Histoire-Géo · EMC · 3ᵉ

La crise de 1929

Histoire-Géo · EMC 3ᵉ Les démocraties fragilisées dans l'entre-deux-guerres

Le 24 octobre 1929, la Bourse de New York s’effondre en quelques heures. Comment un krach à Wall Street a-t-il pu jeter le monde entier dans la misère ?

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L'essentiel

Imagine que, pendant les années 1920, des millions d'Américains achètent des « actions » à la Bourse, c'est-à-dire des petits bouts d'entreprises, en espérant les revendre plus cher : c'est la spéculation. Tant que tout le monde achète, les prix montent. Mais le 24 octobre 1929, à Wall Street (la Bourse de New York), tout le monde veut vendre en même temps : les prix s'écroulent d'un coup.

C'est le krach (un effondrement brutal). Beaucoup de gens sont ruinés, les banques qui leur avaient prêté de l'argent font faillite, les usines ne vendent plus rien et licencient leurs ouvriers. Des millions de personnes se retrouvent sans travail (au chômage) et tombent dans la misère.

Et comme les États-Unis sont au centre de l'économie du monde, la crise se répand partout, surtout en Europe : c'est la Grande Dépression des années 1930.

L'idée à retenir

Après des années de spéculation, la Bourse de New York s’effondre le 24 octobre 1929 (le « jeudi noir ») : c’est le krach boursier. Par une réaction en chaîne — actionnaires ruinés, faillites des banques, arrêt du crédit, chute de la production, licenciements —, un krach financier devient une crise économique mondiale : la Grande Dépression, avec un chômage de masse et une grande misère pendant toute la décennie 1930.

Comprendre

Dans les années 1920, les États-Unis connaissent une grande prospérité (les « Années folles ») et beaucoup d'Américains spéculent à la Bourse de New York : ils achètent des actions, souvent à crédit, pour les revendre plus cher. Les cours montent de façon artificielle, c'est une « bulle ». Le 24 octobre 1929 (le « jeudi noir »), puis le 29 octobre (le « mardi noir »), la confiance s'effondre : tous veulent vendre, les cours s'écroulent, c'est le krach boursier.

Une réaction en chaîne se déclenche alors. Les actionnaires sont ruinés ; les banques, qui avaient prêté pour spéculer, ne sont pas remboursées et font faillite, entraînant la perte des économies de millions d'épargnants. Les banques ne prêtent plus, les entreprises manquent d'argent, réduisent ou arrêtent leur production et licencient : le chômage explose.

Comme les chômeurs et les ménages ruinés n'achètent plus, la production baisse encore : c'est un cercle vicieux. La crise se propage au monde entier car les États-Unis rapatrient les capitaux prêtés à l'Europe, cessent de prêter et réduisent leurs achats à l'étranger ; le commerce mondial s'effondre et les pays dépendants des États-Unis, comme l'Allemagne, sont durement touchés. Partout, la crise économique se traduit par un chômage de masse et une grande misère, qui marquent toute la décennie 1930.

Le cours

Pour comprendre la crise de 1929, il faut d'abord regarder les États-Unis des années 1920. Sortis renforcés de la Première Guerre mondiale, ils connaissent une décennie de prospérité que l'on a appelée les « Années folles » : l'industrie tourne à plein régime, la consommation de masse se développe (automobiles, appareils électroménagers), et le pays devient la première puissance économique du monde, créancière de l'Europe à qui il a prêté de l'argent. Dans ce climat d'optimisme, de plus en plus d'Américains placent leur argent à la Bourse de New York, dans le quartier de Wall Street. Acheter une action, c'est acheter une petite part d'une entreprise ; on peut ensuite la revendre.

Beaucoup achètent des actions uniquement pour les revendre plus cher et faire un bénéfice : c'est la spéculation. Pour acheter davantage, certains empruntent à crédit. Comme tout le monde achète, les cours (les prix des actions) montent sans cesse, bien au-delà de la valeur réelle des entreprises : on parle d'une « bulle » spéculative.

Mais une bulle finit toujours par éclater. À l'automne 1929, des doutes apparaissent et certains se mettent à vendre. Le jeudi 24 octobre 1929, resté célèbre sous le nom de « jeudi noir », la panique gagne Wall Street : tout le monde veut vendre ses actions en même temps, mais plus personne ne veut les acheter, si bien que les cours s'effondrent.

La chute se poursuit et atteint son point le plus violent le mardi 29 octobre (le « mardi noir »). C'est le krach boursier : l'effondrement brutal des cours de la Bourse. En quelques jours, des fortunes entières disparaissent. [[scene:LS-ENT-001|Voir : la crise de 1929]] Le krach déclenche alors une véritable réaction en chaîne qui fait passer la crise de la finance à toute l'économie.

Les actionnaires ruinés ne peuvent plus rembourser leurs crédits. Les banques, qui avaient elles aussi prêté de l'argent pour spéculer, ne sont plus remboursées et beaucoup font faillite : aux États-Unis, près de 9 000 banques ferment entre 1930 et 1933. Les épargnants, paniqués, se précipitent pour retirer leur argent, ce qui aggrave encore les faillites, et des millions de personnes perdent leurs économies. Privées de crédit, les entreprises manquent d'argent pour fonctionner : elles réduisent ou arrêtent leur production, ferment des usines et licencient.

