La phrase complexe
« Le vent se lève, les volets claquent et la pluie tambourine. » Une seule phrase — mais combien de propositions ? La réponse tient dans un geste : compte les verbes conjugués.
L'essentiel
En 4e, tu vas démonter des phrases longues et emboîtées : les phrases complexes. La méthode tient en un geste, et ce geste ne change jamais : SOULIGNE LES VERBES CONJUGUÉS, puis compte-les. Pourquoi ?
Parce que chaque verbe conjugué commande sa propre PROPOSITION — une proposition, c'est un bloc de phrase organisé autour d'UN verbe conjugué. Résultat : le nombre de verbes conjugués = le nombre de propositions. « L'orage approche. » : un seul verbe conjugué (approche) → une proposition → phrase SIMPLE. « Le vent se lève, les volets claquent et la pluie tambourine. » : trois verbes conjugués (se lève, claquent, tambourine) → trois propositions → phrase COMPLEXE. Une fois les verbes comptés, on DÉLIMITE : on met chaque proposition entre crochets, [Le vent se lève], [les volets claquent] et [la pluie tambourine].
Attention à deux pièges. Piège 1 : seuls les verbes CONJUGUÉS comptent ; « Léa veut partir. » n'a qu'un verbe conjugué (veut), « partir » est à l'infinitif → phrase simple. Piège 2 : la longueur ne dit rien — une phrase peut être longue et simple.
Enfin, une phrase peut n'avoir aucun verbe conjugué : « Quel orage ! » est une vraie phrase, dite non verbale.
L'idée à retenir
Pour analyser une phrase complexe, une seule méthode : compter les VERBES CONJUGUÉS. Chaque verbe conjugué est le noyau d'une PROPOSITION, donc autant de verbes conjugués, autant de propositions. Un verbe → phrase SIMPLE ; deux ou plus → phrase COMPLEXE ; aucun → phrase NON VERBALE (« Quel orage ! »). Une fois comptés, on délimite chaque proposition entre crochets. Deux pièges : l'infinitif ne compte pas (« Léa veut partir. » = un seul verbe conjugué = simple) et la longueur ne prouve rien.
Comment ça marche, étape par étape
- COMPTE LES VERBES CONJUGUÉS — « Le vent se lève, les volets claquent et la pluie tambourine. » On souligne les verbes qui portent la personne et le temps : « se lève », « claquent », « tambourine ». Trois verbes conjugués. Or chaque verbe conjugué commande sa propre proposition : trois verbes → trois propositions → la phrase est COMPLEXE. On ne compte ni les virgules ni les mots : seulement les verbes conjugués.
- DÉLIMITE LES PROPOSITIONS — Une fois les verbes comptés, on trace la frontière de chaque bloc : [Le vent se lève], [les volets claquent] et [la pluie tambourine]. Chaque crochet contient exactement UN verbe conjugué, son noyau. Les propositions sont ici reliées par une virgule puis par « et ». Délimiter, c'est rendre visible la charpente de la phrase — le premier geste de toute analyse de la phrase complexe.
Comprendre
La phrase complexe est le cœur du programme de 4e, et son analyse repose sur une notion clé : la PROPOSITION. Une proposition est un ensemble de mots organisé autour d'UN verbe conjugué. De là découle LA règle : autant de verbes conjugués, autant de propositions.
La méthode d'analyse est donc mécanique et sûre : 1) souligner les verbes conjugués (ceux qui portent les marques de personne et de temps) ; 2) les compter ; 3) délimiter chaque proposition entre crochets. Le compte classe la phrase. UN verbe conjugué → phrase SIMPLE (une seule proposition) : « L'orage approche. » DEUX verbes conjugués ou plus → phrase COMPLEXE : « Le vent se lève, les volets claquent et la pluie tambourine. » — trois verbes, donc trois propositions : [Le vent se lève], [les volets claquent] et [la pluie tambourine].
