L’accessibilité : un design pour tous
Un enfant, une personne âgée, quelqu’un les bras chargés : la même porte. Qui passe sans effort ? Un objet bien conçu ne choisit pas ses utilisateurs.
L'essentiel
Un objet est accessible quand presque tout le monde peut s'en servir : un enfant, une personne âgée, une personne en situation de handicap, ou toi avec les mains mouillées et un sac dans l'autre main. Pour le vérifier, tu regardes trois choses : l'âge de l'utilisateur, le handicap éventuel et le contexte d'usage. Chaque fois qu'un choix de conception lève un obstacle, tu dois pouvoir dire lequel et pour qui.
Et souvent, ce qui a été pensé pour quelques-uns rend l'objet plus simple pour tout le monde.
L'idée à retenir
Un objet est ACCESSIBLE quand il est utilisable par le plus grand nombre, sans effort ni connaissance particulière. On caractérise son accessibilité avec TROIS facteurs : l’âge, le handicap (moteur, visuel, auditif) et le contexte d’usage (mains mouillées, gants, bruit, une seule main libre). Et ce qui est conçu pour quelques-uns finit par profiter à tous : c’est pourquoi on vise UN SEUL objet utilisable par tous, pas un objet à part.
Comment ça marche, étape par étape
- TROIS FACTEURS, PAS UN SEUL — Pour juger l’accessibilité d’un objet, on l’examine sous trois projecteurs : l’ÂGE (petites mains de l’enfant, vue et force de la personne âgée), le HANDICAP (moteur, visuel, auditif) et le CONTEXTE D’USAGE, le plus oublié (mains mouillées, gants, bruit, obscurité, bras chargés). Une poignée à levier s’abaisse avec le coude : elle sert à qui ne peut pas serrer… et à qui porte des courses.
- CONÇU POUR QUELQUES-UNS, UTILE À TOUS — La rampe est pensée pour le fauteuil roulant… et la poussette, la valise à roulettes et le chariot du livreur la prennent aussi. On cherche donc UN SEUL objet utilisable par tous : fabriquer un objet ordinaire et un objet « à part » coûte plus cher et met les personnes à l’écart.
Comprendre
Un objet est accessible quand il peut être utilisé par le plus grand nombre, sans effort particulier et sans connaissance spéciale. Pour caractériser son accessibilité, on l'examine selon trois facteurs. L'âge d'abord : un enfant n'a ni la taille ni la force d'un adulte, et une personne âgée voit moins bien de près et a moins de force dans les doigts.
Le handicap ensuite : un handicap moteur empêche de saisir et de tourner, un handicap visuel empêche de lire un texte petit et pâle, un handicap auditif empêche d'entendre un signal sonore. Le contexte d'usage enfin, souvent oublié : on peut avoir les mains mouillées ou gantées, être dans le bruit ou dans l'obscurité, ou n'avoir qu'une seule main libre parce qu'on porte un sac. Chacun de ces facteurs se traduit par un choix de conception que l'on doit savoir justifier, c'est-à-dire expliquer quel obstacle il lève et pour qui.
Une poignée à levier s'abaisse avec le coude ou l'avant-bras, alors qu'un bouton rond demande de saisir et de tourner. De gros caractères très contrastés se lisent de loin ou avec une mauvaise vue. Un repère en relief sur une touche se trouve au doigt, sans regarder.
Un signal à la fois sonore et lumineux passe même si on n'entend pas ou si on ne regarde pas. Il faut retenir une idée forte : ce qui est conçu pour quelques-uns profite souvent à tous. Une rampe sert au fauteuil roulant, mais aussi à la poussette, à la valise à roulettes et au livreur.
Le cours
Quand on conçoit un objet technique, on se demande toujours qui va s'en servir. Si on ne pense qu'à un utilisateur moyen, jeune, en pleine forme et attentif, on écarte sans le vouloir une grande partie des gens. L'accessibilité, c'est justement la qualité d'un objet utilisable par le plus grand nombre, sans effort ni connaissance particulière.
Pour la caractériser, on passe en revue trois facteurs. D'abord l'âge : un enfant a de petites mains et peu de force, une personne âgée lit mal les petits caractères et serre moins fort. Ensuite le handicap : moteur, quand on ne peut pas tourner un bouton ni serrer une poignée ; visuel, quand on ne lit pas un texte minuscule et peu contrasté ; auditif, quand on n'entend pas le bip de fin de cycle.
Enfin le contexte d'usage, le plus oublié des trois : les mains mouillées à la sortie de la douche, les gants en hiver, le bruit d'une rue, l'obscurité d'un couloir, ou tout simplement une seule main libre parce que l'autre porte un sac de courses. À chaque fois, il faut savoir justifier le choix de conception retenu, c'est-à-dire dire quel obstacle il lève et pour quel utilisateur. Une poignée de porte à levier s'abaisse avec le coude, l'avant-bras ou le poignet : elle convient à qui ne peut pas serrer, mais aussi à qui a les bras chargés.
De gros caractères bien contrastés sur un distributeur se lisent par une personne âgée comme par un élève pressé. Un petit repère en relief sur une touche permet de la trouver au doigt sans regarder. Un signal à la fois sonore et lumineux prévient celui qui n'entend pas comme celui qui a le dos tourné.
