Marchands, métiers & foires
Qui fait la richesse de la ville, et comment les métiers s’organisent-ils ?
L'essentiel
Avec l'essor des villes, le commerce devient l'activité reine. Les marchands ne se contentent plus d'échanger dans leur village : ils font du grand commerce, sur de longues distances, entre les régions et les pays. Ils vendent des draps de Flandre, des épices et des soieries venues d'Orient, du sel, du vin.
Pour échanger, ils se retrouvent dans les grandes foires, comme les célèbres foires de Champagne, où viennent des marchands de toute l'Europe. Comme il est dangereux de transporter beaucoup d'or sur les routes, ils inventent des outils : la banque, le change (échanger les monnaies) et la lettre de change, un papier qui remplace l'argent liquide. Les plus riches marchands et banquiers deviennent très puissants.
C'est grâce à eux que les villes s'enrichissent et rayonnent.
L'idée à retenir
La ville vit du commerce et de l’artisanat. Sur la place du marché, marchands et artisans échangent leurs produits. Les artisans d’un même métier (drapiers, boulangers, forgerons, tanneurs) se regroupent en corporations qui fixent des règles. Les grandes foires relient les villes d’Europe.
Comprendre
L'essor des villes va de pair avec un formidable développement du commerce, dont les marchands sont les acteurs principaux. Ce qui change au Moyen Âge, à partir des XIIe-XIIIe siècles, c'est que le commerce ne reste plus local : il devient un grand commerce à longue distance, qui relie des régions et des pays éloignés, par voie terrestre et par voie maritime. On échange des produits variés : les draps de Flandre, très recherchés, les épices, les soieries et les produits précieux venus d'Orient (qui arrivent par les ports italiens de Venise et de Gênes), mais aussi le sel, le vin ou les métaux.
Pour se rencontrer et échanger, les marchands se retrouvent dans les grandes foires, ces marchés exceptionnels qui durent plusieurs semaines. Les plus célèbres sont les foires de Champagne : aux XIIe-XIIIe siècles, elles deviennent un carrefour de l'Europe, où se rencontrent les marchands du Nord (draps flamands) et ceux du Sud (produits méditerranéens). Ce commerce à grande échelle pose un problème : il est dangereux et peu pratique de transporter de grandes quantités de pièces d'or et d'argent sur les routes.
Les marchands, surtout italiens, inventent alors de nouveaux outils. La banque permet de déposer de l'argent, d'en prêter et de le changer d'une monnaie à l'autre (le change). Surtout, la lettre de change est un document écrit qui remplace l'argent liquide : un marchand paie dans une ville et son partenaire touche la somme dans une autre, sans transporter d'or.
Grâce à ces techniques, de puissants marchands et banquiers apparaissent, parfois immensément riches. Retiens donc l'idée centrale : les marchands animent un grand commerce sur de longues distances, qui se concentre dans les foires (comme celles de Champagne) et qui donne naissance à de nouveaux moyens de paiement, la banque et la lettre de change.
Le cours
L'essor des villes s'accompagne d'un puissant développement du commerce, dont les marchands sont les grands acteurs. À partir des XIIe-XIIIe siècles, le commerce ne se limite plus aux échanges de proximité : il devient un grand commerce à longue distance, reliant des régions éloignées par les routes terrestres et par les mers. Les produits échangés sont variés et parfois précieux : les draps de Flandre, fabriqués dans les villes drapières du Nord et très demandés ; les épices, les soieries et les produits de luxe venus d'Orient, qui parviennent en Europe grâce aux marchands des grandes villes portuaires italiennes, Venise et Gênes ; mais aussi des produits plus courants comme le sel, le vin, les céréales ou les métaux.
