Français · 3ᵉ

Le GN étendu : accorder au noyau

Français 3ᵉ Accords : la maîtrise experte

« Les fleurs que tu as coupées sont fanées. » Entre « fleurs » et « sont », quatre mots s'interposent — dont un « tu » qui n'a rien demandé. Qui commande le verbe ? Apprends à traverser l'écran.

Voir la scène entière dans Azulma Ici, une seule vue — vivante. Dans l'app, la scène complète se déroule plan par plan, la mascotte de la matière explique, puis tu t'entraînes.

L'essentiel

Lis cette phrase : « Les fleurs que tu as coupées sont fanées. » Maintenant, question piège : avec quel mot s'accorde « sont » ? Ton œil vient de traverser « tu as coupées »… et c'est exactement là que les fautes se fabriquent. Depuis la 5e, tu sais accorder une chaîne courte : « les fleurs fanées », facile, le nom commande.

Mais en 3e, le groupe nominal s'est agrandi : il peut contenir une proposition RELATIVE entière — « les fleurs [que tu as coupées] ». Cette relative est un passager du GN : elle précise le nom, elle vit à l'intérieur du groupe… et elle fait ÉCRAN entre le noyau et la suite de la phrase. À l'intérieur de l'écran, il se passe des choses : « tu » y est sujet, il commande « as coupées ».

Mais dès qu'on ressort de l'écran, c'est le NOYAU qui reprend la main : qu'est-ce qui est fané ? Les fleurs — pas toi ! Donc « les fleurs…

SONT fanéES » : verbe au pluriel, attribut au féminin pluriel, comme si la relative n'existait pas. Le geste à automatiser : ① repère le noyau du GN ② mets la relative entre crochets ③ fais sauter la chaîne d'accord PAR-DESSUS les crochets, jusqu'au verbe et à l'attribut. Et méfie-toi du réflexe paresseux qui accorde avec le dernier mot entendu : dans « Le chien qui poursuivait les pigeons aboie », c'est le chien qui aboie — « les pigeons » ne sont que des figurants de l'écran.

L'idée à retenir

En 3e, le groupe nominal s'étend : une RELATIVE entière peut s'y loger — « les fleurs [que tu as coupées] ». Elle précise le noyau, mais elle fait ÉCRAN : le verbe principal et l'attribut s'accordent avec le NOYAU, jamais avec un mot de l'écran — « Les fleurs [que tu as coupées] SONT fanéES ». Et chaque verbe a SON donneur : « tu » commande « as coupées » dans l'écran, « fleurs » commande « sont » au-dehors (« Les élèves [que le professeur félicite] sourient »). Le geste expert : ① repère le noyau ② crochets sur la relative ③ la chaîne enjambe — et le test de la suppression prouve. Même geste pour l'écran court du complément du nom : « Le chef [des mineurs] travaille. »

Comment ça marche, étape par étape

  1. LE NOYAU COMMANDE — « Les fleurs que tu as coupées sont fanées. » Où finit le GN sujet ? Après « coupées » : la relative « que tu as coupées » vit À L'INTÉRIEUR du groupe, comme un adjectif géant. Entre le noyau « fleurs » et le verbe « sont », elle n'est qu'un ÉCRAN — et « tu », sujet DE LA relative, ne commande que « as coupées ». C'est qui, qui est fané ? Les fleurs ! Verbe et attribut enjambent l'écran et s'accordent avec le noyau : « SONT fanéES » — pluriel, féminin pluriel. Le test qui prouve : supprime l'écran — « Les fleurs… sont fanées » — l'accord n'a pas bougé.
  2. DEUX ÉCRANS, UN GESTE — L'écran peut être long : la relative — « Les élèves [que le professeur félicite] sourient » (« le professeur » commande « félicite », pas « sourient » : deux verbes, deux donneurs). Il peut être court : le complément du nom — « Le chef [des mineurs] travaille » (qui travaille ? le chef ; « des mineurs » précise, il ne commande pas). Dans les deux cas, le même geste expert : repère le NOYAU, mets l'écran entre crochets, fais enjamber la chaîne d'accord. L'accord de proximité — copier le nombre du dernier mot traversé — est LA faute de 3e : le donneur se trouve, il ne se devine pas.