On retrouve toujours la même règle : ce qui est conçu au départ pour quelques utilisateurs finit par servir à tout le monde. Une rampe d'accès est faite pour un fauteuil roulant, et elle sert aussi à la poussette, à la valise à roulettes et au livreur qui pousse son chariot. Encore faut-il qu'elle soit correctement dimensionnée : en France, la pente d'une rampe d'accès ne doit pas dépasser 6 % (arrêté du 8 décembre 2014), c'est-à-dire 6 cm de montée pour 1 mètre parcouru — une pente plus forte n'est tolérée que sur de très courtes longueurs.
Une rampe trop raide n'est pas franchissable seul en fauteuil : elle ne rend pas l'entrée accessible. C'est pourquoi on cherche un seul objet utilisable par tous, plutôt qu'un objet ordinaire et un objet à part.
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Penser que l'accessibilité ne concerne que les personnes en situation de handicap.
- Elle concerne aussi l'âge et le contexte d'usage. Une notice écrite trop petit gêne une personne âgée, et un bouton glissant gêne quiconque a les mains mouillées ou gantées. Le handicap n'est que l'un des trois facteurs.
- Croire qu'un objet accessible est forcément un objet à part, spécial, réservé à certains utilisateurs.
- On cherche au contraire à concevoir un seul objet utilisable par tous. Fabriquer deux objets séparés coûte plus cher et met les personnes à l'écart, alors qu'une bonne solution sert tout le monde à la fois.
Tu maîtrises la notion si…
- Caractériser l'accessibilité d'un objet en examinant les trois facteurs : l'âge, le handicap et le contexte d'usage.
- Justifier un choix de conception en disant quel obstacle il lève et pour quel utilisateur (poignée à levier, gros caractères contrastés, repère en relief, signal sonore et lumineux).
- Expliquer que ce qui est conçu pour quelques-uns profite souvent à tous, et qu'on vise un seul objet utilisable par tous plutôt qu'un objet à part.
Vérifie que tu as compris
Qu'est-ce qu'un objet accessible ?
Réponse Un objet utilisable par le plus grand nombre, quels que soient l'âge, le handicap et le contexte d'usage
L'accessibilité vise le plus grand nombre. Elle prend en compte l'âge, le handicap, mais aussi le contexte d'usage : mains mouillées ou gantées, bruit, obscurité, une seule main libre. C'est le versant le plus exigeant de ce que le programme appelle « l'ergonomie liée à l'usage ». Elle ne se confond ni avec le prix ni avec l'éco-conception.
Une rampe d'accès est installée à l'entrée d'un bâtiment. Qui en profite ?
Réponse Le fauteuil, mais aussi les poussettes et les valises à roulettes
Une solution pensée pour quelques-uns profite très souvent à tous : c'est l'un des grands intérêts de l'accessibilité. La rampe sert au fauteuil roulant, mais aussi à la poussette, à la valise à roulettes et au livreur chargé.
Document (valeurs d'exemple) — extrait du cahier des charges d'un distributeur de boissons pour le hall du collège. Exigence « utilisable depuis un fauteuil roulant » : critère : hauteur des boutons ; niveau : entre 0,90 m et 1,30 m du sol. Exigence « lisible » : critère : hauteur des chiffres des prix ; niveau : au moins 15 mm. Que fixe le niveau de la première exigence ?
Réponse Les boutons doivent être entre 0,90 m et 1,30 m du sol
Le niveau d'une exigence est sa valeur attendue avec son unité : ici une plage, de 0,90 m à 1,30 m du sol. « Au moins 15 mm », c'est l'erreur type « lire la ligne voisine » : c'est le niveau de l'exigence « lisible ». « 1,30 m ou plus haut », c'est « retourner une borne » : 1,30 m est la hauteur MAXIMALE — plus haut, une personne assise n'atteint plus les boutons. « Utilisable depuis un fauteuil roulant », c'est « recopier l'intitulé au lieu du niveau » : c'est ce que l'exigence vise, pas la valeur qui permet de la vérifier.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Accessible = utilisable par le plus grand nombre, quels que soient l’âge, le handicap et le contexte.
Ni le prix, ni un objet réservé à certains : regarde les trois projecteurs braqués sur la porte — âge, handicap, contexte d’usage.
La rampe, pensée pour le fauteuil, sert à la poussette, à la valise, au chariot.
Suis chaque utilisateur sur la rampe : un seul aménagement lève l’obstacle des marches pour tous. Âge, handicap, contexte : donne un exemple pour chacun.
Un voyant EN PLUS du bip · une grosse molette contrastée, en relief.
Justifier = nommer l’obstacle levé et l’utilisateur : le voyant sert à qui n’entend pas le bip (ou dans le bruit) ; la molette en relief à qui voit mal ou a les mains prises.
Handicap, âge, contexte : l’aménagement pensé pour un seul profite à beaucoup.
Le fauteuil d’abord (handicap moteur), puis l’âge (poussette, personne âgée qui évite les marches) et le contexte (valise, chariot du livreur, bras chargés).
Dans le même chapitre
- Qu’est-ce que le design ?
- Innover : améliorer ou inventer
- Une évolution : ses avantages, ses inconvénients
Voir tout le chapitre « Le design centré utilisateur & l'innovation » →