Relier deux propositions — 4ᵉ
« Le match est annulé » et « il pleut ». Deux propositions, trois façons de les relier — et le lien choisi change tout : à plat ou en étage.
L'essentiel
Tu sais compter les propositions d'une phrase complexe. Reste à comprendre comment elles s'accrochent les unes aux autres. Il y a exactement trois façons de relier deux propositions.
Première façon, la JUXTAPOSITION : on les met côte à côte avec un simple signe de ponctuation, sans mot de liaison — « Le match est annulé : il pleut. » Les deux propositions sont au même niveau, comme deux briques posées l'une à côté de l'autre. Deuxième façon, la COORDINATION : on les relie par un petit mot appelé coordonnant. Ils sont six : mais, ou, et, or, ni, car.
(Tu entendras peut-être l'ancien moyen mnémotechnique « Mais où est donc Ornicar ? », qui en comptait sept : depuis la terminologie grammaticale officielle de 2020, « donc » n'en fait plus partie — c'est un ADVERBE de liaison, comme « pourtant » ou « cependant ».) « Le match est annulé car il pleut. » Là encore, les deux propositions restent au même niveau ; le coordonnant dit seulement le sens du lien. Troisième façon, la SUBORDINATION : on accroche une proposition SOUS une autre, à l'aide d'une conjonction de subordination (quand, que, parce que, si…) ou d'un pronom relatif (qui, que, dont, où). « Le match est annulé parce qu'il pleut. » Ici, ce n'est plus l'égalité : « Le match est annulé » est la proposition PRINCIPALE, et « parce qu'il pleut » est la proposition SUBORDONNÉE, qui dépend de la principale et ne peut pas vivre seule. Juxtaposition et coordination = deux briques à plat ; subordination = une brique posée SUR l'autre.
Le choix du lien change la hiérarchie du sens.
L'idée à retenir
Il y a trois façons de relier deux propositions. La JUXTAPOSITION : par un simple signe de ponctuation, sans mot de liaison (« Le match est annulé : il pleut. »). La COORDINATION : par un coordonnant — ils sont six : mais, ou, et, or, ni, car (« Le match est annulé car il pleut. » ; « donc » n'en fait pas partie : c'est un adverbe de liaison). Dans ces deux cas, les propositions restent au même niveau, indépendantes. La SUBORDINATION : par une conjonction de subordination (parce que, quand, que, si…) ou un pronom relatif ; là, une proposition DÉPEND de l'autre (« Le match est annulé parce qu'il pleut. » : principale + subordonnée). À plat = égalité ; en étage = dépendance. Même la cause se dit des deux façons : « car » (coordination) ou « parce que » (subordination).
Comprendre
Relier deux propositions, c'est choisir entre trois modes de liaison, qu'il faut savoir distinguer. 1) La JUXTAPOSITION : les propositions sont reliées par un simple signe de ponctuation (virgule, point-virgule, deux-points), sans mot de liaison. « Le match est annulé : il pleut. » Les deux propositions sont indépendantes et de même rang. 2) La COORDINATION : les propositions sont reliées par une conjonction de coordination ; il y en a six : mais, ou, et, or, ni, car. (L'ancien moyen mnémotechnique « Mais où est donc Ornicar ? » en listait sept ; depuis la terminologie grammaticale officielle de 2020, « donc » en est retiré et compte comme un adverbe de liaison, au même titre que « pourtant » ou « cependant ».) « Le match est annulé car il pleut. » Elles restent indépendantes et de même rang ; le coordonnant précise le rapport de sens (addition, opposition, choix, cause…). 3) La SUBORDINATION : une proposition en introduit une autre au moyen d'une conjonction de subordination (quand, que, parce que, si, lorsque, comme) ou d'un pronom relatif (qui, que, dont, où). « Le match est annulé parce qu'il pleut. » Cette fois, il y a une HIÉRARCHIE : la proposition PRINCIPALE (« Le match est annulé ») peut exister seule ; la proposition SUBORDONNÉE (« parce qu'il pleut ») dépend d'elle et ne peut pas être employée seule. La distinction fondamentale est donc celle du RANG : juxtaposition et coordination laissent les propositions au même niveau (propositions indépendantes) ; la subordination crée un rapport de dépendance (principale + subordonnée).
Détail utile : la cause peut se dire par coordination (« car ») ou par subordination (« parce que ») — même sens, structure différente. Le mot de liaison n'est donc pas qu'un détail : il fixe la hiérarchie des idées dans la phrase.