Pour échanger ces marchandises, les marchands se réunissent dans les foires, de grands marchés exceptionnels qui durent plusieurs semaines et attirent des vendeurs de très loin. Les plus célèbres sont les foires de Champagne : aux XIIe et XIIIe siècles, situées à mi-chemin entre la Flandre et l'Italie, elles deviennent un véritable carrefour de l'Europe, où se croisent les draps du Nord et les épices du Sud. Ce commerce à grande échelle soulève une difficulté : transporter de grandes quantités de pièces d'or et d'argent sur les routes est lourd et dangereux, car les brigands sont nombreux.
Les marchands, en particulier les Italiens, mettent alors au point de nouveaux outils financiers. La banque se développe : on peut y déposer son argent, le faire fructifier, emprunter (le crédit) et échanger les différentes monnaies (le change), car chaque région a la sienne. L'invention la plus importante est la lettre de change : c'est un document écrit grâce auquel un marchand verse une somme dans une ville et son correspondant la reçoit dans une autre ville, souvent dans une autre monnaie, sans qu'aucune pièce n'ait à voyager.
Ces techniques rendent le commerce plus sûr, plus rapide et plus vaste. Elles permettent aussi l'enrichissement de puissants marchands et banquiers, souvent italiens, qui prêtent de l'argent aux rois eux-mêmes. Ainsi, le commerce enrichit les villes et transforme la société : autour des marchands se construit une part essentielle de la nouvelle puissance urbaine.
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Les erreurs fréquentes
- Croire que le commerce médiéval était seulement local, entre le village et la ville voisine.
- À partir des XIIe-XIIIe siècles, il existe surtout un grand commerce à longue distance, qui relie des régions et des pays éloignés : les draps de Flandre, les épices et les soieries d'Orient circulent à travers toute l'Europe et se retrouvent dans de grandes foires comme celles de Champagne. Le commerce médiéval était donc bien international, et pas seulement local.
- Penser que les marchands payaient toujours en transportant de grandes quantités de pièces d'or.
- Justement, transporter beaucoup d'or sur les routes était lourd et dangereux. Les marchands ont inventé de nouveaux moyens de paiement : la banque, le change et surtout la lettre de change, un document écrit qui permet de payer dans une ville et de toucher l'argent dans une autre, sans transporter de pièces. Le commerce ne reposait donc pas seulement sur l'or transporté.
Tu maîtrises la notion si…
- Décrire le grand commerce médiéval : longues distances, produits échangés (draps de Flandre, épices d'Orient) et rôle des marchands.
- Expliquer le rôle des grandes foires, en particulier les foires de Champagne, carrefour de l'Europe.
- Relier le développement du commerce à l'apparition de nouveaux outils : la banque, le change et la lettre de change.
Vérifie que tu as compris
Que font surtout les marchands aux XIIe et XIIIe siècles ?
Réponse Un grand commerce sur de longues distances, entre les régions et les pays
À partir des XIIe-XIIIe siècles, le commerce n'est plus seulement local : les marchands animent un grand commerce à longue distance, par voie de terre et par la mer, qui relie des régions et des pays éloignés.
Comment appelle-t-on les grands marchés qui durent plusieurs semaines et où se retrouvent des marchands de toute l'Europe, comme en Champagne ?
Réponse Les foires
Les foires sont de grands marchés exceptionnels qui durent plusieurs semaines. Les foires de Champagne, situées entre la Flandre et l'Italie, deviennent aux XIIe-XIIIe siècles un véritable carrefour de l'Europe.
Parmi ces marchandises, laquelle circule dans le grand commerce médiéval ?
Réponse Les draps de Flandre et les épices d'Orient
Le grand commerce échange des draps de Flandre, très recherchés, ainsi que des épices, des soieries et des produits précieux venus d'Orient, qui arrivent en Europe par les ports italiens de Venise et de Gênes.
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La ville vit du commerce et de l’artisanat.
Marchands et artisans.
Les métiers s’organisent en corporations.
Des règles par métier.
Drapier, boulanger, forgeron, tanneur…
Des artisans.
Relier les villes et échanger.
Le commerce entre villes.
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