Bagdad par les Mongols de Hulagu, le 10 février 1258 : c'est la fin de la période étudiée. Il reste une question importante : dans cet empire immense vivent des populations très variées, dont beaucoup ne sont pas musulmanes. Comment sont-elles traitées ?

Une grande partie des habitants sont juifs ou chrétiens. On les appelle les « gens du Livre », car ils possèdent eux aussi un livre sacré et croient en un seul Dieu. Il faut expliquer clairement leur situation : ils ne sont pas obligés de se convertir à l'islam et peuvent continuer de pratiquer leur religion.

En contrepartie, ils doivent payer un impôt particulier et acceptent un statut inférieur à celui des musulmans, avec certaines restrictions. Musulmans, juifs et chrétiens coexistent donc dans l'empire, mais ils ne sont pas tout à fait égaux. Cette organisation permet de gouverner, sans convertir tout le monde de force, des peuples de religions différentes.

Retiens l'essentiel : l'empire musulman est gouverné par le calife, chef à la fois politique et religieux, à travers deux grandes dynasties (les Omeyyades à Damas, puis les Abbassides à Bagdad) ; les juifs et les chrétiens, « gens du Livre », y conservent leur religion en échange d'un impôt et d'un statut inférieur.

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Les erreurs fréquentes

Croire que le calife n'a qu'un pouvoir religieux, comme le pape, sans rôle politique.
Le calife a un double pouvoir : il est à la fois chef politique (il gouverne l'empire, commande l'armée, lève les impôts) et chef religieux (guide de la communauté des musulmans). C'est ce cumul qui caractérise le califat, à la différence du pape, qui n'est que chef religieux.
Penser que tous les non-musulmans étaient chassés ou convertis de force dans l'empire.
Les juifs et les chrétiens, appelés « gens du Livre », n'étaient pas obligés de se convertir : ils pouvaient garder leur religion. En échange, ils devaient payer un impôt spécial et acceptaient un statut inférieur à celui des musulmans. Musulmans, juifs et chrétiens vivaient donc ensemble, sans être tout à fait égaux.

Tu maîtrises la notion si…

  • Décrire le califat : l'empire musulman est dirigé par le calife, considéré comme le successeur de Mahomet et chef à la fois politique et religieux.
  • Situer les deux grandes dynasties de califes : les Omeyyades (capitale Damas), puis les Abbassides (capitale Bagdad).
  • Expliquer la place des juifs et des chrétiens (les « gens du Livre ») : ils gardent leur religion en échange d'un impôt et d'un statut inférieur, sans être convertis de force.

Vérifie que tu as compris

  1. Qui dirige l'empire musulman après la mort de Mahomet ?

    Réponse Le calife, considéré comme le successeur de Mahomet

    Après Mahomet, l'empire musulman est dirigé par le calife, dont le titre signifie « successeur » : il est considéré comme le successeur de Mahomet à la tête de la communauté des croyants.

  2. Qu'est-ce qui caractérise le pouvoir du calife ?

    Réponse Il est à la fois chef politique et chef religieux

    Le calife cumule deux pouvoirs : chef politique (il gouverne, commande l'armée, lève les impôts, rend la justice) et chef religieux (guide de la communauté des musulmans). Ce cumul le distingue du pape, qui n'est que chef religieux.

  3. Quelles sont les deux grandes dynasties de califes, et leurs capitales ?

    Réponse Les Omeyyades (capitale Damas), puis les Abbassides (capitale Bagdad)

    Deux grandes dynasties se succèdent : d'abord les Omeyyades, dont la capitale est Damas, puis les Abbassides, qui installent leur capitale à Bagdad.

S'entraîner sur cette notion

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Un seul chef, successeur de Mahomet, dirige l’empire.

Son titre signifie « successeur ».

Comprendre

Le calife est chef politique ET religieux.

Deux dynasties : Omeyyades (Damas), Abbassides (Bagdad).

Appliquer

Les « gens du Livre » gardent leur religion contre un impôt.

Pas convertis de force, mais un statut inférieur.

Transférer

Non : il a aussi le pouvoir politique (armée, impôts, justice).

Le pape n’est que chef religieux.

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