Pourquoi les dégâts sont-ils inégaux ?
Un même séisme frappe deux villes : l’une s’effondre, l’autre tient. Pourquoi ?
L'essentiel
Face à un même danger, toutes les sociétés ne réagissent pas de la même manière. La vulnérabilité, c'est la fragilité d'une société face à un aléa : plus une population est pauvre, mal informée et mal protégée (des constructions fragiles, pas de système d'alerte, peu de préparation), plus elle est vulnérable et subit de lourds dégâts. C'est pour cela qu'un même aléa, par exemple un séisme de même puissance, fait beaucoup plus de victimes dans un pays pauvre et mal préparé que dans un pays riche et préparé.
Compare deux séismes de force voisine : le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 frappe Haïti, un pays en développement, et fait plus de 200 000 morts selon les autorités haïtiennes (un chiffre discuté, mais énorme), car les maisons étaient fragiles et les secours limités ; le 17 janvier 1995, un séisme de magnitude 7,2 frappe Kōbe, au Japon, une grande ville d'un pays riche : environ 6 400 morts, un bilan lourd mais trente fois plus faible. Le Japon, aux bâtiments antisismiques et aux systèmes d'alerte, est pourtant très exposé aux séismes, mais il est bien moins vulnérable. On peut donc argumenter que, face à un même aléa, un pays pauvre est souvent plus vulnérable qu'un pays riche.
Réduire la vulnérabilité est un objectif majeur pour protéger les populations.
L'idée à retenir
Face au même aléa, les dégâts dépendent de la vulnérabilité des sociétés : la solidité des constructions, la richesse, l’organisation des secours, l’information. Un pays pauvre subit des dégâts et des victimes bien plus lourds qu’un pays riche mieux préparé. À l’inverse, une société qui se relève vite et reconstruit en mieux (digues plus hautes, maisons sur les hauteurs, comme au Japon après le tsunami de 2011) fait preuve de résilience.
Comprendre
Pour comprendre pourquoi un même danger n'a pas les mêmes conséquences partout, le géographe utilise la notion de vulnérabilité. La vulnérabilité désigne la fragilité d'une société face à un aléa, c'est-à-dire sa capacité plus ou moins grande à subir des dommages lorsqu'un aléa se réalise. Plusieurs facteurs augmentent la vulnérabilité : la pauvreté, le manque d'information et d'éducation, des constructions fragiles, l'absence de systèmes d'alerte et le manque de préparation.
Plus une population réunit ces faiblesses, plus elle est vulnérable et plus elle subit de lourds dégâts. Cette notion explique une réalité importante : face à un aléa de même puissance, les sociétés ne sont pas égales. On peut ainsi argumenter que, face à un même séisme, un pays pauvre et mal préparé est souvent beaucoup plus vulnérable qu'un pays riche et préparé.
La comparaison entre Haïti et le Japon l'illustre parfaitement, à condition de comparer deux séismes de force voisine. Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 a frappé Haïti, un pays en développement où les constructions étaient fragiles, la population pauvre et les secours limités : la catastrophe a fait plus de 200 000 morts selon les autorités haïtiennes (un chiffre discuté, mais énorme). Le 17 janvier 1995, un séisme de magnitude 7,2 a frappé Kōbe, grande ville du Japon, pays développé : environ 6 400 morts, un bilan lourd mais trente fois plus faible.
Le Japon est pourtant situé dans une zone très exposée aux séismes, mais il a construit des bâtiments antisismiques et mis en place des systèmes d'alerte performants : sa population est donc bien moins vulnérable, même lors de séismes très puissants. Attention à ne pas confondre le fait d'être exposé à un aléa et le fait d'être vulnérable : le Japon est très exposé mais peu vulnérable, car il est bien préparé. Retiens l'idée centrale : la vulnérabilité est la fragilité d'une société face à un aléa ; elle dépend surtout de la richesse, de l'information et de la préparation, si bien qu'un pays pauvre est souvent plus vulnérable qu'un pays riche face à un même danger.
Le cours
L'analyse des risques ne se limite pas à l'étude des aléas : elle doit aussi prendre en compte les sociétés qui y sont exposées, car toutes ne réagissent pas de la même façon. Pour cela, le géographe mobilise la notion de vulnérabilité. La vulnérabilité est la fragilité d'une société face à un aléa, c'est-à-dire sa capacité plus ou moins grande à subir des dommages lorsque l'aléa se réalise.
Elle est d'autant plus forte que la population est pauvre, peu ou mal informée, mal protégée par des constructions solides, et qu'elle ne dispose ni de systèmes d'alerte ni d'une réelle préparation. À l'inverse, une société riche, bien informée, dont les bâtiments respectent des normes de sécurité et qui s'entraîne à réagir, est beaucoup moins vulnérable. Cette notion permet d'expliquer une inégalité fondamentale : face à un aléa de même puissance, les sociétés ne sont pas égales.
