Que prévoit le programme du Conseil national de la Résistance ?
En pleine Occupation, des chefs de la Résistance se réunissent en secret — mais ils ne préparent pas que des sabotages : ils écrivent déjà la France d’après-guerre, où l’on serait protégé quand on est malade ou vieux, avec une école pour tous et une presse libre. Quel est ce texte, et qui a réuni les résistants ?
L'essentiel
Imagine des résistants qui, en pleine guerre, ne se demandent pas seulement comment chasser l'occupant, mais aussi : « Quelle France voulons-nous reconstruire après la victoire ? » C'est le rôle du Conseil national de la Résistance (CNR), l'organisation qui réunit tous les mouvements de résistance, mise en place par Jean Moulin. En 1944, le CNR se met d'accord sur un programme, surnommé « Les Jours heureux ». Ce texte imagine une France plus juste : un pays où l'on serait protégé quand on est malade, vieux ou sans travail (la Sécurité sociale), où de grandes entreprises appartiendraient à l'État (les nationalisations), où l'on aurait de nouveaux droits au travail, une école ouverte à tous et une presse libre.
Autrement dit, les résistants voulaient à la fois libérer la France et la transformer pour qu'elle soit plus juste.
L'idée à retenir
Pour être plus forts, les mouvements de résistance s’unissent dans le Conseil national de la Résistance (CNR), mis en place par Jean Moulin en 1943. En 1944, le CNR adopte un programme (« Les Jours heureux ») qui prépare l’après-guerre : Sécurité sociale, nationalisations (électricité, banques…), nouveaux droits du travail, école accessible à tous et liberté de la presse. Son projet n’est pas seulement de libérer la France, mais de la transformer pour une société plus juste — et beaucoup de ces mesures existent encore aujourd’hui.
Comprendre
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Résistance française est d'abord divisée en plusieurs mouvements séparés. Pour la rendre plus forte, Jean Moulin, envoyé par le général de Gaulle, réunit ces mouvements dans une seule organisation : le Conseil national de la Résistance (CNR), mis en place en 1943. Les résistants ne préparent pas seulement la libération du pays ; ils imaginent aussi la France de demain. En 1944, le CNR adopte un programme, surnommé « Les Jours heureux », qui prépare l'après-guerre autour d'un projet clair : construire une société plus juste.
Ce programme comprend de grandes mesures : la Sécurité sociale, pour protéger tout le monde face à la maladie, aux accidents et à la vieillesse ; des nationalisations, qui font passer sous le contrôle de l'État de grandes entreprises et des secteurs essentiels comme l'électricité et les banques ; de nouveaux droits du travail et droits sociaux ; une école accessible à tous les enfants ; et le retour des libertés, dont la liberté de la presse. L'idée-clé est que la Résistance voulait à la fois libérer la France et la transformer pour plus de justice sociale. Beaucoup de ces mesures ont été appliquées dès la Libération et fondent encore notre société aujourd'hui.
Le cours
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la France est vaincue en 1940 puis occupée par l'Allemagne nazie. Face à cette situation, des femmes et des hommes refusent la défaite et l'occupation : ce sont les résistants. Mais au début, la Résistance est divisée en de nombreux mouvements séparés, qui agissent chacun de leur côté.
Pour être plus efficaces, ces mouvements ont besoin de s'unir. C'est le rôle de Jean Moulin, envoyé par le général de Gaulle : il parvient à rassembler les principaux mouvements de résistance au sein d'une même organisation, le Conseil national de la Résistance (CNR), mis en place en 1943. Le CNR permet ainsi à la Résistance de parler d'une seule voix. Or les résistants ne réfléchissent pas seulement à la manière de libérer le pays : ils se demandent aussi quelle France ils veulent reconstruire une fois la victoire obtenue.
En 1944, le CNR adopte donc un programme, souvent appelé « Les Jours heureux ». Ce texte prépare la France de l'après-guerre et porte un véritable projet de société : bâtir une France plus juste. Pour cela, le programme prévoit de grandes mesures. [[scene:LS-REP-002|Voir : le programme du Conseil national de la Résistance]] La plus célèbre est la création de la Sécurité sociale, qui doit protéger chacun face à la maladie, aux accidents et à la vieillesse : personne ne devrait rester seul dans le malheur.
Le programme prévoit aussi des nationalisations : de grandes entreprises et des secteurs essentiels, comme l'électricité ou les banques, passent sous le contrôle de l'État, afin qu'ils servent l'intérêt de tous et non celui de quelques-uns. Il défend de nouveaux droits pour les travailleurs, c'est-à-dire un droit du travail plus protecteur et des droits sociaux. Il veut une école accessible à tous les enfants, quelle que soit leur origine, pour donner à chacun sa chance.
