Français · 4ᵉ

La fonction de l'ensemble

Français 4ᵉ La phrase : subordination et imbrication

« le livre QUE je lis » — « Je crois QU'il viendra ». Deux « que » identiques, deux subordonnées… et pourtant deux maîtres différents. Pose LA question de l'année : l'ensemble complète QUOI ?

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L'essentiel

Regarde ces deux subordonnées qui commencent pareil : « le livre QUE je lis » et « Je crois QU'il viendra ». Deux « que »… mais deux métiers complètement différents. Pose LA question-méthode de l'année : l'ensemble complète QUOI ?

Dans « le livre que je lis », le bloc « que je lis » précise un NOM : « livre ». On dit que ce nom est l'ANTÉCÉDENT, et la fonction de la relative entière est : COMPLÉMENT DE L'ANTÉCÉDENT. (Retiens l'autre nom, celui de la Terminologie grammaticale officielle : la relative est ÉPITHÈTE du nom — ou APPOSITION quand elle est détachée par des virgules, « Les élèves, QUI AVAIENT BIEN RÉVISÉ, ont réussi ».) Dans « Je crois qu'il viendra », le bloc « qu'il viendra » complète un VERBE : « crois ».

Preuve par le remplacement : « Je crois CELA. » ✓ — le bloc entier se remplace par « cela », comme un COD ordinaire. Fonction de la conjonctive : COD du verbe « crois ». Et la conjonctive sait faire mieux encore : elle peut être SUJET — « Qu'il pleuve me désole. » Qui est-ce qui me désole ? « Qu'il pleuve », tout le bloc : « CELA me désole. » ✓ Retiens le geste : prends la subordonnée EN ENTIER, comme un seul bloc, et demande-toi ce qu'elle complète.

Un nom → complément de l'antécédent. Un verbe → COD, sujet… C'est exactement ce que ton programme de 4e appelle « comprendre les fonctions grammaticales des propositions subordonnées relatives et conjonctives ».

L'idée à retenir

Une subordonnée occupe une FONCTION, comme un GN : prends-la EN ENTIER et demande ce qu'elle complète. La RELATIVE complète un NOM — son antécédent : « le livre [que je lis] » → fonction : complément de l'antécédent « livre ». La CONJONCTIVE complète le plus souvent un VERBE : « Je crois [qu'il viendra] » → « Je crois CELA » → COD de « crois » ; et elle peut même être SUJET : « [Qu'il pleuve] me désole » → « CELA me désole » . Attention aux deux niveaux : la fonction de l'ensemble (complément de l'antécédent) n'est pas celle du pronom « que » à l'intérieur (COD de « lis »).

Comprendre

Le programme de 4e demande de « comprendre les fonctions grammaticales des propositions subordonnées relatives et conjonctives » : autrement dit, de traiter chaque subordonnée comme UN BLOC qui occupe une fonction dans la phrase, exactement comme un GN ou un pronom. La méthode tient en une question : l'ensemble complète QUOI ? Cas n°1, la RELATIVE (introduite par un pronom relatif : qui, que, dont, où).

Elle suit un NOM qu'elle précise — son ANTÉCÉDENT — et la fonction de l'ensemble est : complément de l'antécédent (nom des manuels ; la Terminologie grammaticale officielle dit ÉPITHÈTE du nom, ou APPOSITION si la relative est détachée par des virgules). « Le livre [que je lis] est passionnant. » : « que je lis » complète le nom « livre ». Cas n°2, la CONJONCTIVE (introduite par la conjonction « que »). Elle complète le plus souvent un VERBE, et sa fonction se prouve par le remplacement par « cela » : « Je crois [qu'il viendra]. » → « Je crois cela. » ✓ : la conjonctive est COD de « crois ».

Mais elle peut occuper d'autres fonctions, dont celle de SUJET : « [Qu'il pleuve] me désole. » → « Cela me désole. » ✓ — le bloc entier est sujet de « désole ». Une subtilité à connaître pour ne pas tout mélanger : il y a DEUX niveaux d'analyse. La fonction de l'ENSEMBLE (la relative « que je lis » est complément de l'antécédent « livre ») n'est pas la fonction du pronom relatif À L'INTÉRIEUR de la subordonnée (« que », qui reprend « livre », est COD du verbe « lis » DANS la relative).

En 4e, on te demande d'abord la fonction de l'ensemble : ne réponds jamais « COD » pour une relative sous prétexte que « que » est COD à l'intérieur. Enfin, ces fonctions expliquent un fait simple : on ne peut pas supprimer une conjonctive COD (« Je crois. » — crois quoi ? on ne supprime pas une conjonctive COD sans changer la phrase), alors qu'une relative se supprime en appauvrissant seulement le nom (« Le livre est passionnant. » ✓ mais on ne sait plus lequel).

