Histoire-Géo · EMC · 5ᵉ

Les libertés urbaines

Histoire-Géo · EMC 5ᵉ L'émergence d'une société urbaine

Comment les habitants des villes deviennent-ils plus libres que les paysans ?

Voir la scène entière dans Azulma Ici, une seule vue — vivante. Dans l'app, la scène complète se déroule plan par plan, la mascotte de la matière explique, puis tu t'entraînes.

L'essentiel

Dans la ville vit un groupe social nouveau : les bourgeois, c'est-à-dire les habitants du bourg. Ce ne sont ni des nobles ni des paysans : ce sont surtout des marchands et des artisans. Contrairement aux paysans de la campagne, qui sont soumis au seigneur, les bourgeois veulent être libres.

Ils obtiennent souvent du seigneur ou du roi des libertés et des privilèges, écrits dans un document : la charte de franchise (droit de commercer, de tenir un marché, d'être jugés en ville, de payer moins de taxes). Certaines villes vont plus loin et deviennent des communes : les habitants s'administrent alors eux-mêmes, élisent des dirigeants (échevins, consuls, un maire) et ont un beffroi et un sceau. On résume tout cela par un célèbre dicton : « l'air de la ville rend libre », car un serf qui vivait un an et un jour en ville pouvait devenir libre.

L'idée à retenir

Les bourgeois (habitants de la ville) obtiennent des libertés, écrites dans une charte de franchise : se gouverner eux-mêmes (élire des échevins et un maire), rendre la justice, tenir marché, être des hommes libres. Une ville qui se gouverne elle-même s’appelle une commune. Le beffroi en est le symbole.

Comprendre

L'essor des villes fait naître un groupe social entièrement nouveau : les bourgeois. Le mot vient du bourg, c'est-à-dire la ville : le bourgeois est l'habitant de la ville. Ce n'est ni un noble, qui combat et possède des terres, ni un paysan attaché à la seigneurie : c'est le plus souvent un marchand ou un artisan, qui vit du commerce ou de son travail.

Ce nouveau groupe a une aspiration essentielle : la liberté. À la campagne, les paysans, et surtout les serfs, sont soumis au seigneur, à qui ils doivent des impôts, des corvées et l'obéissance. Les bourgeois, eux, veulent s'affranchir de cette domination pour pouvoir commercer et travailler librement.

Ils obtiennent alors, du seigneur ou du roi, des libertés et des privilèges consignés par écrit dans une charte de franchise : le droit de commercer et de tenir des marchés, celui d'être jugés par leur propre tribunal en ville, l'allègement ou la suppression de certaines taxes et corvées. Ces libertés font de la ville un espace à part. Certaines villes obtiennent même bien plus : elles deviennent des communes.

Les habitants d'une commune ont le droit de s'administrer eux-mêmes : ils se réunissent, jurent de se défendre ensemble, élisent des dirigeants (les échevins, les consuls, parfois un maire), possèdent un sceau et une cloche dans leur beffroi pour rassembler la communauté. La conquête de ces libertés ne se fait pas toujours dans le calme : elle est parfois obtenue par la révolte contre le seigneur, ou achetée à prix d'argent. Le célèbre dicton « l'air de la ville rend libre » résume cette réalité : dans beaucoup de villes, un serf qui parvenait à y vivre un an et un jour sans être repris devenait un homme libre.

Retiens donc l'idée centrale : les bourgeois, habitants du bourg, cherchent à s'affranchir du seigneur ; ils obtiennent des libertés écrites dans des chartes, et certaines villes deviennent des communes qui s'administrent elles-mêmes.

Le cours

L'essor des villes donne naissance à un groupe social nouveau, différent de la noblesse et de la paysannerie : les bourgeois. Le mot vient de bourg, la ville : le bourgeois est celui qui habite la ville. Ce ne sont ni des seigneurs, qui combattent et possèdent des terres, ni des paysans soumis à la seigneurie : ce sont surtout des marchands et des artisans, qui vivent du commerce et de leur travail.

Ce nouveau groupe partage une aspiration profonde : la liberté. Dans les campagnes, les paysans, et en particulier les serfs, sont soumis au seigneur, à qui ils doivent des redevances, des corvées et l'obéissance, et dont ils dépendent pour la justice. Les bourgeois, au contraire, veulent échapper à cette domination seigneuriale, car le commerce et l'artisanat ont besoin de liberté pour se développer.

