Le participe passé : le COD avant
« J'ai coupé les fleurs. » — « Voici les fleurs que j'ai coupées. » Même verbe, même auxiliaire, même bouquet… et un -es est apparu ! Un seul détail a bougé. Trouve-le, et le cas expert de 3e est à toi.
L'essentiel
Compare ces deux phrases : « J'ai coupé les fleurs. » — « Voici les fleurs que j'ai coupées. » Même verbe, même auxiliaire, même bouquet… et pourtant le participe a changé : « coupé » ici, « coupéES » là. Qu'est-ce qui a bougé ? Un seul détail : la PLACE du complément d'objet direct.
Dans la première phrase, tu coupes quoi ? « les fleurs » — le COD arrive APRÈS le verbe : le participe ne s'accorde pas. Dans la seconde, le COD s'est déguisé : c'est le petit mot « QUE », qui représente « les fleurs », et il est placé AVANT le verbe — alors le participe s'accorde avec ce que « que » représente : son antécédent « fleurs », féminin pluriel → « coupéES ». Tu connais déjà ce phénomène depuis la 4e avec le pronom personnel : « je LES ai coupées ».
En 3e, le COD antéposé prend son déguisement le plus fréquent : le pronom relatif. La méthode tient en trois gestes : ① repère l'auxiliaire AVOIR ② pose la question du COD — coupé QUOI ? reçu QUOI ? ③ demande OÙ est ce COD : s'il est avant le verbe (un « que » relatif !), accorde le participe avec son antécédent ; s'il est après, ou s'il n'y en a pas, n'accorde rien. Dernier piège : tous les petits mots d'une relative ne sont pas des COD. « Les amis à qui j'ai parlé » : on parle À quelqu'un — « à qui » est un COI, le participe reste « parlé ».
Pose toujours la question au verbe : elle ne ment jamais.
L'idée à retenir
Avec AVOIR, le participe passé ne s'accorde JAMAIS avec le sujet : tout se joue sur la place du COD. « J'ai coupé les fleurs » : coupé quoi ? « les fleurs », APRÈS → invariable. « Les fleurs QUE j'ai coupéES » : le COD est le relatif « QUE », placé AVANT — et comme « que » n'a ni genre ni nombre, il les emprunte à son antécédent « fleurs » → féminin pluriel. La méthode en trois gestes : ① repère l'auxiliaire avoir ② pose la question du COD (coupé QUOI ?) ③ le COD est-il AVANT ? → accorde avec l'antécédent. Garde-fous : « à qui », « dont » sont des COI → jamais d'accord (« les amis à qui j'ai parlé ») ; et l'accord révèle parfois la consonne muette : « les portes que le vent a ouverTES ».
Comprendre
Le programme de 3e cible précisément : « maitriser l'accord du participe passé (auxiliaire avoir avec un complément d'objet direct pronom relatif placé avant le verbe) ». C'est l'aboutissement d'une progression : en 5e, l'accord du participe avec ÊTRE (accord avec le sujet) ; en 5e, la découverte du COD antéposé sous la forme du pronom PERSONNEL (« je les ai coupées »), puis en 4e les pronominaux ; en 3e, le COD antéposé sous sa forme la plus fréquente à l'écrit : le pronom RELATIF « que ». La règle générale ne change pas — avec avoir, le participe s'accorde avec le COD si et seulement si celui-ci précède le verbe — mais le cas relatif exige une opération supplémentaire : REMONTER À L'ANTÉCÉDENT.
Dans « les fleurs que j'ai coupées », « que » est le COD de « ai coupé » (couper quoi ? « que »), et « que » n'a ni genre ni nombre propres : il les EMPRUNTE à son antécédent « fleurs » (féminin pluriel) — d'où « coupéES ». Ce raisonnement mobilise le fonctionnement du relatif vu au chapitre PHRASE de 3e : le relatif a une DOUBLE CASQUETTE — il relie la relative à l'antécédent ET il occupe une fonction à l'intérieur de la relative. Tout le travail consiste à identifier cette fonction : « que » est (presque toujours) COD → accord ; « qui » sujet → c'est l'accord sujet-verbe qui joue, pas la règle du COD ; « à qui », « dont », « où » → COI ou compléments, JAMAIS d'accord du participe (« les amis à qui j'ai parlé », « la ville dont j'ai rêvé » — invariables).
La méthode en trois gestes (auxiliaire → question du COD → place du COD) sécurise tous les cas, et la consonne finale muette révélée au féminin (« les portes que le vent a ouverTES ») rappelle les particularités orthographiques mémorisées en 4e. Objectif final du BO : EXPLIQUER ses choix — être capable de justifier chaque terminaison par la chaîne complète : auxiliaire, COD, place, antécédent.
