Histoire-Géo · EMC · 3ᵉ

De la guerre de mouvement à la guerre de position

Histoire-Géo · EMC 3ᵉ La Première Guerre mondiale, une guerre totale

« On sera rentrés pour Noël ! » En 1914, chacun croit à une guerre courte. Pourquoi s’enlise-t-elle 4 ans ?

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L'essentiel

Au début, en 1914, tout le monde croit à une guerre courte : « on sera rentrés pour Noël ! » Les armées avancent vite : c'est la guerre de mouvement. L'Allemagne fonce vers Paris… mais elle est arrêtée à la bataille de la Marne. Ensuite, plus personne n'arrive à prendre l'avantage.

Alors les soldats s'enterrent dans des tranchées pour se protéger, et le front ne bouge plus, de la mer du Nord jusqu'à la Suisse. La guerre rapide est devenue une guerre de position, longue et immobile.

L'idée à retenir

La guerre commence par une guerre de MOUVEMENT (plan Schlieffen → arrêt à la Marne, sept. 1914). Mais l’échec de la « guerre courte » fige le front : les armées s’enterrent dans les TRANCHÉES, de la mer du Nord à la Suisse — c’est la guerre de POSITION.

Comprendre

En août 1914, personne n'imagine une longue guerre : chaque camp espère une « guerre courte », gagnée avant Noël. L'Allemagne applique le plan Schlieffen : battre la France le plus vite possible en passant par la Belgique, pour ensuite se retourner contre la Russie. C'est la guerre de mouvement : les armées avancent rapidement et les troupes allemandes foncent vers Paris.

Mais début septembre 1914, l'avance est brisée à la bataille de la Marne, à l'est de Paris : l'armée française stoppe les Allemands, qui doivent reculer. Commence alors la « course à la mer » : chaque armée tente de contourner l'autre par le nord, jusqu'à la mer du Nord — sans succès. Comme aucun camp ne parvient à percer, et parce que les armes modernes (mitrailleuses, artillerie) rendent meurtrière toute attaque à découvert, les soldats s'enterrent dans des tranchées pour se protéger.

Fin 1914, le front se fige : il s'étire, immobile, sur plus de 700 km, de la mer du Nord à la frontière suisse. La guerre de mouvement a laissé place à la guerre de position, la guerre des tranchées : l'espoir d'une guerre courte s'est effondré, et le conflit va durer plus de quatre ans.

Le cours

Au début de la guerre, à l'été 1914, les états-majors et les opinions publiques imaginent un conflit bref et décisif : on parle d'être « rentrés pour Noël ». L'Allemagne a même préparé un plan pour gagner vite, le plan Schlieffen : comme elle risque de combattre sur deux fronts (la France à l'ouest, la Russie à l'est), elle veut d'abord écraser rapidement la France en la prenant à revers par la Belgique, avant de se retourner contre la Russie, plus lente à mobiliser. [[scene:LS-PGM-002|Voir : de la guerre de mouvement à la guerre de position]] En août 1914, c'est la guerre de mouvement : les armées allemandes envahissent la Belgique (pourtant neutre) et le nord de la France, et progressent rapidement vers Paris, que le gouvernement français quitte un temps. Mais l'offensive est stoppée net lors de la bataille de la Marne (6-12 septembre 1914), à l'est de Paris : sous les ordres du général Joffre, les armées françaises contre-attaquent — la légende a même retenu les « taxis de la Marne », réquisitionnés pour transporter des soldats au front — et obligent les Allemands à reculer.

Aucun camp ne renonce pour autant : commence alors la « course à la mer » (septembre-novembre 1914), où chaque armée tente de déborder l'autre par le nord, jusqu'à atteindre la mer du Nord. Cette tentative échoue des deux côtés. Comme il devient impossible de percer ou de contourner l'adversaire, et parce que les armes industrielles (mitrailleuses, artillerie lourde) rendent toute attaque à découvert effroyablement meurtrière, les soldats se mettent à creuser des tranchées pour se protéger.

Fin 1914, le front se stabilise complètement : il forme une ligne continue et figée de plus de 700 kilomètres, de la mer du Nord à la frontière suisse. La guerre de mouvement a cédé la place à la guerre de position, la guerre des tranchées. L'illusion d'une guerre courte s'est effondrée : au lieu de quelques semaines, le conflit s'enlise et va durer plus de quatre ans, jusqu'en 1918.

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Les erreurs fréquentes

Croire que la Première Guerre mondiale a été, dès le début, une guerre de tranchées immobile.
En 1914, la guerre commence par une guerre de mouvement rapide (plan Schlieffen, invasion de la Belgique, avance vers Paris, bataille de la Marne). La guerre de position (les tranchées) ne s'installe qu'à partir de la fin 1914, quand le front se fige.
Penser que les soldats ont creusé des tranchées parce qu'ils étaient peureux ou ne voulaient plus se battre.
Les tranchées s'imposent parce que les armes modernes (mitrailleuses, artillerie lourde) rendent toute attaque à découvert meurtrière. Comme aucune armée ne peut percer ni contourner l'autre, les soldats s'enterrent pour survivre : c'est ce qui fige le front.

Tu maîtrises la notion si…

  • Décrire la guerre de mouvement de 1914 : le plan allemand (Schlieffen), l'invasion par la Belgique et la bataille de la Marne (septembre 1914).
  • Décrire le passage à la guerre de position : l'échec de la « course à la mer » et le front qui se fige de la mer du Nord à la Suisse.
  • Relier l'échec de la « guerre courte » espérée à l'enlisement durable dans la guerre des tranchées.

Vérifie que tu as compris

  1. Comment appelle-t-on la guerre qui s'installe après l'échec de la guerre de mouvement fin 1914 ?

    Réponse La guerre de position (guerre des tranchées)

    Faute de percée décisive, le front se fige : c'est la guerre de position, dans les tranchées.

  2. Quelle bataille de septembre 1914 arrête l'avancée allemande vers Paris ?

    Réponse La bataille de la Marne

    La victoire française de la Marne (sept. 1914) stoppe l'offensive allemande et marque l'échec de la « guerre courte ».

  3. Que désigne le « no man's land » ?

    Réponse L'espace entre les deux lignes de tranchées ennemies

    Le no man's land est la bande de terrain, criblée de barbelés et d'obus, qui sépare les tranchées adverses.

S'entraîner sur cette notion

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Le front figé où les soldats s’enterrent = la guerre de position.

Les armées creusent des tranchées et n’avancent plus.

Comprendre

Le plan allemand : une attaque rapide, en passant par la Belgique.

L’objectif : battre la France très vite avant de se tourner vers la Russie.

Appliquer

La Marne (sept. 1914) stoppe l’avance → la « course à la mer » → le front se fige.

Plus personne ne perce : chacun s’enterre face à l’autre.

Transférer

Les armées modernes (mitrailleuses, artillerie) favorisent la défense.

Attaquer à découvert devient meurtrier : on se terre.

Au brevet, cette notion tombe dans ces sujets

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