Ils cherchent donc à obtenir, du seigneur ou du roi qui domine la ville, des libertés et des privilèges. Ces droits sont consignés par écrit dans une charte de franchise : liberté de commercer et de tenir des marchés et des foires, droit d'être jugés en ville par leur propre justice, réduction ou suppression de certaines taxes et corvées, garantie de la liberté personnelle des habitants. Certaines villes obtiennent bien davantage et deviennent des communes : leurs habitants prêtent serment de s'entraider et arrachent le droit de s'administrer eux-mêmes.

Une commune élit ses propres dirigeants, les échevins, les consuls ou un maire, dispose d'un sceau pour authentifier ses actes, lève ses impôts et fait sonner la cloche de son beffroi pour réunir la communauté et sonner l'alarme. Le beffroi devient ainsi le symbole de la liberté urbaine, face au clocher de l'église et au donjon du seigneur. La conquête de ces libertés n'est pas toujours pacifique : certaines communes se soulèvent contre leur seigneur, d'autres achètent leurs privilèges à prix d'argent, ce qui arrange souvent le roi, heureux d'affaiblir les grands seigneurs.

Le fameux dicton « l'air de la ville rend libre » traduit cette réalité : dans nombre de villes, un serf qui réussissait à y vivre un an et un jour sans être réclamé par son seigneur devenait un homme libre. Il faut cependant nuancer : toutes les villes ne sont pas des communes indépendantes, et ces libertés restent accordées sous l'autorité du roi ou du seigneur. Malgré ces limites, la ville apparaît bien, au Moyen Âge, comme un espace de liberté et d'autonomie que la campagne ne connaît pas.

Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →

Les erreurs fréquentes

Croire que le mot bourgeois désigne d'abord une personne riche, comme aujourd'hui.
Au Moyen Âge, le bourgeois est simplement l'habitant du bourg, c'est-à-dire de la ville : ce sont surtout des marchands et des artisans. Il s'agit d'un groupe social nouveau, différent des nobles et des paysans. Certains bourgeois sont très riches, d'autres beaucoup moins : le mot désigne d'abord un habitant de la ville, pas seulement une personne fortunée.
Penser que toutes les villes étaient totalement indépendantes et se gouvernaient entièrement seules.
Les libertés des villes étaient accordées par le seigneur ou le roi et écrites dans des chartes de franchise ; elles restaient sous leur autorité. Certaines villes, les communes, s'administraient elles-mêmes (échevins, maire, sceau), mais toutes les villes n'étaient pas des communes indépendantes, et les degrés de liberté variaient beaucoup d'une ville à l'autre.

Tu maîtrises la notion si…

  • Décrire les bourgeois : les habitants du bourg (marchands et artisans), un groupe social nouveau distinct des nobles et des paysans.
  • Expliquer comment les villes obtiennent des libertés : chartes de franchise accordées par le seigneur ou le roi, et communes qui s'administrent elles-mêmes.
  • Comprendre le sens du dicton « l'air de la ville rend libre » : la ville affranchit de la domination seigneuriale.

Vérifie que tu as compris

  1. Au Moyen Âge, qui sont les bourgeois ?

    Réponse Les habitants du bourg, c'est-à-dire de la ville, surtout des marchands et des artisans

    Le mot bourgeois vient de bourg, la ville : le bourgeois est l'habitant de la ville, le plus souvent un marchand ou un artisan. C'est un groupe social nouveau, différent des nobles et des paysans ; le mot ne désigne pas d'abord une personne riche.

  2. Comment appelle-t-on le document écrit par lequel le seigneur ou le roi accorde des libertés et des privilèges aux habitants d'une ville ?

    Réponse Une charte de franchise

    Les libertés des villes (droit de commercer, d'être jugés en ville par leur propre justice, de payer moins de taxes) sont accordées par le seigneur ou le roi et inscrites dans une charte de franchise.

  3. Qu'est-ce qu'une commune au Moyen Âge ?

    Réponse Une ville dont les habitants ont obtenu le droit de s'administrer eux-mêmes et d'élire leurs dirigeants

    Certaines villes deviennent des communes : leurs habitants prêtent serment de s'entraider et s'administrent eux-mêmes. Ils élisent leurs dirigeants (échevins, consuls ou un maire) et possèdent un sceau et un beffroi, symbole de leurs libertés.

S'entraîner sur cette notion

La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.

Ouvrir cette scène dans Azulma →

Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Les villes obtiennent des libertés.

Écrites dans une charte.

Comprendre

Une ville qui se gouverne = une commune.

Le beffroi la symbolise.

Appliquer

Se gouverner, justice, marché, être libre.

Ce que gagne la ville.

Transférer

Une ville qui se gouverne elle-même.

Elle s’administre seule.

Dans le même chapitre

Voir tout le chapitre « L'émergence d'une société urbaine » →