La phrase à étages
« Léa sourit parce qu'elle a réussi. » Deux propositions… mais plus à égalité : l'une s'est ACCROCHÉE à l'autre. Bienvenue dans la subordination — la phrase qui prend de l'étage.
L'essentiel
Compare : « Léa sourit, elle a réussi. » et « Léa sourit parce qu'elle a réussi. » Même nombre de verbes conjugués (sourit, a réussi), donc deux propositions dans chaque phrase. Mais dans la première, les deux propositions sont posées côte à côte, au même niveau — c'est la juxtaposition de 5e. Dans la seconde, le petit mot « parce que » a tout changé : il a ACCROCHÉ une proposition à l'autre.
Fais le test : dis chaque proposition toute seule. « Léa sourit. » → une phrase complète ✓. « Parce qu'elle a réussi. » → on attend la suite, ça ne tient pas seul ✗. Cette proposition qui ne tient pas seule s'appelle la SUBORDONNÉE ; celle dont elle dépend s'appelle la PRINCIPALE. C'est cela, la subordination : une dépendance, un étage accroché au rez-de-chaussée.
Le crochet, c'est l'INTRODUCTEUR — et il n'y a que deux familles à connaître (le programme dit bien : sans chercher l'exhaustivité) : les conjonctions de subordination (que, quand, si, parce que, lorsque, comme) et les pronoms relatifs (qui, que, dont, où). Désormais, analyser une phrase complexe, ce n'est plus seulement compter les propositions : c'est dire QUI dépend DE QUOI.
L'idée à retenir
La SUBORDINATION est le troisième lien entre propositions, et il change tout : fini l'égalité de la juxtaposition et de la coordination, une proposition (la SUBORDONNÉE) dépend d'une autre (la PRINCIPALE). Le test : dite seule, « Parce qu'elle a réussi. » ne tient pas . Le crochet s'appelle l'INTRODUCTEUR, et il n'a que deux familles : les conjonctions de subordination (que, quand, si, parce que…) et les pronoms relatifs (qui, que, dont, où). Et les étages s'empilent : une subordonnée peut s'ouvrir DANS une autre (« Je pense que le livre que tu m'as prêté te plaira ») — on lit alors PAR ÉTAGES : chaque introducteur ouvre un niveau.
Comment ça marche, étape par étape
- L'ÉTAGE ACCROCHÉ — « Léa sourit parce qu'elle a réussi. » Deux verbes conjugués, deux propositions — mais fais le test de dépendance : « Léa sourit. » tient seule , « Parce qu'elle a réussi. » attend la suite . La première est la PRINCIPALE (le rez-de-chaussée), la seconde la SUBORDONNÉE (l'étage), accrochée par son INTRODUCTEUR « parce que ». Analyser une subordination, c'est dire QUI dépend DE QUOI, et par quel crochet.
- LES PHRASES GIGOGNES — « Je pense que le livre que tu m'as prêté te plaira. » Trois verbes conjugués = 1 principale + 2 subordonnées, et deux « que » : le premier (après le verbe « pense ») est une conjonction, le second (après le nom « livre ») un pronom relatif. La relative est posée À L'INTÉRIEUR de la conjonctive, qui reprend après elle — c'est le livre qui te plaira. Méthode : lire PAR ÉTAGES, chaque introducteur ouvre un niveau (N0 → N1 → N2).
Comprendre
La subordination est la troisième manière de relier des propositions, et elle change de nature par rapport aux deux premières. La juxtaposition (une ponctuation) et la coordination (les coordonnants mais, ou, et, or, ni, car — auxquels s'ajoute l'adverbe donc) posent deux propositions AU MÊME NIVEAU : chacune pourrait vivre sa vie de phrase. La subordination crée une HIÉRARCHIE : la proposition subordonnée est mise au service d'une autre, la proposition principale, et elle en dépend grammaticalement.
Le test décisif est le TEST DE DÉPENDANCE : prononcée seule, la subordonnée est incomplète — « Parce qu'elle a réussi. », « Quand la nuit tombera. », « Qui aboie. » laissent l'auditeur en attente. Ce qui rend la subordonnée dépendante, c'est son INTRODUCTEUR, le mot qui l'accroche à la principale. Deux familles suffisent en 4e (le programme demande de les identifier et de les nommer « sans chercher l'exhaustivité ») : les CONJONCTIONS DE SUBORDINATION — que, quand, si, parce que, lorsque, comme — et les PRONOMS RELATIFS — qui, que, dont, où.
