Les femmes au travail
Dans la France qui s’industrialise, les femmes travaillent beaucoup : dans quelles conditions ?
L'essentiel
Au XIXe siècle, la France connaît la révolution industrielle : usines, machines et grandes villes se multiplient. Contrairement à l'image de la femme qui reste au foyer, image répandue surtout dans la bourgeoisie, de très nombreuses femmes des milieux populaires travaillent, car leur salaire est indispensable pour faire vivre la famille. Beaucoup deviennent ouvrières, en particulier dans le textile (filatures et tissages), où elles font tourner les machines.
D'autres sont domestiques (bonnes, servantes) au service des familles aisées, ou paysannes qui travaillent la terre, ou encore couturières, lingères et blanchisseuses. Leurs conditions de travail sont dures : les journées sont très longues (souvent douze heures ou plus), les ateliers sont bruyants et parfois dangereux, et le travail est épuisant. À cela s'ajoute une grande injustice : à travail égal, les femmes sont presque toujours payées beaucoup moins que les hommes, souvent près de la moitié de leur salaire.
Le travail des femmes est donc partout, mais il est mal reconnu et mal payé. Ces ouvrières et ces travailleuses ne sont pas des personnes passives : elles tiennent une place essentielle dans l'économie du pays.
L'idée à retenir
Au XIXe siècle, de nombreuses femmes travaillent (ouvrières du textile, couturières, paysannes, domestiques), mais dans des conditions dures : longues journées, salaires plus faibles qu’aux hommes, et la « double journée » (travail + foyer).
Comprendre
Pour comprendre la société industrielle du XIXe siècle, il faut regarder le travail des femmes. Le mot le plus important est "travail" : contrairement à une idée reçue, une grande partie des femmes du XIXe siècle travaillent, et leur travail est indispensable. L'idéal de la femme au foyer est surtout celui de la bourgeoisie ; dans les milieux populaires, le salaire des femmes est vital pour la famille.
Avec l'industrialisation, beaucoup de femmes deviennent ouvrières, en particulier dans le textile (filatures, tissages), un secteur qui emploie énormément de main-d'oeuvre féminine. D'autres restent employées comme domestiques dans les familles aisées, comme paysannes dans les campagnes, ou exercent des métiers comme couturière, lingère ou blanchisseuse. Leurs conditions de travail sont éprouvantes : les journées sont très longues, souvent douze heures ou plus, les ateliers sont bruyants, les machines dangereuses, et la fatigue est constante.
S'ajoute à cela une inégalité majeure : à travail égal, les femmes reçoivent des salaires bien inférieurs à ceux des hommes, souvent proches de la moitié. On considère alors, à tort, que leur salaire ne serait qu'un "complément" à celui de l'homme, ce qui sert à justifier ces bas salaires. À la fin du siècle, de nouveaux métiers s'ouvrent aux femmes : institutrices (loi Paul Bert de 1879 sur les écoles normales), employées de bureau et de magasin, et les premières diplômées (Julie-Victoire Daubié, bachelière en 1861 ; Madeleine Brès, médecin en 1875).
Pour l'historien, l'étude d'un document comme une photographie d'usine ou un témoignage d'ouvrière permet de repérer ces conditions et cette inégalité de salaire. Retiens donc l'idée centrale : au XIXe siècle, de nombreuses femmes travaillent, surtout comme ouvrières du textile, domestiques ou paysannes ; elles connaissent des conditions dures et des salaires nettement plus bas que ceux des hommes, ce qui montre une inégalité forte jusque dans le monde du travail.
Le cours
Au XIXe siècle, la France entre dans la révolution industrielle : les usines, les machines et les grandes villes se multiplient. Cette transformation ne concerne pas seulement les hommes : de très nombreuses femmes travaillent. L'image de la femme qui reste au foyer, répandue surtout dans la bourgeoisie, ne correspond pas à la vie des milieux populaires, où le salaire des femmes est indispensable pour faire vivre la famille.