La production industrielle américaine chute de près de moitié entre 1929 et 1932. Le chômage explose : on compte près de 13 millions de chômeurs aux États-Unis en 1932, soit environ un travailleur sur quatre. Comme les chômeurs et les familles ruinées n'ont plus d'argent, ils consomment moins, ce qui oblige les entreprises à produire encore moins et à licencier davantage : la crise s'auto-entretient, c'est un cercle vicieux. À cette époque, il n'existe presque pas d'aides pour les chômeurs : la misère se répand.

On voit se former de longues files devant les « soupes populaires » qui distribuent à manger, des familles entières expulsées de leur logement, et des bidonvilles surnommés « Hoovervilles » (du nom du président Hoover) à l'entrée des villes. Les campagnes sont aussi frappées, car les prix agricoles s'effondrent et de nombreux paysans, ruinés, doivent quitter leurs terres. Surtout, la crise ne reste pas américaine : elle devient mondiale.

Comme les États-Unis sont au cœur de l'économie de la planète, ils rapatrient les capitaux qu'ils avaient placés en Europe, cessent d'accorder de nouveaux prêts et, pour protéger leurs entreprises, augmentent fortement leurs droits de douane (le protectionnisme), ce qui réduit leurs achats à l'étranger. Du coup, le commerce mondial s'effondre : sa valeur diminue de plus de moitié entre 1929 et 1933. Les pays qui dépendaient des prêts américains sont les plus touchés. C'est le cas de l'Allemagne, qui compte près de 6 millions de chômeurs en 1932 ; le chômage et la misère y nourriront bientôt la montée des extrémismes.

Pour sortir de la crise, le nouveau président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt, élu en novembre 1932, lance à partir de 1933 une grande politique de relance appelée le New Deal (« la nouvelle donne ») : l'État intervient directement dans l'économie, finance de grands travaux pour donner du travail aux chômeurs, aide les agriculteurs, contrôle les banques et soutient les plus pauvres. Le New Deal réduit le chômage et redonne confiance, mais il ne fait pas totalement disparaître la crise, qui ne s'achèvera vraiment qu'avec la Seconde Guerre mondiale. À retenir : un krach boursier parti de Wall Street en octobre 1929 a déclenché, par une réaction en chaîne, une crise économique mondiale — la Grande Dépression — marquée par les faillites, l'effondrement de la production et du commerce, le chômage de masse et la misère pendant toute la décennie 1930.

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Les erreurs fréquentes

Croire que la crise de 1929 est seulement un problème de Bourse, qui ne concerne que les riches actionnaires.
Le krach de la Bourse n'est que le point de départ. Par une réaction en chaîne (faillites de banques, plus de crédit, baisse de la production, licenciements), la crise touche toute l'économie et, surtout, des millions de gens ordinaires : ouvriers au chômage, familles ruinées, paysans expulsés. C'est une crise économique et sociale, pas seulement financière.
Penser que la crise de 1929 est restée un problème américain.
Parce que les États-Unis sont au centre de l'économie mondiale, la crise se diffuse au monde entier : ils rapatrient leurs capitaux, cessent de prêter et réduisent leurs importations (protectionnisme). Le commerce mondial s'effondre et des pays comme l'Allemagne sont durement frappés. La crise de 1929 devient une crise mondiale : la Grande Dépression.

Tu maîtrises la notion si…

  • Expliquer le déclenchement de la crise : la spéculation des années 1920, puis le krach boursier de Wall Street du 24 octobre 1929 (le « jeudi noir »).
  • Décrire la réaction en chaîne (faillites bancaires, effondrement de la production et du commerce, diffusion mondiale) qui transforme le krach en crise économique mondiale, la Grande Dépression.
  • Relier la crise économique à ses conséquences sociales : le chômage de masse (près de 13 millions de chômeurs aux États-Unis) et la misère des années 1930.

Vérifie que tu as compris

  1. En quelle année éclate le krach boursier de Wall Street ?

    Réponse 1929

    Le krach de la Bourse de New York (Wall Street) a lieu en octobre 1929 : c'est le point de départ de la crise.

  2. Qu'est-ce qui déclenche la crise économique mondiale des années 1930 ?

    Réponse L'effondrement de la Bourse de New York en 1929

    Le krach de 1929 ruine des millions d'épargnants et d'entreprises, puis la crise se propage au monde entier.

  3. Quelle est une conséquence majeure de la crise des années 1930 ?

    Réponse Un chômage de masse et la misère

    La crise entraîne des faillites, l'effondrement de la production et un chômage massif (millions de sans-emploi).

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

L’étincelle : le krach de Wall Street, le « jeudi noir » du 24 octobre 1929.

À New York, les cours de la Bourse s’effondrent brutalement : c’est le krach boursier.

Comprendre

Une réaction en chaîne transforme le krach en crise économique mondiale.

Actionnaires ruinés → faillites des banques → plus de crédit → chute de la production → licenciements.

Appliquer

≈ 13 millions de chômeurs aux États-Unis en 1932 ; soupes populaires et bidonvilles (« Hoovervilles »).

Sans crédit, les entreprises licencient ; sans revenus ni aides, les familles tombent dans la misère.

Transférer

Les États-Unis, au centre de l’économie mondiale, rapatrient leurs capitaux et cessent de prêter.

Le chômage et la misère nourrissent la colère : un danger pour la démocratie.

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