La scène agit sur la Cité
Ce chapitre se travaille en 3 notions. Chacune a sa page : une scène qui la montre en mouvement, l'idée à retenir, et les quatre étapes pour la maîtriser — de « reconnaître » à « transférer ».
Ce que tu apprends dans ce chapitre
- La puissance d’incarnation : des corps et des voixLes lumières s’éteignent, le rideau s’ouvre : l’homme est LÀ, en chair et en os, à vingt mètres de toi — et six cents personnes rient en même temps. Un…
Ferme les yeux et compare deux expériences. Première expérience : tu lis, seul dans ta chambre, l’histoire d’un faux dévot qui abuse une famille. C’est intéressant, tu imagines la scène — chacun de ton côté, à son rythme…
- La scène agit : l’effet sur le public1664 : le roi s’amuse devant Tartuffe — et la pièce est aussitôt interdite. Cinq ans de combat pour la rejouer. Pourquoi tant de peur… pour une comédie ?…
Voici trois soirées de théâtre qui ont fait trembler la France — retiens-les, ce sont tes trois preuves. PREUVE 1 : le 12 mai 1664, à Versailles, Molière joue Tartuffe devant Louis XIV. Le roi s’amuse... et pourtant…
- Éprouver le débat : lire, jouer, mettre en voixLis le monologue de Figaro dans ta tête : rien ne se passe. Lève-toi et dis-le devant la classe : le cœur s’accélère, le souffle manque, il faut choisir…
Fais le test, il est infaillible. Étape 1 : lis dans ta tête le monologue de Figaro — « Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !… ». Tu la comprends, tu…
Ce que tu dois savoir faire
À la fin de ce chapitre, voici ce que tu dois être capable de faire. Chaque ligne est un objectif du programme — retrouve-le dans la notion qui le travaille.
- Identifier ce qui distingue la représentation théâtrale d’un récit lu : des corps présents et des voix réelles devant un public rassemblé, ici et maintenant — et repérer dans un extrait (texte ou captation) le geste, la voix ou l’adresse qui incarnent le sens (le mouchoir de Tartuffe, acte III, scène 2).
- Expliquer pourquoi l’effet sur le public (rire, frisson, malaise, silence) est l’instrument même du théâtre : la salle réagit ensemble, en direct, et cette réaction collective fait partie de la représentation.
- Identifier dans une scène de théâtre les forces antagonistes de la Cité mises face à face (pouvoir/contestation, tradition/liberté, individu/collectif) et nommer le couple de forces exposé par Tartuffe (l’imposture religieuse contre la lucidité) et par Le Mariage de Figaro (le privilège de naissance contre le mérite).
- Relier le face-à-face du plateau au conflit réel de la société qui l’entoure : le monologue de Figaro (acte V, scène 3, 1784) porte à la scène la contestation du privilège cinq ans avant 1789 ; la salle prend parti parce que le conflit joué est le sien.
- Expliquer, à partir de trois affaires datées (Tartuffe interdit de 1664 à 1669 ; Le Mariage de Figaro bloqué par Louis XVI jusqu’au 27 avril 1784 ; la bataille d’Hernani le 25 février 1830), comment une représentation devient un événement qui déplace les lignes de la Cité — du rire de la salle au débat public.
- Argumenter que la censure avoue le pouvoir de la scène (on n’interdit pas une pièce inoffensive), en s’appuyant sur la préface du Tartuffe (« C’est une grande atteinte aux vices, que de les exposer à la risée de tout le monde », 1669) et sur la préface d’Hernani (« La liberté dans l’art, la liberté dans la société », 1830).
- Décrire précisément les choix de mise en scène d’un photogramme ou d’une captation : l’espace (distance entre les corps), la lumière (pleine ou clair-obscur), les costumes, l’adresse (face au public ou face-à-face fermé) — sans les confondre avec le texte lui-même.
- Interpréter deux mises en scène du même texte comme deux lectures qui pensent : dire quelle question chaque choix scénographique pose au texte et quelle réponse il propose (par exemple un Tartuffe transposé dans un présent menacé par l’intégrisme, comme celui d’Ariane Mnouchkine en 1995).
- Expliquer ce que la pratique (lecture, mise en voix, jeu, mise en scène) fait éprouver que la lecture silencieuse ne donne pas : le souffle, le regard, la distance, le trac — la dynamique physique du débat et de la confrontation (BO).
- Justifier ses choix de mise en voix ou de jeu (où respirer, quel mot accentuer, à qui adresser la réplique) comme des choix d’interprétation, et mobiliser son regard de spectateur pour comparer sa proposition à celles des autres et au spectacle vivant.
Les autres notions au programme de ce chapitre
Elles sont travaillées dans Azulma (cours, quiz, entraînement) ; leur scène arrive.
Au brevet
Aucun des sujets publiés ne cite nommément les notions de ce chapitre — mais le Français tombe au DNB : 13 sujets de brevet de Français, corrigés et guidés pas à pas.
Réviser « La scène agit sur la Cité »
Les scènes s'animent pas à pas, Lucy explique, le quiz fait le point. Gratuit pour commencer.
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