Comprendre

Le programme de 3e demande de « maitriser l'accord au sein du groupe nominal (minimal et étendu : avec une proposition subordonnée relative comprise dans le groupe nominal) ». Le GN MINIMAL (déterminant + nom) et ses chaînes courtes sont acquis depuis la 5e ; la nouveauté de 3e est le GN ÉTENDU par une relative : « les fleurs [que tu as coupées] », « le chien [qui poursuivait les pigeons] ». La relative appartient au GN — elle complète l'antécédent comme le ferait un adjectif — mais elle constitue une phrase en miniature, avec son verbe conjugué et son sujet propre.

D'où le danger : entre le noyau et le verbe principal s'interpose un ÉCRAN peuplé de mots au nombre trompeur. Deux erreurs symétriques guettent. L'ACCORD DE PROXIMITÉ : accorder le verbe avec le dernier nom traversé (« le chien qui poursuivait les pigeons aboiENT » ✗) — or « les pigeons » est complément DANS la relative, il ne commande rien au-dehors.

La CONFUSION DES SUJETS : prendre le sujet de la relative pour le sujet du verbe principal (« les élèves que le professeur félicite souriT » ✗) — or « le professeur » commande « félicite », pas « sourient ». La règle qui dissipe tout : CHAQUE VERBE A SON DONNEUR. À l'intérieur de la relative, le verbe s'accorde avec le sujet de la relative (qui peut être le pronom relatif « qui », porteur du nombre de l'antécédent — pont avec le chapitre PHRASE de 3e sur le fonctionnement du relatif) ; à l'extérieur, le verbe principal et l'attribut s'accordent avec le NOYAU du GN sujet.

Le test qui prouve : supprimer l'écran — « Les fleurs… sont fanées », l'accord ne bouge pas. Ce geste — remonter au noyau à travers l'écran — est LE geste du chapitre : il resservira à l'identique pour le complément du nom (concept 005).

Le cours

Commence par mesurer le chemin parcouru. En 5e, tu accordais des chaînes courtes : « les fleurs fanées » — un déterminant, un nom, un adjectif, tout le monde se touche, le nom commande. En 5e, tu as appris à déjouer les premiers écrans entre sujet et verbe.

En 3e, le programme t'amène au groupe nominal ÉTENDU : un GN qui contient une proposition subordonnée relative tout entière. Observe : « Les fleurs que tu as coupées sont fanées. » Où commence le groupe nominal sujet ? À « Les ».

Où finit-il ? Après « coupées ». Le GN complet est « les fleurs que tu as coupées » : un noyau (« fleurs ») et une relative (« que tu as coupées ») qui le complète, comme un adjectif géant.

Cette relative est une phrase en miniature : elle a son verbe (« as coupées ») et son propre sujet (« tu »). Elle vit À L'INTÉRIEUR du GN — c'est pour cela qu'on dit qu'elle est « comprise dans le groupe nominal ». Et c'est là que tout se joue.

Entre le noyau « fleurs » et le verbe principal « sont », la relative fait ÉCRAN : quatre mots s'interposent, dont un pronom personnel au singulier (« tu »). Si tu écris à l'oreille, deux catastrophes t'attendent. Première catastrophe, l'ACCORD DE PROXIMITÉ : tu accordes avec le dernier nom traversé. « Le chien qui poursuivait les pigeons aboient » — faux !

C'est le chien qui aboie ; « les pigeons » sont poursuivis, ils ne commandent rien. Deuxième catastrophe, la CONFUSION DES SUJETS : tu accroches le verbe principal au sujet de la relative. « Les élèves que le professeur félicite sourit » — faux ! « Le professeur » est le sujet de « félicite », pas de « sourient ». D'où le geste expert, en trois temps.