Le cours
Analyser une phrase complexe, ce n'est pas seulement compter ses propositions : c'est aussi voir COMMENT elles tiennent ensemble. Prenons deux propositions simples : « Le match est annulé » et « il pleut ». Il existe exactement trois façons de les relier — et chacune raconte les choses autrement.
Première façon : la JUXTAPOSITION. On pose les deux propositions côte à côte, séparées par un simple signe de ponctuation — une virgule, un point-virgule ou des deux-points — sans aucun mot de liaison. « Le match est annulé : il pleut. » Les deux propositions sont indépendantes et de même rang : ni l'une ni l'autre ne commande. Le lien de sens (ici, la cause) reste implicite : c'est au lecteur de le deviner.
Deux briques posées à plat, l'une à côté de l'autre. Deuxième façon : la COORDINATION. On relie les deux propositions par un COORDONNANT (une conjonction de coordination).
Ils sont SIX : mais, ou, et, or, ni, car. Tu connais peut-être la phrase « Mais où est donc Ornicar ? » : c'est un ancien moyen mnémotechnique, qui en comptait sept. Depuis la terminologie grammaticale officielle de 2020, « donc » n'est plus une conjonction de coordination : c'est un ADVERBE de liaison, comme « pourtant », « cependant » ou « ainsi ».
Retiens donc la liste des six. « Le match est annulé car il pleut. » Ici encore, les deux propositions restent indépendantes et de même rang. La différence avec la juxtaposition, c'est que le coordonnant DIT le lien : « car » annonce la cause, « mais » l'opposition, « ou » le choix, « et » l'addition. Toujours deux briques à plat, mais reliées par un petit mot qui explique le rapport.
Troisième façon : la SUBORDINATION. Cette fois, on n'accroche plus les propositions côte à côte : on en glisse une SOUS l'autre. Le mot qui sert d'accroche est soit une conjonction de subordination (quand, que, parce que, si, lorsque, comme, puisque), soit un pronom relatif (qui, que, dont, où). « Le match est annulé parce qu'il pleut. » Regarde bien : « Le match est annulé » peut se dire seul, c'est la proposition PRINCIPALE.
Mais « parce qu'il pleut » ne peut PAS vivre seul : c'est la proposition SUBORDONNÉE, qui dépend de la principale. Ce n'est plus l'égalité, c'est une HIÉRARCHIE : une brique posée SUR l'autre. Le plus frappant, c'est qu'on peut dire la même idée de cause de deux manières : « Le match est annulé car il pleut. » (coordination : deux propositions égales) et « Le match est annulé parce qu'il pleut. » (subordination : une principale, une subordonnée).
Même sens, structure grammaticale différente. C'est la preuve que le choix du lien n'est jamais neutre : il fixe le rang des propositions et la hiérarchie des idées. Pour reconnaître le mode de liaison, pose-toi les bonnes questions.
Y a-t-il seulement un signe de ponctuation entre les deux propositions ? → juxtaposition. Y a-t-il un coordonnant (mais, ou, et, or, ni, car) ? → coordination. Y a-t-il une conjonction de subordination ou un pronom relatif qui rend une proposition dépendante de l'autre ? → subordination.
Juxtaposition et coordination : des propositions indépendantes. Subordination : une principale et sa subordonnée.
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Les erreurs fréquentes
- Croire que deux propositions séparées par une virgule sont « coordonnées ».
- S'il n'y a qu'un signe de ponctuation et aucun mot de liaison, c'est de la JUXTAPOSITION, pas de la coordination. La coordination exige un coordonnant (mais, ou, et, or, ni, car). « Le tonnerre gronde, la pluie redouble. » = juxtaposition ; « Le tonnerre gronde et la pluie redouble. » = coordination.
- Confondre coordination et subordination parce que les deux relient des propositions par un mot.
- La coordination (mais, ou, et, or, ni, car) laisse les propositions au même niveau, indépendantes. La subordination (parce que, quand, que, si… ou un pronom relatif) rend une proposition dépendante de l'autre : il y a alors une principale et une subordonnée. « car il pleut » = coordination ; « parce qu'il pleut » = subordination.
- Penser que « car » et « parce que » fonctionnent pareil parce qu'ils disent tous les deux la cause.
- Ils ont le même sens (la cause) mais pas le même statut : « car » est une conjonction de coordination (les deux propositions restent indépendantes), « parce que » une conjonction de subordination (elle introduit une subordonnée dépendante de la principale).