La différence pratique : le pronom relatif suit un NOM qu'il reprend (son antécédent : « le chien QUI aboie »), la conjonction, elle, ne reprend rien (« Je crois QUE tu viens »). Attention au double visage de « que » : après un nom, c'est un pronom relatif ; après un verbe comme croire, dire, penser, c'est une conjonction. Enfin, la subordonnée n'est pas forcément posée après la principale : elle peut la précéder (« Si tu restes, je pars ») ou même être posée À L'INTÉRIEUR d'elle (« Le chien qui aboie réveille le quartier » — la principale « Le chien réveille le quartier » encadre la relative).
Analyser une subordination, c'est donc toujours répondre à trois questions : où est la principale ? où est la subordonnée ? quel introducteur (et de quelle famille) fait le lien ?
Le cours
Reprends ta boîte à outils de 5e. Pour relier deux propositions, tu connaissais deux gestes : la JUXTAPOSITION — « Léa sourit, elle a réussi. » (une simple virgule) — et la COORDINATION — « Léa sourit car elle a réussi. » (un coordonnant). Dans les deux cas, les propositions restent AU MÊME NIVEAU : deux blocs posés côte à côte, dont chacun pourrait faire une phrase autonome.
La 4e ajoute le troisième geste, le plus puissant : la SUBORDINATION. Observe : « Léa sourit parce qu'elle a réussi. » Deux verbes conjugués (sourit, a réussi), donc deux propositions — jusque-là, rien de neuf. Mais fais le TEST DE DÉPENDANCE : prononce chaque proposition seule. « Léa sourit. » : phrase complète, elle tient debout ✓. « Parce qu'elle a réussi. » : ton auditeur attend la suite — ça ne tient pas seul ✗.
Voilà la révolution : les deux propositions ne sont plus égales. Celle qui ne tient pas seule est la SUBORDONNÉE ; celle qui la porte est la PRINCIPALE. La subordination n'est pas une simple liaison, c'est une DÉPENDANCE : un étage accroché à un rez-de-chaussée.
Qu'est-ce qui accroche l'étage ? Un petit mot placé en tête de la subordonnée : l'INTRODUCTEUR. Le programme te demande d'en connaître deux familles, sans chercher l'exhaustivité.
Première famille : les CONJONCTIONS DE SUBORDINATION — que, quand, si, parce que, lorsque, comme. Elles introduisent la subordonnée sans rien reprendre : « Je crois que tu viens », « Nous rentrerons quand la nuit tombera ». Deuxième famille : les PRONOMS RELATIFS — qui, que, dont, où.
Eux suivent un NOM et le REPRENNENT (ce nom s'appelle l'antécédent — tu l'exploreras au concept suivant) : « le chien qui aboie », « le film que tu regardes ». Un piège classique t'attend : « que » appartient AUX DEUX familles. Le test est simple : regarde ce qui précède.
Après un nom, « que » est un pronom relatif qui le reprend — « le gâteau que je mange » (que = le gâteau). Après un verbe comme croire, dire, penser, savoir, « que » est une conjonction — « Je vois que tu ris » (que ne reprend rien). Même mot, deux métiers.
Dernier point, qui fera toute la différence dans tes analyses : la subordonnée ne se range pas toujours sagement après la principale. Elle peut la PRÉCÉDER : « Si tu restes, je pars. » (subordonnée d'abord, principale ensuite). Elle peut même être posée À L'INTÉRIEUR de la principale : « Le chien qui aboie réveille le quartier. » — souligne les verbes (aboie, réveille), encadre l'introducteur (qui) : la relative « qui aboie » est enchâssée au milieu, et la principale « Le chien … réveille le quartier » l'encadre.
C'est l'annonce du grand chantier de l'année (l'imbrication), et la preuve qu'analyser une phrase complexe, désormais, c'est analyser le LIEN : où est la principale ? où est la subordonnée ? quel introducteur les accroche, et de quelle famille est-il ? Trois questions, toujours les mêmes — ta grille d'analyse pour toute la 4e.
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Croire que la subordination est un lien comme les autres, et confondre « Léa sourit car elle a réussi » (coordination) avec « Léa sourit parce qu'elle a réussi » (subordination).
- La coordination pose deux propositions ÉGALES (« car » est un coordonnant : chaque proposition tient seule) ; la subordination crée une DÉPENDANCE. Le test : dis la seconde proposition seule. « Elle a réussi. » ✓ tient seule (coordination) ; « Parce qu'elle a réussi. » ✗ attend la suite (subordination). Même sens de cause, deux grammaires différentes.
- Prendre tous les « que » pour des mots identiques, sans distinguer le pronom relatif de la conjonction de subordination.