Délimiter, c'est tracer la frontière de chaque bloc, chacun avec son noyau verbal. Deux pièges classiques faussent le compte. D'abord l'infinitif et le participe : ils ne sont pas conjugués et ne comptent pas — « Léa veut partir. » ne contient qu'un verbe conjugué (veut) ; « partir » est un infinitif → phrase simple.
Ensuite la longueur : elle ne prouve rien. « Le petit chat noir de la voisine dort paisiblement sur le mur du jardin. » est longue mais SIMPLE (un seul verbe conjugué : dort). Enfin, certaines phrases n'ont aucun verbe conjugué : ce sont les phrases NON VERBALES, souvent organisées autour d'un nom (« Quel orage ! », « Entrée interdite. »), fréquentes dans les titres, les panneaux et les exclamations. Compter les verbes conjugués et délimiter les propositions : voilà le premier geste de toute analyse de phrase complexe.
Le cours
La 4e, c'est l'année où l'on apprend à démonter les phrases complexes, celles qui emboîtent plusieurs actions. Pour ne jamais se perdre, il existe une méthode unique, valable toute l'année : compter les VERBES CONJUGUÉS. Tout repose sur une notion : la PROPOSITION.
Une proposition est un morceau de phrase organisé autour d'UN verbe conjugué. C'est le verbe conjugué qui fait exister la proposition : pas de verbe conjugué, pas de proposition. D'où la règle d'or de l'année : LE NOMBRE DE VERBES CONJUGUÉS = LE NOMBRE DE PROPOSITIONS.
La méthode se fait en trois gestes. Geste 1 : souligne les verbes conjugués. Un verbe conjugué porte les marques de la personne et du temps : « approche », « se lève », « claquent », « tambourine », « tombera », « ont chanté ».
Geste 2 : compte-les. Geste 3 : délimite chaque proposition entre crochets. Le compte range la phrase dans une famille.
UN SEUL verbe conjugué → PHRASE SIMPLE : « L'orage approche. » Un verbe (approche), une proposition, c'est tout. DEUX verbes conjugués OU PLUS → PHRASE COMPLEXE. « Le vent se lève, les volets claquent et la pluie tambourine. » Comptons : « se lève », « claquent », « tambourine » — trois verbes conjugués. Donc trois propositions.
On délimite : [Le vent se lève], [les volets claquent] et [la pluie tambourine]. Chaque crochet contient exactement un noyau verbal. Les propositions peuvent être reliées par un signe de ponctuation (la virgule) ou par un mot de liaison (« et ») — c'est la leçon suivante.
Deux pièges peuvent fausser le compte, et il faut les connaître par cœur. Piège numéro un : ne compter QUE les verbes conjugués. Les infinitifs et les participes ne comptent pas. « Léa veut partir. » : « veut » est conjugué, « partir » est à l'infinitif.
Un seul verbe conjugué → phrase SIMPLE, même s'il y a deux verbes à l'écrit. Piège numéro deux : la longueur ne prouve rien. « Le petit chat noir de la voisine dort paisiblement sur le mur du jardin. » est une longue phrase… mais SIMPLE : un seul verbe conjugué (dort). À l'inverse, « Il pleut, je lis. » est courte mais COMPLEXE (deux verbes : pleut, lis).
Ne juge jamais à la taille : compte les verbes. Dernier cas : la PHRASE NON VERBALE. Certaines phrases n'ont aucun verbe conjugué et sont pourtant de vraies phrases (majuscule, point, sens complet) : « Quel orage ! », « Entrée interdite. », « Silence. » Elles s'organisent souvent autour d'un nom (phrase nominale) et servent à être bref et frappant : titres de journaux, panneaux, exclamations.
Retiens la séquence complète : souligne les verbes conjugués → compte-les → délimite les propositions. Un verbe = simple ; plusieurs = complexe ; aucun = non verbale. Ce réflexe est la clé de toute l'analyse de la phrase en 4e.
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Compter tous les verbes, y compris les infinitifs et les participes, pour décider si la phrase est simple ou complexe.