Enfin, il réclame le retour des libertés, en particulier la liberté de la presse, indispensable à la démocratie. À travers toutes ces mesures apparaît l'idée essentielle : la Résistance ne voulait pas seulement chasser l'occupant et libérer la France, elle voulait aussi la transformer pour la rendre plus juste. C'est pourquoi une grande partie du programme du CNR est appliquée dès la Libération, sous le Gouvernement provisoire dirigé par de Gaulle, et beaucoup de ces mesures — à commencer par la Sécurité sociale — existent encore aujourd'hui et font partie de notre société.
Retenir le programme du CNR, c'est donc comprendre que la Libération n'a pas seulement rendu la France libre : elle a aussi posé les bases d'une société plus solidaire.
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Croire que le CNR voulait seulement libérer la France par les armes.
- Le CNR unit bien les mouvements de résistance pour lutter contre l'occupant, mais son programme de 1944 va plus loin : il prépare l'après-guerre en proposant de transformer la France pour plus de justice sociale, avec la Sécurité sociale, des nationalisations, de nouveaux droits sociaux, une école pour tous et la liberté de la presse. Libérer et transformer la France sont deux buts complémentaires.
- Penser que le programme du CNR est resté un simple texte, sans effet réel.
- Au contraire, une grande partie du programme a été appliquée dès la Libération : la Sécurité sociale est créée en 1945, de grandes entreprises sont nationalisées, la presse libre revient. Beaucoup de ces mesures existent encore aujourd'hui et fondent notre société : le programme du CNR a donc réellement transformé la France.
Tu maîtrises la notion si…
- Identifier ce qu'est le Conseil national de la Résistance (l'organisation qui unit les mouvements de résistance, fondée par Jean Moulin) et savoir qu'il adopte un programme en 1944.
- Citer les grandes mesures du programme du CNR : la Sécurité sociale, des nationalisations (électricité, banques…), de nouveaux droits du travail et droits sociaux, une école accessible à tous et la liberté de la presse.
- Expliquer le projet du CNR : ne pas seulement libérer la France mais la transformer pour bâtir une société plus juste, dont beaucoup de mesures existent encore aujourd'hui.
Vérifie que tu as compris
Qu'est-ce que le Conseil national de la Résistance (CNR) ?
Réponse L'organisation qui unit les mouvements de résistance, fondée par Jean Moulin
Le CNR, fondé par Jean Moulin, unit les mouvements de résistance et prépare la France d'après-guerre.
Que prévoit le programme du CNR (1944) ?
Réponse Une société plus juste : Sécurité sociale, nationalisations, droits sociaux, école pour tous
Le programme « Les Jours heureux » veut transformer la France : Sécurité sociale, nationalisations, droits sociaux, école.
Quel est l'objectif du programme du CNR ?
Réponse Ne pas seulement libérer la France, mais la transformer pour plus de justice sociale
La Résistance voulait à la fois libérer le pays et bâtir une société plus juste ; beaucoup de ses mesures existent encore.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Le programme du CNR (1944) : un projet pour préparer l’après-guerre et bâtir une France plus juste.
Ce n’est ni un plan militaire ni une loi de Vichy : c’est un projet de société, avec de grandes mesures sociales comme la Sécurité sociale.
Le CNR unit les mouvements de résistance (Jean Moulin, 1943) ; son programme prévoit Sécurité sociale, nationalisations, droits sociaux, école pour tous et liberté de la presse.
Retiens à la fois l’organisation (le CNR qui unit la Résistance) et ses grandes mesures — à commencer par la Sécurité sociale.
Sécurité sociale, nationalisations et école pour tous relèvent du CNR ; interdire tous les partis sauf un est au contraire une mesure de dictature.
Le CNR veut plus de justice ET plus de démocratie : une mesure qui supprime les libertés ne peut pas en faire partie.
Non : avec le programme du CNR, ils voulaient aussi transformer la France pour une société plus juste — et beaucoup de ces mesures existent encore.
La preuve que le projet était réel : la Sécurité sociale, créée dès 1945, fonctionne toujours aujourd’hui.
Au brevet, cette notion tombe dans ce sujet
Dans le même chapitre
- Comment les femmes obtiennent-elles le droit de vote en France ?
- Qu’est-ce que la Sécurité sociale créée en 1945 ?
Voir tout le chapitre « 1944-1947 : refonder la République » →