La Révolution française (1789)
1789 : pourquoi la monarchie absolue de Louis XVI, qui semblait toute-puissante, entre-t-elle en crise ?
L'essentiel
En 1789, la France est encore une monarchie absolue de droit divin : le roi Louis XVI gouverne seul et affirme tenir son pouvoir de Dieu. La société est divisée en trois ordres très inégaux : le clergé (les religieux) et la noblesse, qui sont privilégiés (honneurs, peu ou pas d'impôts), et le tiers état (paysans, artisans, bourgeois), c'est-à-dire la grande majorité, qui paie les impôts sans participer au pouvoir. Or, en 1789, tout se bloque en même temps.
L'État est presque en faillite : les guerres et les dépenses de la Cour ont creusé un énorme déficit, mais les privilégiés refusent de payer des impôts. Le peuple souffre aussi de la misère, car après les mauvaises récoltes de 1788 le prix du pain a beaucoup augmenté. Enfin, le tiers état supporte de moins en moins l'injustice des privilèges, et les idées des Lumières (liberté, égalité, critique de l'absolutisme) donnent des arguments à la colère.
Pour tenter de sauver les finances, Louis XVI convoque alors les États généraux, une grande assemblée des trois ordres. Partout, les Français rédigent des cahiers de doléances pour dire leurs plaintes et leurs espoirs. Cette réunion, prévue pour aider le roi, va en réalité ouvrir la voie à la Révolution.
L'idée à retenir
En 1789, la monarchie absolue de droit divin (Louis XVI) et la société d’ordres (clergé et noblesse privilégiés, tiers état majoritaire qui paie l’impôt) entrent en crise : une crise financière (l’État menacé de banqueroute, les privilégiés qui refusent l’impôt), une crise sociale (mauvaises récoltes de 1788, prix du pain, misère) et une crise politique et morale (refus des privilèges, idées des Lumières). Pour sauver les finances, Louis XVI convoque les États généraux (mai 1789) et l’on rédige les cahiers de doléances : la voie de la Révolution s’ouvre.
Comprendre
Pour comprendre pourquoi la Révolution éclate, il faut d'abord étudier la crise qui, en 1789, ébranle une monarchie qui paraissait pourtant toute-puissante. Le mot le plus important à comprendre ici, c'est "crise", car ce ne sont pas une mais plusieurs difficultés qui s'accumulent et se renforcent. Avant 1789, la France vit sous l'Ancien Régime : Louis XVI exerce une monarchie absolue de droit divin, il gouverne seul et pense tenir son pouvoir de Dieu.
La société est organisée en trois ordres très inégaux. Le clergé et la noblesse forment les ordres privilégiés : ils ont des honneurs et sont largement dispensés d'impôts. Le tiers état, qui rassemble presque toute la population, paie l'essentiel des impôts sans participer aux décisions.
Trois crises frappent alors ce système en même temps. D'abord une crise financière : les guerres, dont le soutien à l'indépendance américaine, et les dépenses de la Cour ont ruiné l'État, qui risque la banqueroute ; le roi voudrait faire payer les privilégiés, mais ceux-ci refusent. Ensuite une crise sociale : après les mauvaises récoltes de 1788, le prix du pain s'envole et la misère gagne le peuple.
Enfin une crise politique et morale : le tiers état n'accepte plus l'injustice des privilèges, et les idées des Lumières (liberté, égalité, raison) nourrissent la contestation de l'absolutisme. Incapable de résoudre seul le problème de l'argent, Louis XVI se résout à convoquer les États généraux, l'assemblée des trois ordres qui ne s'était plus réunie depuis 1614. Pour la préparer, les Français rédigent des cahiers de doléances où beaucoup réclament la fin des privilèges et plus d'égalité. Retiens donc l'idée centrale : en 1789, la monarchie absolue entre en crise sous l'effet de la ruine des finances, de la misère du peuple et du refus des privilèges, et la convocation des États généraux, censée sauver le roi, ouvre en fait la voie à la Révolution.