- Regarde ce qui précède « que ». Après un NOM, c'est un pronom relatif qui reprend ce nom : « le gâteau que je mange » (que = le gâteau). Après un VERBE comme croire, dire, penser, c'est une conjonction de subordination, qui ne reprend rien : « Je vois que tu ris. » Même forme, deux familles d'introducteurs.
- Chercher toujours la subordonnée APRÈS la principale, et rater celles qui sont devant ou au milieu de la phrase.
- La subordonnée se place où elle veut : après (« Léa sourit parce qu'elle a réussi »), AVANT (« Si tu restes, je pars ») ou À L'INTÉRIEUR de la principale (« Le chien qui aboie réveille le quartier » — la principale encadre la relative). La méthode sûre : souligner les verbes conjugués, encadrer les introducteurs, puis délimiter chaque proposition — jamais se fier à l'ordre.
Tu maîtrises la notion si…
- Distinguer subordination et juxtaposition/coordination en appliquant le test de dépendance : la subordonnée prononcée seule ne tient pas (« Parce qu'elle a réussi. » ✗).
- Délimiter dans une phrase complexe la proposition principale et la proposition subordonnée, y compris quand la subordonnée précède la principale ou est posée à l'intérieur d'elle.
- Nommer l'introducteur d'une subordonnée et sa famille : conjonction de subordination (que, quand, si, parce que, lorsque, comme) ou pronom relatif (qui, que, dont, où).
- Trancher le double « que » : pronom relatif après un nom (il le reprend), conjonction après un verbe (elle ne reprend rien) — en verbalisant le test.
Vérifie que tu as compris
Dans « Léa sourit parce qu'elle a réussi. », comment prouver que « parce qu'elle a réussi » est une proposition subordonnée ?
Réponse Par le test de dépendance : prononcée seule, « Parce qu'elle a réussi. » ne tient pas
La subordination est une relation de DÉPENDANCE : la subordonnée ne tient pas seule (« Parce qu'elle a réussi. » laisse l'auditeur en attente ), au contraire de la principale (« Léa sourit. » ). Le crochet est l'introducteur « parce que », une conjonction de subordination. Ni la position ni la longueur ne prouvent quoi que ce soit : la subordonnée peut précéder la principale (« Si tu restes, je pars ») ou être posée à l'intérieur d'elle (« Le chien qui aboie réveille le quartier »).
« le gâteau que je mange » — « Je vois que tu ris ». Le programme demande d'identifier et de nommer les introducteurs : que dire de ces deux « que » ?
Réponse Le premier est un pronom relatif, le second une conjonction de subordination : même forme, deux familles
Les introducteurs de subordonnées se rangent en deux familles (à connaître « sans chercher l'exhaustivité », dit le programme) : conjonctions de subordination (que, quand, si, parce que, lorsque, comme) et pronoms relatifs (qui, que, dont, où). « Que » appartient aux deux : le test est ce qui précède. Après un NOM qu'il reprend, c'est un pronom relatif (« le gâteau que je mange » : que = le gâteau) ; après un VERBE comme voir, croire, dire, c'est une conjonction, qui ne reprend rien.
Dans « Le chien qui aboie réveille le quartier. », où se trouve la proposition PRINCIPALE ?
Réponse « Le chien … réveille le quartier » : la principale ENCADRE la relative, qui est posée à l'intérieur d'elle
La subordonnée ne se range pas toujours sagement après la principale : elle peut la précéder (« Si tu restes, je pars ») ou être posée À L'INTÉRIEUR d'elle. Ici la relative « qui aboie » est enchâssée au milieu, et la principale « Le chien … réveille le quartier » l'encadre. La méthode sûre : souligner les verbes conjugués (aboie, réveille), encadrer l'introducteur (qui), puis délimiter — jamais se fier à l'ordre des mots.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
La subordonnée ne tient pas seule : elle est accrochée à la principale par un introducteur.
Fais le test de dépendance : prononce chaque proposition seule — laquelle attend la suite ?
Sans son crochet, la subordonnée ne tient pas : c'est ce qui la sépare d'une simple juxtaposition.
Prononce chaque proposition seule : « parce qu'elle a réussi » attend la suite, « elle a réussi » se suffit — voilà la différence entre subordination et juxtaposition.
La subordonnée se pose après, au milieu ou devant : souligne les verbes, jamais l'ordre des mots.
« Le chien qui aboie réveille le quartier » : la principale ENCADRE la relative.
« Tu crois que le chat qui dort rêve. » : 3 verbes conjugués = 1 principale + 2 subordonnées.
Vérifie au compteur : autant de verbes conjugués que de propositions, un introducteur par étage.
Dans le même chapitre
Voir tout le chapitre « La phrase : subordination et imbrication » →