- Compter « donc » parmi les conjonctions de coordination, à cause de la phrase « Mais où est donc Ornicar ? ».
- La terminologie grammaticale officielle (2020) ne retient que SIX coordonnants : mais, ou, et, or, ni, car. « Donc » en a été retiré : c'est un ADVERBE de liaison, comme « pourtant », « cependant » ou « ainsi ». Il exprime bien la conséquence, mais il ne se comporte pas comme une conjonction de coordination : contrairement à elle, il peut se déplacer à l'intérieur de sa proposition — « Je suis fatigué, je me couche donc tôt. » —, alors que « car » ou « mais » restent bloqués entre les deux propositions.
Tu maîtrises la notion si…
- Distinguer les trois modes de liaison : juxtaposition (ponctuation seule), coordination (coordonnant), subordination (conjonction de subordination ou pronom relatif).
- Reconnaître les six coordonnants (mais, ou, et, or, ni, car), et savoir que « donc » est un adverbe de liaison et non une conjonction de coordination.
- Expliquer la différence entre propositions indépendantes (même rang) et principale / subordonnée (dépendance).
- Montrer qu'une même idée (par exemple la cause) peut être dite par coordination (« car ») ou par subordination (« parce que »).
Vérifie que tu as compris
Dans « Le match est annulé car il pleut. », quel est le mode de liaison entre les deux propositions ?
Réponse La coordination : « car » est une conjonction de coordination
« Car » fait partie des six conjonctions de coordination : mais, ou, et, or, ni, car. (L'ancienne phrase « Mais où est donc Ornicar ? » en comptait sept ; depuis la terminologie grammaticale officielle de 2020, « donc » n'y figure plus : c'est un adverbe de liaison.) Il relie deux propositions qui restent indépendantes, au même niveau. Ce n'est pas de la juxtaposition (qui n'utilise qu'un signe de ponctuation, sans mot de liaison) ni de la subordination (qui rendrait une proposition dépendante, comme le ferait « parce que »).
« Le match est annulé car il pleut. » et « Le match est annulé parce qu'il pleut. » disent la même cause. Quelle est la différence grammaticale ?
Réponse « car » coordonne ; « parce que » subordonne
Même sens (la cause), mais statut grammatical différent. « Car » est une conjonction de coordination : les deux propositions restent indépendantes, au même rang. « Parce que » est une conjonction de subordination : « Le match est annulé » devient la proposition principale, et « parce qu'il pleut » la proposition subordonnée, qui dépend de la principale et ne peut pas se dire seule. La coordination garde l'égalité, la subordination crée une hiérarchie.
« La cloche sonne ; les couloirs se vident. » Comment les deux propositions sont-elles reliées ?
Réponse Par juxtaposition : un simple point-virgule, sans aucun mot de liaison
Trois modes de liaison, trois signatures. JUXTAPOSITION : un simple signe de ponctuation — virgule, point-virgule ou deux-points — et aucun mot de liaison ; c'est le cas ici, et le lien de sens reste implicite. COORDINATION : un coordonnant — ils sont six : mais, ou, et, or, ni, car (« donc » est un adverbe de liaison, pas un coordonnant) —, qui dit le rapport (« La cloche sonne et les couloirs se vident. »). SUBORDINATION : une conjonction de subordination ou un pronom relatif, qui rend une proposition dépendante (« Les couloirs se vident quand la cloche sonne. »). Juxtaposées ou coordonnées, les propositions restent au même rang.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Juxtaposition, coordination, subordination : trois liens, deux niveaux.
Regarde ce qui relie les deux propositions : un simple signe ? un coordonnant ? une conjonction qui rend l'une dépendante ?
Le test de l'autonomie : « il pleut » se dit seul, « parce qu'il pleut » non.
Coupe la phrase en deux : si les DEUX morceaux se disent seuls, c'est de la coordination ; si le second ne peut pas vivre seul, c'est une subordonnée.
Une virgule ? un coordonnant ? une conjonction de subordination ?
Pas de mot de liaison → juxtaposition ; un coordonnant (et, car…) → coordination ; « parce que », « quand »… → subordination.
Les mêmes idées, trois constructions : à plat, puis en étage.
Version 1 : une virgule. Version 2 : un coordonnant (car, et, mais…). Version 3 : « parce que » → principale + subordonnée.