On peut argumenter que, face à un même séisme, un pays pauvre et mal préparé est souvent beaucoup plus vulnérable qu'un pays riche et préparé, et subit donc plus de victimes et de dégâts. La comparaison entre Haïti et le Japon illustre clairement ce contraste, à condition de comparer deux séismes de force voisine. Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 a frappé Haïti, tout près de la capitale Port-au-Prince, dans un pays en développement où une grande partie des bâtiments n'étaient pas conçus pour résister aux secousses et où les moyens de secours étaient limités : la catastrophe a causé plus de 200 000 morts selon les autorités haïtiennes, un chiffre discuté mais qui donne l'ordre de grandeur.
Le 17 janvier 1995, un séisme de magnitude 7,2 avait frappé Kōbe, grande ville portuaire du Japon : environ 6 400 morts, un bilan très lourd mais trente fois plus faible, et une ville reconstruite en quelques années. Le Japon, pays riche situé dans une zone très exposée aux séismes et aux tsunamis, a en effet massivement investi dans des bâtiments antisismiques, des exercices d'évacuation et des systèmes d'alerte précoce ; sa population, mieux préparée et mieux protégée, est donc beaucoup moins vulnérable, même lors de séismes très puissants. Il faut d'ailleurs se garder d'une confusion fréquente : être exposé à un aléa n'est pas la même chose qu'être vulnérable.
Le Japon est l'un des pays les plus exposés du monde, mais il n'est pas le plus vulnérable, car il est très bien préparé. La vulnérabilité dépend donc surtout du niveau de développement, de richesse et de préparation des sociétés. C'est pourquoi réduire la vulnérabilité des populations constitue un objectif majeur des politiques de prévention, afin de limiter les pertes humaines et matérielles lorsqu'un aléa survient.
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Penser qu'un même aléa fait partout le même nombre de victimes.
- Face à un aléa de même puissance, les sociétés ne sont pas égales : un séisme de même magnitude fait beaucoup plus de victimes dans un pays pauvre et mal préparé (Haïti, 2010 : magnitude 7,0, plus de 200 000 morts selon les autorités) que dans un pays riche et préparé (Kōbe, Japon, 1995 : magnitude 7,2, environ 6 400 morts). Le bilan dépend de la vulnérabilité de la société touchée.
- Confondre « être exposé à un aléa » et « être vulnérable ».
- Un pays peut être très exposé à un aléa sans être le plus vulnérable. Le Japon est l'un des pays les plus exposés aux séismes, mais, grâce à ses bâtiments antisismiques et à sa préparation, il est peu vulnérable. À l'inverse, un pays pauvre et mal préparé, même moins exposé, peut être beaucoup plus vulnérable.
Tu maîtrises la notion si…
- Définir la vulnérabilité comme la fragilité d'une société face à un aléa (sa capacité plus ou moins grande à subir des dommages).
- Identifier les facteurs qui augmentent la vulnérabilité : pauvreté, mauvaise information, constructions fragiles, absence d'alerte, manque de préparation.
- Argumenter que, face à un même aléa, un pays pauvre est souvent plus vulnérable qu'un pays riche (exemple des séismes d'Haïti en 2010 et de Kōbe, au Japon, en 1995).
Vérifie que tu as compris
Qu'est-ce que la vulnérabilité d'une société face à un aléa ?
Réponse Sa fragilité face à un aléa, c'est-à-dire sa capacité plus ou moins grande à subir des dommages
La vulnérabilité est la fragilité d'une société face à un aléa : plus une population est fragile, plus elle subit de dommages quand l'aléa se réalise. La capacité à se relever après, elle, s'appelle la résilience.
Quel facteur rend en général une population plus vulnérable face à un aléa ?
Réponse La pauvreté, des constructions fragiles et l'absence de systèmes d'alerte
La vulnérabilité augmente avec la pauvreté, le manque d'information, des constructions fragiles, l'absence d'alerte et le manque de préparation. À l'inverse, une société riche, informée et préparée (bâtiments antisismiques, secours) est moins vulnérable.
Le séisme de Kōbe, au Japon (17 janvier 1995, magnitude 7,2), a fait environ 6 400 morts ; celui d'Haïti (12 janvier 2010, magnitude 7,0) plus de 200 000 selon les autorités. Le Japon est pourtant l'un des pays les plus exposés aux séismes. Que faut-il en conclure ?
Réponse Être exposé à un aléa n'est pas la même chose qu'être vulnérable : le Japon est exposé mais peu vulnérable
Il ne faut pas confondre être exposé et être vulnérable. Grâce à ses bâtiments antisismiques, ses alertes et sa préparation, le Japon est très exposé mais peu vulnérable. Haïti, pays pauvre et mal préparé, était très vulnérable : un aléa de force comparable (magnitude 7,0 contre 7,2 à Kōbe en 1995) y a fait environ trente fois plus de victimes.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Un même séisme, deux villes : l’une s’effondre, l’autre tient.
Compare la fragilité des deux sociétés.
La vulnérabilité dépend de la préparation.
Constructions, richesse, secours.
Constructions fragiles, secours limités.
Plus vulnérable.
La capacité à se relever après une catastrophe.
Se reconstruire, se réorganiser.