Le cours

Au concept précédent, tu as appris à VOIR la subordination : une principale, une subordonnée, un introducteur. Ce chapitre franchit l'étape décisive de la 4e : à quoi SERT la subordonnée ? Réponse du programme : elle occupe une FONCTION grammaticale — comme un groupe nominal, comme un pronom.

Et pour la trouver, un seul geste : prendre la subordonnée EN ENTIER, comme un bloc, et poser LA question-méthode : l'ensemble complète QUOI ? Premier cas : la RELATIVE, introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où). Elle suit toujours un NOM, qu'elle précise : « le livre QUE JE LIS », « la maison OÙ JE SUIS NÉ », « le vélo DONT JE RÊVE ».

Ce nom complété s'appelle l'ANTÉCÉDENT (celui qui « vient avant »). La fonction de l'ensemble se déduit : la relative est COMPLÉMENT DE L'ANTÉCÉDENT — c'est le nom des manuels ; la Terminologie grammaticale officielle, elle, dit ÉPITHÈTE du nom, ou APPOSITION quand la relative est détachée par des virgules. « Le livre que je lis est passionnant. » : demande-toi ce que « que je lis » complète — pas le verbe « est », pas la phrase entière : le nom « livre ». C'est une expansion du nom, au même titre qu'un adjectif (« le livre passionnant ») — mais une expansion qui contient un verbe conjugué.

Deuxième cas : la CONJONCTIVE, introduite par la conjonction de subordination « que ». Pas d'antécédent : « que » ne reprend rien. L'ensemble complète le plus souvent un VERBE. « Je crois QU'IL VIENDRA. » — crois quoi ? « qu'il viendra ».

Preuve par la manipulation, la plus fiable de l'année : remplace le bloc entier par « cela ». « Je crois CELA. » ✓ La conjonctive est COD du verbe « crois ». Cette manipulation te servira partout : si le bloc se remplace par « cela », tu tiens sa fonction comme s'il s'agissait d'un GN. Et la conjonctive a plus d'un tour dans son sac : elle peut être SUJET. « QU'IL PLEUVE me désole. » Qui est-ce qui me désole ?

Tout le bloc « qu'il pleuve » : « CELA me désole. » ✓, et l'extraction « Ce qui me désole, c'est qu'il pleuve. » ✓ — le bloc se comporte comme n'importe quel sujet. Une phrase peut donc commencer par une subordonnée qui n'est ni un décor ni un complément : le SUJET du verbe principal. Attention maintenant à la confusion la plus fréquente de 4e : il y a DEUX NIVEAUX d'analyse, et il ne faut jamais les mélanger.

Niveau 1, la fonction de L'ENSEMBLE : « que je lis » est complément de l'antécédent « livre ». Niveau 2, la fonction du pronom relatif À L'INTÉRIEUR de la subordonnée : dans « que je lis », « que » reprend « livre » et il est COD de « lis » (je lis quoi ? « que », c'est-à-dire le livre). Deux questions différentes, deux réponses différentes.

Quand on te demande la fonction DE LA SUBORDONNÉE, réponds au niveau de l'ensemble — ne réponds pas « COD » pour une relative au motif que « que » est COD à l'intérieur. Récapitule avec le tableau de l'année : relative → complète un NOM (l'antécédent) → complément de l'antécédent. Conjonctive → complète le plus souvent un VERBE → COD (« Je crois qu'il viendra »), parfois SUJET (« Qu'il pleuve me désole »).

Et le geste de vérification : remplacer par « cela » quand c'est une conjonctive, chercher l'antécédent quand c'est une relative. Avec cette grille, aucune subordonnée ne reste un mystère : chacune a un maître — un nom ou un verbe — et une fonction que tu sais prouver.

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Les erreurs fréquentes

Donner comme fonction de la relative « que je lis » : COD — parce que « que » est bien COD quelque part.
Confusion des deux niveaux. La fonction de L'ENSEMBLE « que je lis » est : complément de l'antécédent « livre » (le bloc complète un nom). C'est À L'INTÉRIEUR de la relative que le pronom « que » est COD de « lis ». Quand la question porte sur la subordonnée, réponds au niveau de l'ensemble.
Croire qu'une subordonnée est toujours un complément, jamais un sujet.
La conjonctive peut être SUJET : « Qu'il pleuve me désole. » Applique les tests du sujet : « Qui est-ce qui me désole ? → qu'il pleuve » ; extraction : « Ce qui me désole, c'est qu'il pleuve. » ✓ ; remplacement : « Cela me désole. » ✓. Le bloc entier occupe la place et la fonction d'un sujet.
Identifier relative ou conjonctive au hasard du sens, sans chercher l'antécédent.
Le test est structurel, pas sémantique : qu'y a-t-il juste avant « que » ? Un NOM que la subordonnée précise → pronom relatif, antécédent, fonction complément de l'antécédent (« le film que tu regardes »). Un VERBE comme croire, dire, savoir → conjonction, et l'ensemble se remplace par « cela » (« Je crois cela ») → COD. Verbalise ce test à chaque analyse.

