Le schéma narratif — 5ᵉ
Toutes les aventures suivent la même courbe. Sauras-tu la reconnaître ?
L'essentiel
Le schéma narratif, c'est le « plan » que suit presque toujours une histoire. Il y a cinq étapes : (1) la situation initiale (tout va bien, c'est l'équilibre de départ), (2) l'élément perturbateur (un événement qui casse cet équilibre et lance l'histoire, souvent annoncé par « soudain »), (3) les péripéties (les actions, les obstacles, les rebondissements), (4) l'élément de résolution (l'événement qui dénoue le problème), (5) la situation finale (le nouvel équilibre, la fin). Connaître ces cinq étapes aide à comprendre un récit et à en écrire un.
L'idée à retenir
Un récit se construit en cinq étapes : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale. Le perturbateur lance l'aventure, la résolution la dénoue.
Comprendre
Tout récit, qu'il s'agisse d'un conte, d'un roman d'aventure ou d'une nouvelle, se construit le plus souvent selon un même plan appelé le schéma narratif. Ce plan comprend cinq étapes qui s'enchaînent. La première est la situation initiale : c'est l'équilibre de départ, le moment où l'on présente le héros, le lieu et l'époque ; tout y est calme et stable, et elle est souvent rédigée à l'imparfait, le temps qui sert à décrire et à planter le décor.
La deuxième étape est l'élément perturbateur (ou élément déclencheur) : un événement vient rompre cet équilibre et lance véritablement l'histoire ; il est souvent introduit par un mot comme « soudain », « un jour » ou « tout à coup ». Sans lui, il n'y aurait pas d'histoire, car rien ne se passerait. La troisième étape, ce sont les péripéties : il s'agit de toutes les actions, les épreuves, les obstacles et les rebondissements que vit le héros pour faire face au problème ; c'est la partie la plus longue et la plus mouvementée du récit.
La quatrième étape est l'élément de résolution : c'est l'événement qui dénoue la crise et met fin aux difficultés (par exemple le héros réussit son épreuve ou trouve la solution). Enfin, la cinquième étape est la situation finale : un nouvel équilibre s'installe, l'histoire se referme et l'on découvre la situation des personnages à la fin. Dans un récit d'aventure, l'élément perturbateur correspond très souvent au départ du héros ou à l'événement qui le jette dans l'aventure (un appel, une découverte, un danger).
Il ne faut pas confondre l'élément perturbateur, qui n'arrive qu'une seule fois et déclenche toute l'intrigue, avec une simple péripétie, qui est l'un des nombreux obstacles rencontrés ensuite au cours de l'histoire. Reconnaître ces cinq étapes permet de mieux comprendre comment une histoire est construite et de mieux organiser ses propres récits.
Le cours
Le schéma narratif désigne la structure, c'est-à-dire l'organisation des étapes, que suit la grande majorité des récits : contes, fables, romans, nouvelles ou récits d'aventure. Comprendre ce schéma, c'est comprendre comment une histoire « fonctionne » : elle part d'un équilibre, le perd, puis en retrouve un nouveau. On distingue cinq étapes qui s'enchaînent dans l'ordre.
La première est la situation initiale : c'est le point de départ, l'équilibre du début, où le narrateur présente le cadre de l'histoire — le ou les personnages principaux, le lieu, l'époque — et où la vie suit son cours sans problème particulier. Cette étape est très souvent écrite à l'imparfait, temps de la description et de l'habitude, qui sert à planter le décor (« Il était une fois une jeune fille qui vivait paisiblement dans un village… »). La deuxième étape est l'élément perturbateur, aussi appelé élément déclencheur ou nœud : c'est un événement soudain qui rompt l'équilibre initial et lance l'action ; il est souvent introduit par des indices de temps comme « soudain », « un jour », « tout à coup » ou « c'est alors que ».
C'est lui qui crée le problème à résoudre : sans élément perturbateur, il n'y aurait pas d'histoire, car rien ne viendrait troubler le calme du début. La troisième étape rassemble les péripéties : ce sont toutes les actions, les aventures, les épreuves, les obstacles et les rebondissements que traverse le héros pour répondre au problème posé par l'élément perturbateur. C'est en général la partie la plus longue et la plus dynamique du récit ; elle est souvent racontée au passé simple, le temps des actions de premier plan.