UN : repère le noyau du GN sujet — demande « qu'est-ce qui est fané ? qui est-ce qui aboie ? ». DEUX : mets la relative entre crochets — « Les fleurs [que tu as coupées] », « Le chien [qui poursuivait les pigeons] ». Les crochets matérialisent l'écran : tout ce qui est dedans reste dedans.

TROIS : fais enjamber la chaîne d'accord par-dessus les crochets — du noyau au verbe, et jusqu'à l'attribut s'il y en a un : « Les fleurs [ … ] SONT fanéES » — « sont » au pluriel (sujet « fleurs »), « fanées » au féminin pluriel (attribut du noyau). Le test de vérification, toujours le même : SUPPRIME l'écran. « Les fleurs… sont fanées » : la phrase reste correcte, l'accord n'a pas bougé — preuve que la relative ne commandait rien. Reste à comprendre ce qui se passe DANS l'écran, car la relative a sa vie propre : chaque verbe a son donneur.

Dans « que tu as coupées », le sujet est « tu » : le verbe de la relative s'accorde avec lui. Dans « qui poursuivait les pigeons », le sujet est le pronom relatif « qui » — et « qui », tu le sais depuis le chapitre sur la phrase, porte le nombre de son antécédent « chien » : troisième personne du singulier. Deux verbes, deux donneurs, deux accords indépendants : « Les élèves [que le professeur félicite] sourient » — « félicite » avec « le professeur » (dedans), « sourient » avec « élèves » (dehors).

Quand tu sais dire cela, tu ne confonds plus jamais. Un dernier mot sur « coupées », que tu as peut-être remarqué : pourquoi ce participe s'accorde-t-il au féminin pluriel alors qu'il est conjugué avec avoir ? C'est le cas expert du participe passé — le COD placé avant le verbe sous la forme du pronom relatif « que » — et c'est exactement l'objet du concept 003 de ce chapitre.

Pour l'instant, retiens le geste fondateur : face à un GN étendu, crochets sur la relative, retour au noyau, et la chaîne enjambe. Ce même geste, tu le referas bientôt avec un autre écran : le complément du nom (« le chef des mineurs travaille », concept 005). L'accord de 3e, c'est l'art de ne jamais se laisser distraire.

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Les erreurs fréquentes

Accorder le verbe principal avec le dernier nom traversé — l'accord de proximité : « Le chien qui poursuivait les pigeons aboient. »
Le donneur du verbe principal est le NOYAU du GN sujet, pas le mot le plus proche. « Les pigeons » vit à l'intérieur de la relative : il est complément de « poursuivait » et ne commande rien au-dehors. Mets l'écran entre crochets — « Le chien [qui poursuivait les pigeons] aboie » — puis supprime-le : « Le chien… aboie ». Singulier, sans hésitation.
Prendre le sujet de la relative pour le sujet du verbe principal : « Les élèves que le professeur félicite sourit. »
Chaque verbe a SON donneur. « Le professeur » est le sujet de « félicite », à l'intérieur de la relative ; le sujet de « sourient », c'est le noyau « élèves », à l'extérieur. Deux verbes, deux sujets, deux accords indépendants : « Les élèves [que le professeur félicite] souriENT. » Pose la question à chaque verbe : c'est qui, qui sourit ?
Accorder le verbe mais oublier l'attribut : « Les histoires que ce marin raconte semblent incroyable. »
La chaîne d'accord ne s'arrête pas au verbe : l'attribut du sujet remonte AUSSI au noyau, à travers l'écran ET à travers le verbe attributif. « Les histoires [que ce marin raconte] semblENT incroyableS » — verbe au pluriel, attribut au féminin pluriel. Quand tu as trouvé le noyau, distribue son ordre à TOUS ses receveurs : verbe, attribut, participes.