Tu maîtrises la notion si…

  • Poser la question-méthode « l'ensemble complète QUOI ? » et classer la subordonnée : relative (complète un nom-antécédent) ou conjonctive (complète le plus souvent un verbe).
  • Donner la fonction d'une relative : complément de l'antécédent, en nommant l'antécédent (« que je lis » → complément de l'antécédent « livre »).
  • Prouver la fonction d'une conjonctive par le remplacement par « cela » : COD (« Je crois cela ») ou sujet (« Cela me désole »).
  • Distinguer les deux niveaux d'analyse : la fonction de l'ensemble de la subordonnée n'est pas la fonction du pronom relatif à l'intérieur.

Vérifie que tu as compris

  1. Quelle est la fonction de l'ensemble « que je lis » dans « le livre que je lis » ?

    Réponse Complément de l'antécédent « livre » : la relative entière complète le nom qui la précède

    La question-méthode : l'ENSEMBLE complète quoi ? « Que je lis » précise le nom « livre » — son antécédent. La fonction de la relative entière est donc : complément de l'antécédent « livre ». Attention aux deux niveaux d'analyse : c'est À L'INTÉRIEUR de la relative que le pronom « que » (qui reprend « livre ») est COD de « lis ». Quand on demande la fonction DE LA SUBORDONNÉE, on répond au niveau de l'ensemble — jamais « COD » pour une relative. Note l'autre nom, celui de la Terminologie grammaticale officielle : cette relative est ÉPITHÈTE du nom « livre » (elle serait APPOSITION si elle était détachée par des virgules).

  2. Quelle est la fonction de la subordonnée « Qu'il pleuve » dans « Qu'il pleuve me désole. » — et quelle manipulation le prouve ?

    Réponse SUJET de « désole » : preuve par le remplacement « Cela me désole. »

    Le programme demande de comprendre les fonctions grammaticales des conjonctives — et elles ne sont pas toutes COD. Ici, pose la question du sujet : qui est-ce qui me désole ? Le bloc entier « qu'il pleuve ». Preuves par manipulation : « CELA me désole. » et l'extraction « Ce qui me désole, c'est qu'il pleuve. » . La conjonctive est donc SUJET de « désole ». Le remplacement par « cela » est le geste le plus fiable : il traite la subordonnée comme le bloc unique qu'elle est.

  3. « Je pense que tu réussiras. » Quelle est la fonction de l'ensemble « que tu réussiras », et quelle manipulation le prouve ?

    Réponse COD du verbe « pense » — preuve : le bloc entier se remplace par « cela » (« Je pense cela. » )

    La question-méthode de la 4e : l'ensemble complète QUOI ? Ici, le verbe « pense » — c'est donc une conjonctive, et le remplacement par « cela » prouve la fonction COD, comme pour n'importe quel groupe nominal. Attention à la dernière proposition : « complément de l'antécédent » suppose un NOM juste avant l'introducteur ; ici il n'y a qu'un verbe, « que » ne reprend rien, ce n'est pas un pronom relatif.

S'entraîner sur cette notion

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Relative → un NOM (l'antécédent) · conjonctive → un VERBE : deux maîtres, deux fonctions.

Regarde les flèches : chaque subordonnée pointe vers ce qu'elle complète — un nom souligné ou un verbe.

Comprendre

Deux « que », deux fonctions : la relative complète un NOM, la conjonctive complète un VERBE.

Pour chaque bloc, demande : il complète QUOI ? « le livre que je lis » → le nom ; « Je crois qu'il viendra » → le verbe (test : « Je crois CELA »). L'écran montre le cas plus rare où la conjonctive est SUJET.

Appliquer

Complément de l'antécédent, COD, sujet — chaque verdict a sa preuve (« cela », antécédent).

Jamais « COD » pour une relative : c'est le pronom « que », à l'intérieur, qui est COD.

Transférer

Un bloc = une fonction : c'est vrai des subordonnées comme du GN étendu affiché à l'écran.

Compte les verbes conjugués (espère, viendras, aura lieu), puis teste : « J'espère CELA » → COD ; « qui aura lieu samedi » suit le nom « fête » → complément de l'antécédent.

Dans le même chapitre

Voir tout le chapitre « La phrase : subordination et imbrication » →