Le cours
Voici le cas qui, plus que tout autre, distingue une copie de 3e maîtrisée : l'accord du participe passé avec avoir quand le COD est un pronom relatif placé avant le verbe. Il a une réputation de monstre. En réalité, c'est une mécanique de précision — trois gestes, toujours les mêmes.
D'abord, réinstalle la règle de base, acquise les années passées. Avec l'auxiliaire AVOIR, le participe passé ne s'accorde JAMAIS avec le sujet : « Elles ont chanté », « Nous avons fini » — invariables. Il ne s'accorde qu'avec le complément d'objet direct, et seulement si ce COD est placé AVANT le verbe. « J'ai coupé les fleurs » : coupé quoi ? « les fleurs », placé après → « coupé », rien.
En 5e, tu as rencontré le premier COD antéposé : le pronom personnel — « Ces fleurs ? Je LES ai coupéES. » Le « les » représente les fleurs, il précède le verbe : accord. La 3e ajoute le déguisement le plus fréquent à l'écrit : le pronom RELATIF. « Voici les fleurs QUE j'ai coupées. » Applique les trois gestes.
GESTE UN : repère l'auxiliaire — « j'AI coupé » : avoir. La règle du COD s'active. GESTE DEUX : pose la question du COD — j'ai coupé QUOI ?
Réponse : « que ». Oui, ce petit mot de trois lettres est le COD. GESTE TROIS : où est-il ?
AVANT le verbe — c'est toute la nature du relatif d'être placé en tête de sa proposition. Donc accord. Mais avec quoi, puisque « que » n'a ni genre ni nombre ?
Souviens-toi du chapitre sur la phrase : le relatif a une DOUBLE CASQUETTE — il occupe une fonction dans la relative (ici COD) et il représente son ANTÉCÉDENT (ici « les fleurs »). « Que » emprunte donc le féminin pluriel de « fleurs », et le participe suit : « coupéES ». Entraîne le réflexe sur d'autres cas : « la lettre que tu as reçuE » (reçu quoi ? « que » = la lettre, féminin singulier) ; « les efforts qu'il a fourniS » (fourni quoi ? « qu' » = les efforts, masculin pluriel) ; « les portes que le vent a ouverTES » — et ici, bonus orthographique appris en 4e : le féminin révèle la consonne finale muette (ouvert → ouverte), on l'ENTEND — « les portes que le vent a ouvertes », le -t sonne. Maintenant, les garde-fous — car la moitié des fautes de 3e vient d'un excès de zèle : accorder dès qu'on voit un relatif.
Premier garde-fou : tous les relatifs ne sont pas des COD. « Les amis À QUI j'ai parlé » : on parle À quelqu'un — « à qui » est un COI → « parlé », invariable. « La ville DONT j'ai rêvé » : on rêve DE quelque chose — « dont » est COI → « rêvé », invariable. Seule la QUESTION posée au verbe tranche : parlé qui ? — impossible ; parlé à qui ? — voilà. Deuxième garde-fou : si le COD est après le verbe, aucun accord, même dans une phrase longue et savante : « Nous avons chanté ces chansons » — chanté, point.
Troisième garde-fou : ne confonds pas avec « qui » sujet (« les fleurs qui ornaient la table ») — là, c'est l'accord sujet-verbe qui travaille, pas la règle du participe. Reste l'exigence finale du programme : EXPLIQUER tes choix. Une terminaison de participe, en 3e, doit pouvoir se justifier en une phrase : « accord avec le COD “que”, mis pour “fleurs”, placé avant le verbe — féminin pluriel ».
Entraîne-toi à la dire à voix haute : auxiliaire, question, place, antécédent. Quatre mots-jalons, zéro faute. Et souviens-toi que ce cas expert vit rarement seul : dans « Les fleurs que tu as coupées sont fanées », la même phrase te demande TROIS accords — le participe (coupées), le verbe (sont), l'attribut (fanées) — tous suspendus au même noyau « fleurs ».
C'est la beauté du système : quand tu sais remonter au donneur, tout s'éclaire d'un coup.
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Accorder le participe avec le sujet, comme avec être : « Nous avons chantées ces chansons. »
- Avec AVOIR, le sujet ne donne jamais l'accord au participe. « Nous avons chanté ces chansons » : chanté quoi ? « ces chansons », placé APRÈS le verbe → invariable. L'accord avec le sujet appartient à l'auxiliaire être (acquis 5e) — avec avoir, seul un COD placé AVANT peut commander : « ces chansons que nous avons chantéES ».