- Seuls les verbes CONJUGUÉS comptent (ils portent la personne et le temps). Dans « Léa veut partir. », « partir » est à l'infinitif : il ne compte pas. Un seul verbe conjugué (veut) → phrase simple, une seule proposition.
- Croire qu'une phrase longue est forcément complexe, et qu'une phrase courte est forcément simple.
- La longueur ne dit rien : seul le nombre de verbes conjugués compte. « Le petit chat noir de la voisine dort sur le mur. » est longue mais simple (un verbe : dort) ; « Il pleut, je lis. » est courte mais complexe (deux verbes : pleut, lis).
- Découper une phrase complexe n'importe où, sans faire correspondre chaque proposition à un verbe conjugué.
- Chaque proposition contient exactement UN verbe conjugué : c'est lui qui sert de repère pour tracer les crochets. « Le vent se lève, les volets claquent. » se délimite en [Le vent se lève] et [les volets claquent], un verbe par bloc.
Tu maîtrises la notion si…
- Souligner les verbes conjugués d'une phrase, les compter et en déduire si elle est simple, complexe ou non verbale.
- Délimiter les propositions d'une phrase complexe entre crochets, une proposition par verbe conjugué.
- Éviter le piège de l'infinitif (« Léa veut partir. » = simple) et celui de la longueur.
- Reconnaître une phrase non verbale et citer un contexte où on l'emploie (titre, panneau, exclamation).
Vérifie que tu as compris
Combien de propositions contient « Le vent se lève, les volets claquent et la pluie tambourine. » ?
Réponse Trois, car il y a trois verbes conjugués (se lève, claquent, tambourine)
La méthode est toujours la même : on compte les verbes conjugués, car chaque verbe conjugué est le noyau d'une proposition. Ici : « se lève », « claquent », « tambourine » — trois verbes conjugués, donc trois propositions, qu'on délimite : [Le vent se lève], [les volets claquent] et [la pluie tambourine]. La phrase est complexe. On ne compte ni les virgules ni les groupes de mots : seulement les verbes conjugués.
« Léa veut partir. » est-elle une phrase simple ou complexe ?
Réponse Simple : un seul verbe conjugué (veut) ; « partir » est un infinitif
C'est le piège de l'infinitif. On ne compte QUE les verbes conjugués (ceux qui portent la personne et le temps). « Veut » est conjugué ; « partir » est à l'infinitif : il ne compte pas. Un seul verbe conjugué → une seule proposition → phrase SIMPLE. Attention aussi à la longueur : elle ne prouve rien. Seul le nombre de verbes conjugués décide si une phrase est simple ou complexe.
« Depuis lundi, le vieux moulin abandonné du hameau voisin attire les promeneurs. » Cette phrase est-elle simple ou complexe ?
Réponse Simple : un seul verbe conjugué, « attire »
La méthode ne change jamais : souligner les verbes CONJUGUÉS, les compter, délimiter les propositions. Un seul mot porte ici les marques de la personne et du temps : « attire ». « Abandonné » est un participe passé employé comme adjectif — il qualifie « moulin » —, il ne compte pas, exactement comme l'infinitif de « Léa veut partir. » Un verbe conjugué → une proposition → phrase SIMPLE, malgré sa longueur. Souviens-toi du contre-exemple : « Il pleut, je lis. » est très courte et pourtant complexe (deux verbes conjugués).
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Une proposition par verbe conjugué : la règle qui ne change jamais.
Ne compte ni les mots ni les virgules : souligne les verbes conjugués (personne + temps), puis compte-les.
Simple, complexe ou non verbale : le compte des verbes décide.
Un verbe conjugué → simple ; deux ou plus → complexe ; aucun → non verbale. La longueur ne prouve rien.
Deux verbes conjugués → deux propositions, reliées par « et ».
Souligne « sonne » et « rentrent », puis trace les crochets autour de chaque bloc verbal.
Deux verbes conjugués = deux propositions = une phrase bien complexe.
Écris deux propositions ayant chacune leur verbe conjugué, relie-les (et, mais…), puis vérifie en comptant.