Tu maîtrises la notion si…

  • Délimiter un GN étendu par une relative, encadrer la relative par des crochets et identifier le noyau donneur (« les fleurs [que tu as coupées] »).
  • Accorder le verbe principal et l'attribut avec le noyau en enjambant l'écran de la relative, et prouver le choix par le test de la suppression (« Les fleurs… sont fanées »).
  • Distinguer les deux donneurs d'une phrase à relative : le sujet de la relative pour le verbe de la relative, le noyau pour le verbe principal (« Les élèves [que le professeur félicite] sourient »).
  • Corriger et expliquer une faute d'accord de proximité (« le chien qui poursuivait les pigeons aboient » ✗) en nommant le noyau, l'écran et le geste.

Vérifie que tu as compris

  1. « Les fleurs que tu as coupées sont fanées. » Avec quel mot s'accorde le verbe « sont » ?

    Réponse Avec « fleurs », le noyau du GN sujet

    Le GN sujet est « les fleurs que tu as coupées » : son noyau est « fleurs », et la relative comprise dans le groupe fait écran. Le verbe principal et l'attribut enjambent l'écran pour s'accorder avec le noyau : « les fleurs… SONT fanéES ». « Tu » ne commande que le verbe de la relative (« as coupées ») : chaque verbe a son donneur. Test : supprime l'écran — « Les fleurs… sont fanées » — l'accord ne bouge pas.

  2. Pourquoi « Le chien qui poursuivait les pigeons aboient » est-il faux ?

    Réponse Parce que le donneur du verbe principal est le noyau « chien » : la relative fait écran

    C'est l'accord de proximité — LA faute du GN étendu : l'œil accorde avec le dernier nom traversé. Or « les pigeons » est complément de « poursuivait », À L'INTÉRIEUR de la relative : il ne commande rien au-dehors. Le geste : crochets — « Le chien [qui poursuivait les pigeons] aboie » — puis suppression de l'écran : « Le chien… aboie ». C'est qui, qui aboie ? Le chien. Singulier.

  3. « Les élèves que le professeur félicite ___ (sourire). » Quel accord, et pourquoi ?

    Réponse « sourient » : chaque verbe a son donneur — « le professeur » commande « félicite » à l'intérieur de la relative, « les élèves » commande « sourient » au-dehors

    Deux verbes, deux donneurs, deux accords indépendants. À l'intérieur de la relative, « le professeur » est sujet de « félicite ». Au-dehors, le noyau du GN sujet — « les élèves » — commande le verbe principal. Le geste : crochets sur l'écran (« Les élèves [que le professeur félicite] sourient »), puis suppression pour vérifier (« Les élèves… sourient »). Pose la question à CHAQUE verbe : c'est qui, qui sourit ? Les élèves.

S'entraîner sur cette notion

La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Le noyau commande : verbe et attribut enjambent l'écran de la relative — « les fleurs… SONT fanéES ».

Compare les deux plans : dans chaque phrase, pose la question « c'est QUI, qui… ? » — la réponse est toujours le noyau.

Comprendre

L'adjectif garde le même support dans ses trois fonctions : épithète, attribut, apposition — une seule flèche.

Suis la flèche de chaque bande : « neuves » parle toujours des idées — le verbe attributif fait le pont, la virgule détache sans débrancher.

Appliquer

La lettre… ARRIVE · Les photos… PARAISSENT netTES · FIÈRES, les joueuses saluent.

Verbalise avant d'écrire : « le noyau est…, l'écran est…, donc la marque est… » — et vérifie par la suppression de l'écran.

Transférer

Un seul donneur, trois receveurs — le noyau règne sur toute la phrase.

Suis les trois flèches qui reviennent vers « fleurs » : coupées (COD avant — scène suivante), sont (sujet), fanées (attribut).

Dans le même chapitre

Voir tout le chapitre « Accords : la maîtrise experte » →