- Accorder dès qu'il y a un relatif, sans vérifier sa fonction : « les amis à qui j'ai parlés. »
- Seul un relatif COD déclenche l'accord. Pose la question au verbe : parlé QUI ? — impossible ; on parle À quelqu'un → « à qui » est COI, le participe reste invariable : « les amis à qui j'ai parlé ». Même chose pour « dont » (« la ville dont j'ai rêvé » — rêver DE) et pour « où ». Le geste 2 — la question du COD — n'est pas décoratif : c'est lui qui trie.
- Oublier l'accord parce qu'il ne s'entend pas : « les portes que le vent a ouvert. »
- Applique les trois gestes même quand l'oreille se tait : ouvert QUOI ? « que », mis pour « les portes », placé avant → accord au féminin pluriel : « ouvertES ». Et ici l'accord S'ENTEND : le féminin révèle la consonne finale muette (ouvert → ouverte, le -t sonne) — le réflexe du féminin mémorisé en 4e sert exactement à cela.
Tu maîtrises la notion si…
- Appliquer la méthode en trois gestes (auxiliaire avoir → question du COD → place du COD) pour décider de l'accord d'un participe passé.
- Accorder le participe avec l'antécédent du pronom relatif COD antéposé (« les fleurs que j'ai coupées », « les efforts qu'il a fournis ») et le laisser invariable quand le COD suit le verbe (« j'ai coupé les fleurs »).
- Distinguer le relatif COD (« que ») des relatifs COI ou compléments (« à qui », « dont ») qui ne déclenchent jamais l'accord (« les amis à qui j'ai parlé »).
- Justifier chaque terminaison par la chaîne complète — auxiliaire, question, place, antécédent — y compris quand l'accord révèle une consonne finale muette (« les portes que le vent a ouvertes »).
Vérifie que tu as compris
Pourquoi écrit-on « j'ai coupé les fleurs » mais « les fleurs que j'ai coupées » ?
Réponse Parce qu'avec avoir, l'accord dépend de la place du COD
Avec AVOIR, jamais d'accord avec le sujet : tout se joue sur la place du COD. « J'ai coupé les fleurs » : coupé quoi ? « les fleurs », APRÈS → invariable. « Les fleurs que j'ai coupées » : coupé quoi ? « QUE », pronom relatif COD placé AVANT, qui emprunte le féminin pluriel de son antécédent « fleurs » → « coupéES ». Les trois gestes : auxiliaire → question du COD → place.
« les amis à qui j'ai parlé » : pourquoi le participe reste-t-il invariable malgré le pronom relatif placé avant ?
Réponse Parce que « à qui » est un COI : ce n'est pas un COD placé avant le verbe
Le geste 2 de la méthode — la question posée au verbe — fait le tri : parlé QUI ? impossible ; on parle À quelqu'un → « à qui » est un complément d'objet INDIRECT. Or la règle du participe avec avoir n'obéit qu'au COD antéposé. Même logique pour « dont » (« la ville dont j'ai rêvé » — rêver DE) : jamais d'accord. Accorder dès qu'on voit un relatif est l'excès de zèle classique de 3e — la question au verbe ne ment jamais.
« Voici les preuves que l'enquêtrice a ___ (réunir). » Quelle forme du participe passé ?
Réponse « réunies » : auxiliaire avoir → réuni QUOI ? « que », mis pour « les preuves » → COD placé AVANT le verbe → accord au féminin pluriel
Déroule les trois gestes. ① L'auxiliaire : « a réuni », avoir — la règle du COD s'active, et le sujet ne donne JAMAIS l'accord. ② La question : réuni quoi ? « que ». ③ La place : le relatif est en tête de sa proposition, donc AVANT le verbe → accord. Avec quoi ? « Que » n'a ni genre ni nombre propres : il les emprunte à son antécédent « les preuves », féminin pluriel → « réuniES ».
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
La place du COD décide : après le verbe → invariable ; avant (le relatif « que ») → accord avec l'antécédent.
Pose la même question dans les deux bandes : « coupé QUOI ? » — puis regarde de quel côté du verbe se trouve la réponse.
La méthode en trois gestes : ① l'auxiliaire (avoir) ② la question (reçu QUOI ? → « que ») ③ la place (AVANT → reçuE).
Le geste décisif est le ③ : « que » emprunte genre et nombre à son antécédent « la lettre » — la double casquette du relatif.
les portes que le vent a ouverTES · Nous avons chanté ces chansons · les amis à qui j’ai écrit.
La question au verbe ne ment jamais : « ouvert QUOI ? » a une réponse (que) ; « écrit QUOI ? » n'en a pas — on écrit À quelqu'un.
Un accord justifié est un accord gagné — et chaque « que + avoir + participe » déclenche les trois gestes en relecture.
le cas : participe avec avoir ; ② le COD : « qu' » = les efforts, placé avant ; ③ la marque : masculin pluriel → -s.