Une guerre totale : mobiliser l’arrière
Pour tenir 4 ans, il ne suffit pas de soldats : il faut tout un pays derrière eux. Qu’est-ce qu’une guerre « totale » ?
L'essentiel
Pour tenir des années de guerre, il ne suffit pas d'avoir des soldats : il faut aussi tout un pays derrière eux. C'est ça, une « guerre totale ». À l'arrière, les usines fabriquent des armes et des munitions jour et nuit ; les femmes remplacent les hommes partis au front (on appelle « munitionnettes » celles qui fabriquent des obus) ; l'État demande aux civils de prêter leur argent (les emprunts de guerre) et organise le rationnement ; la propagande, par la presse et les affiches, entretient le moral et la haine de l'ennemi.
Les colonies, elles, fournissent des soldats et des matières premières. Toute la société est donc mobilisée pour la guerre.
L'idée à retenir
La Première Guerre mondiale est une guerre TOTALE : elle mobilise l’armée (le front) MAIS aussi toute la société (l’arrière) — l’économie, les usines, les femmes (« munitionnettes »), les civils et les colonies.
Comprendre
Le mot le plus important de ce chapitre est « totale ». Une guerre totale n'est pas seulement une guerre très grande ou très violente : c'est une guerre qui mobilise la société tout entière, à l'avant comme à l'arrière. Pour faire la guerre pendant plus de quatre ans, il faut produire des quantités énormes d'armes et de munitions : les usines sont donc reconverties et tournées vers la guerre, et l'État dirige cette « économie de guerre ».
Comme les hommes sont partis combattre, ce sont souvent les femmes qui les remplacent : dans les usines d'armement (les « munitionnettes » qui fabriquent les obus), mais aussi dans les champs, les bureaux, les transports. La guerre coûte aussi très cher : l'État demande aux civils de prêter leur argent en achetant des « emprunts de guerre », et organise le rationnement quand la nourriture vient à manquer. Pour que la population « tienne », la propagande, diffusée par la presse et les affiches, entretient le moral et la haine de l'ennemi — les soldats appelaient cela, avec mépris, le « bourrage de crâne ».
Enfin, les empires coloniaux fournissent des soldats et des matières premières. On comprend alors pourquoi cette guerre fait tant de victimes et dure si longtemps : parce que tout — l'économie, les usines, les civils, l'argent, les esprits, les colonies — est mis au service de la guerre. C'est exactement ce que veut dire « guerre totale ».
Le cours
Très vite, les États comprennent que la guerre sera longue et qu'elle ne se gagnera pas seulement sur le champ de bataille. La Première Guerre mondiale devient une « guerre totale » : la victoire dépend de la mobilisation de la société entière. Cette mobilisation prend plusieurs formes. [[scene:LS-PGM-004|Voir : une guerre totale, mobiliser l'arrière]] D'abord économique : il faut fabriquer en masse obus, canons, fusils et munitions.
Les usines sont reconverties pour l'armement (en France, des industriels comme André Citroën produisent des obus par millions) et l'État dirige et organise la production : c'est l'économie de guerre. Ensuite humaine et sociale : les hommes étant au front, les femmes prennent leur place dans les usines — on appelle « munitionnettes » celles qui fabriquent les munitions —, mais aussi dans les champs, les administrations et les transports. Le rôle des femmes dans la société s'en trouve durablement transformé.
La mobilisation est aussi financière : la guerre coûte des sommes colossales, et l'État lance des « emprunts de guerre » pour que les civils prêtent leur argent à la nation ; le rationnement organise le partage de denrées devenues rares. Elle est enfin morale : par la presse et l'affiche, la propagande entretient le moral de la population et présente l'ennemi sous les traits d'un monstre, afin que chacun « tienne ». Les soldats, qui savaient la réalité du front, surnommaient cette propagande mensongère le « bourrage de crâne ».
À tout cela s'ajoute la mobilisation des empires coloniaux, qui fournissent aux métropoles des soldats (tirailleurs et travailleurs venus d'Afrique, d'Asie…) et des matières premières. Ainsi, l'avant et l'arrière forment un seul et même effort de guerre. Cette mobilisation totale explique l'ampleur des pertes (près de dix millions de morts) et la durée du conflit : elle est la grande nouveauté de la Première Guerre mondiale.
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Les erreurs fréquentes
- Croire qu'une « guerre totale » veut seulement dire une guerre très violente ou avec beaucoup de combats.
- « Totale » désigne surtout l'ampleur de la mobilisation : c'est toute la société (l'économie, les usines, les femmes, les civils, l'argent, les colonies) qui est mise au service de la guerre, et pas seulement les soldats. C'est cette mobilisation générale qui rend la guerre « totale ».
- Penser que l'arrière, loin du front, vivait normalement et n'était pas concerné par la guerre.
- À l'arrière aussi, tout est tourné vers la guerre : les usines produisent des armes, les femmes remplacent les hommes, les civils financent l'effort de guerre par les emprunts et subissent le rationnement, la propagande mobilise les esprits. L'avant et l'arrière forment un même effort de guerre.
Tu maîtrises la notion si…
- Expliquer ce qu'est une « guerre totale » : la mobilisation de la société entière, à l'avant comme à l'arrière, et pas seulement des soldats.
- Décrire l'économie de guerre : des usines reconverties en usines d'armement et un État qui dirige la production.
- Décrire d'autres formes de la mobilisation de l'arrière : le travail des femmes (les « munitionnettes »), la propagande (le « bourrage de crâne »), les emprunts de guerre et les colonies.
Vérifie que tu as compris
Pendant la guerre totale, qui remplace souvent les hommes dans les usines d'armement ?
Réponse Les femmes (les « munitionnettes »)
Les hommes étant au front, les femmes travaillent massivement dans les usines : on les surnomme les « munitionnettes ».
Qu'est-ce que la propagande durant la Première Guerre mondiale ?
Réponse Des messages destinés à soutenir le moral et l'effort de guerre
L'État diffuse une propagande (affiches, presse) pour mobiliser l'opinion et soutenir l'effort de guerre (« bourrage de crâne »).
Une « guerre totale » mobilise…
Réponse Toute la société : l'armée, l'économie, les civils et les colonies
La guerre totale engage la société entière, à l'avant comme à l'arrière : soldats, économie, civils, colonies.
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Les femmes qui fabriquent les obus = les « munitionnettes ».
Les hommes étant au front, ce sont souvent les femmes qui font tourner les usines.
Une guerre totale mobilise le front ET l’arrière.
Économie, usines d’armement, femmes au travail, civils, colonies.
L’État mobilise aussi les esprits : propagande, emprunts, rationnement.
Que cherche-t-elle à obtenir de la population ?
Non : toute la société est réorganisée pour la guerre.
Travail, privations, deuil, propagande : rien n’échappe à la guerre.
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