Avec l'industrialisation, beaucoup de femmes deviennent ouvrières, en particulier dans le textile : dans les filatures et les tissages, elles surveillent les machines et fournissent une main-d'oeuvre nombreuse et peu coûteuse. D'autres femmes sont employées comme domestiques (bonnes, servantes) au service des familles aisées, comme paysannes qui travaillent la terre, ou encore comme couturières, lingères et blanchisseuses. Les conditions de travail de toutes ces femmes sont dures : les journées durent souvent douze heures ou davantage, les ateliers sont bruyants et parfois dangereux, et le travail est physiquement épuisant.
À ces conditions difficiles s'ajoute une profonde injustice : à travail égal, les femmes sont presque toujours payées beaucoup moins que les hommes, souvent près de la moitié de leur salaire. Pour justifier ces bas salaires, on prétend alors que le salaire d'une femme ne serait qu'un simple complément à celui de l'homme, ce qui est une manière de dévaloriser leur travail. Ces travailleuses ne sont pourtant pas des personnes secondaires : elles tiennent une place essentielle dans l'économie du pays et participent pleinement à l'essor industriel.
À la fin du siècle, un nouveau rôle s'ouvre aussi aux femmes : la Troisième République recrute des institutrices, formées dans les écoles normales créées dans chaque département par la loi Paul Bert de 1879 ; des employées travaillent dans les bureaux, les postes et les grands magasins ; et quelques pionnières forcent les portes des études : Julie-Victoire Daubié, première bachelière en 1861, Madeleine Brès, première Française docteure en médecine en 1875, Jeanne Chauvin, l'une des premières avocates en 1900. Étudier une photographie d'ouvrières dans une usine textile ou lire le témoignage d'une ouvrière permet de comprendre concrètement leurs conditions de travail et l'inégalité de leurs salaires. Savoir décrire le travail des femmes au XIXe siècle et interpréter un document sur les ouvrières est un attendu de la classe de 4e, car cela montre que l'industrialisation, loin de faire disparaître les inégalités, les prolonge jusque dans le monde du travail.
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Les erreurs fréquentes
- Croire que les femmes ne travaillaient pas pendant la révolution industrielle.
- De très nombreuses femmes travaillaient, notamment comme ouvrières du textile, domestiques ou paysannes. Dans les milieux populaires, leur salaire était indispensable à la survie de la famille.
- Penser que les ouvrières et les ouvriers étaient payés de la même façon.
- À travail égal, les femmes recevaient des salaires bien inférieurs à ceux des hommes, souvent proches de la moitié. On dévalorisait leur travail en le présentant comme un simple complément.
Tu maîtrises la notion si…
- Décrire le travail des femmes au XIXe siècle : ouvrières (surtout dans le textile), domestiques, paysannes, dans une France qui s'industrialise.
- Décrire leurs conditions de travail dures (longues journées, ateliers pénibles) et leurs salaires bien inférieurs à ceux des hommes.
- Interpréter un document (photographie, témoignage) pour montrer les conditions de travail des ouvrières et l'inégalité des salaires.
Vérifie que tu as compris
Au XIXe siècle, dans quel secteur de nombreuses femmes travaillent-elles surtout comme ouvrières ?
Réponse Le textile (filatures et tissages)
Le textile emploie une main-d'œuvre féminine très nombreuse : dans les filatures et les tissages, les ouvrières font tourner les machines de longues journées durant.
Pour un travail comparable, comment le salaire des ouvrières se compare-t-il à celui des ouvriers au XIXe siècle ?
Réponse Il est nettement inférieur, souvent proche de la moitié
À travail égal, les ouvrières sont payées bien moins que les hommes, souvent près de la moitié : une inégalité forte, alors même que leur salaire est indispensable à la famille.
En dehors des usines, quels métiers de nombreuses femmes des milieux populaires exercent-elles au XIXe siècle ?
Réponse Domestiques, paysannes, couturières ou blanchisseuses
Outre l'usine, beaucoup de femmes sont employées comme domestiques dans les familles aisées, travaillent la terre comme paysannes, ou exercent comme couturières, lingères et blanchisseuses.
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Beaucoup de femmes travaillent au XIXe.
Usines, champs, maisons, ateliers.
Des métiers variés mais mal payés.
Ouvrières, domestiques, paysannes.
Longues journées, salaires plus faibles.
Inégales même au travail.
Travailler puis s’occuper du foyer.
Deux journées en une.
Dans le même chapitre
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