La quatrième étape est l'élément de résolution (ou dénouement) : c'est l'événement qui résout la crise, qui dénoue les difficultés et met fin aux péripéties (le héros remporte son combat, retrouve ce qu'il cherchait, échappe au danger). La cinquième et dernière étape est la situation finale : un nouvel équilibre s'installe, différent ou semblable à celui du départ, et l'histoire se termine ; on y apprend ce que deviennent les personnages. Dans un récit d'aventure en particulier, l'élément perturbateur prend souvent la forme du départ : c'est l'événement qui arrache le héros à sa vie habituelle et le jette dans l'aventure (un message, une carte au trésor, une menace, un voyage imposé).
Il est essentiel de ne pas confondre l'élément perturbateur avec une péripétie : l'élément perturbateur est unique et déclenche toute l'intrigue dès le début, tandis qu'une péripétie est l'un des nombreux obstacles ou retournements qui surviennent ensuite, au cœur de l'histoire. Pour repérer le schéma narratif d'un texte, on peut se demander : où est l'équilibre de départ ? quel événement vient le briser ? quelles épreuves le héros affronte-t-il ? comment le problème est-il résolu ? et quel est l'état final ? Maîtriser le schéma narratif est précieux à la fois pour lire (comprendre la construction d'un récit) et pour écrire (bâtir une histoire complète et cohérente).
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Confondre l'élément perturbateur avec une simple péripétie, et croire que chaque obstacle de l'histoire est un nouvel élément perturbateur.
- L'élément perturbateur est unique : c'est le premier événement qui rompt l'équilibre de départ et lance toute l'histoire. Les péripéties, elles, sont les nombreux obstacles et rebondissements qui viennent ensuite. Il y a un seul élément perturbateur, mais plusieurs péripéties.
- Penser qu'un récit peut commencer directement par l'action, sans situation initiale, ou se terminer sans situation finale.
- Même bref, un récit complet suit le schéma : il présente d'abord un équilibre de départ (la situation initiale, souvent à l'imparfait) et se referme sur un nouvel équilibre (la situation finale). Sauter ces étapes rend l'histoire incomplète ou difficile à comprendre.
Tu maîtrises la notion si…
- Nommer dans l'ordre les cinq étapes du schéma narratif : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale.
- Repérer chacune des cinq étapes dans un récit court et expliquer le rôle de l'élément perturbateur et de la situation initiale.
- Distinguer l'élément perturbateur (unique, qui lance l'histoire) d'une simple péripétie (un obstacle parmi d'autres).
Vérifie que tu as compris
Dans quel ordre s'enchaînent les cinq étapes du schéma narratif ?
Réponse Situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale
Un récit part d'un équilibre, le perd, puis en retrouve un nouveau. L'ordre est donc toujours le même : on présente le cadre calme, un événement le brise, le héros traverse des obstacles, un événement dénoue la crise, et l'histoire se referme sur un nouvel équilibre. Les péripéties se placent forcément après l'élément perturbateur, car ce sont elles qui répondent au problème qu'il a posé.
Un élève croit que chaque nouvel obstacle rencontré par le héros constitue un élément perturbateur de plus. Quelle correction lui apporter ?
Réponse L'élément perturbateur est unique et lance toute l'histoire
Il n'y a qu'un seul élément perturbateur : le premier événement qui rompt l'équilibre de départ et met l'histoire en marche. Les obstacles suivants sont des péripéties, et elles peuvent être nombreuses. Dans un récit d'aventure, cet élément perturbateur unique prend souvent la forme du départ du héros.
Pourquoi la situation initiale d'un récit est-elle le plus souvent écrite à l'imparfait ?
Réponse C'est le temps de la description et de l'habitude
La situation initiale plante le décor et montre une vie qui suit son cours : l'imparfait, temps de la description et des habitudes, convient exactement à cet équilibre de départ. Les péripéties, elles, sont plutôt racontées au passé simple, le temps des actions de premier plan.
S'entraîner sur cette notion
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Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
L'élément perturbateur rompt l'équilibre et lance l'histoire.
Cherche l'étape qui casse le calme du début.
Les cinq étapes du récit, dans l'ordre.
Du calme initial à un nouvel équilibre final.
Repère le perturbateur et la résolution.
Quel événement déclenche tout ? lequel dénoue ?
Le perturbateur lance l'aventure.
Sans lui, il n'y aurait pas d'histoire.
Dans le même chapitre
Voir tout le chapitre « Cap sur l'inconnu : le récit d'aventure » →