Le cours
En 1789, la France est une monarchie absolue de droit divin : le roi Louis XVI affirme tenir son pouvoir de Dieu et gouverne seul, sans partager l'autorité avec une assemblée élue. La société est organisée en trois ordres aux droits très inégaux. Le clergé et la noblesse forment les ordres privilégiés : ils bénéficient d'honneurs et sont largement dispensés d'impôts.
Le tiers état, qui regroupe l'immense majorité de la population (paysans, artisans, bourgeois), supporte le poids des impôts sans participer aux décisions. Ce système hérité de l'Ancien Régime entre en crise pour plusieurs raisons qui se renforcent. D'abord, une crise financière menace l'État de banqueroute : les guerres, notamment le soutien à l'indépendance américaine, et les dépenses de la Cour ont creusé un déficit énorme.
Le roi voudrait faire payer des impôts aux privilégiés, mais ceux-ci refusent obstinément. Ensuite, une crise sociale frappe le peuple : après les mauvaises récoltes de 1788, le prix du pain flambe et la misère s'étend, ce qui nourrit la colère. Enfin, une crise politique et morale se développe : le tiers état supporte de plus en plus mal l'injustice des privilèges, tandis que les idées des Lumières (liberté, égalité, critique de l'absolutisme) se diffusent et donnent des arguments à la contestation.
Incapable de résoudre seul la crise financière, Louis XVI se résout à convoquer les États généraux, la vieille assemblée des trois ordres qui n'avait plus été réunie depuis 1614. Ils s'ouvrent en mai 1789 à Versailles. Pour préparer cette réunion, les Français rédigent dans tout le royaume des cahiers de doléances, où ils inscrivent leurs plaintes et leurs espoirs : beaucoup y réclament plus d'égalité et la fin des privilèges. La convocation des États généraux, censée sauver la monarchie, va en réalité ouvrir la voie à la Révolution, car le tiers état va refuser de rester soumis à l'ordre ancien.
Savoir expliquer les causes financières, sociales et politiques de la crise de 1789, et relier la convocation des États généraux au mécontentement des trois ordres face aux privilèges, est un attendu de la classe de 4e.
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Les erreurs fréquentes
- Croire que la crise de 1789 est seulement un manque d'argent de l'État.
- La crise financière est réelle (l'État risque la banqueroute), mais elle se combine avec une crise sociale (misère du peuple, prix du pain après les récoltes de 1788) et une crise politique et morale (refus des privilèges, idées des Lumières). Ce sont ces trois crises réunies qui rendent la situation explosive.
- Penser que Louis XVI convoque les États généraux pour donner volontairement plus de droits au peuple.
- Le roi convoque les États généraux avant tout pour résoudre la crise financière, notamment pour faire accepter de nouveaux impôts. Ce sont ensuite les événements et le refus du tiers état de rester soumis qui transforment cette réunion en début de Révolution.
Tu maîtrises la notion si…
- Définir l'Ancien Régime : une monarchie absolue de droit divin et une société divisée en trois ordres inégaux (clergé et noblesse privilégiés, tiers état majoritaire).
- Expliquer les causes de la crise de 1789 en distinguant la crise financière, la crise sociale et la crise politique et morale.
- Relier la convocation des États généraux (mai 1789) et les cahiers de doléances au mécontentement des trois ordres face aux privilèges.
Vérifie que tu as compris
En 1789, comment nomme-t-on le régime dans lequel Louis XVI gouverne seul et affirme tenir son pouvoir de Dieu ?
Réponse La monarchie absolue de droit divin
Avant 1789, la France vit sous l'Ancien Régime : Louis XVI exerce une monarchie absolue de droit divin, il gouverne seul et pense tenir son pouvoir de Dieu.
Dans la société d'ordres de l'Ancien Régime, quel groupe forme la grande majorité de la population et paie l'essentiel des impôts sans participer au pouvoir ?
Réponse Le tiers état
La société est divisée en trois ordres inégaux : le clergé et la noblesse sont privilégiés (honneurs, peu ou pas d'impôts), tandis que le tiers état, la grande majorité, paie les impôts sans participer aux décisions.
Pourquoi dit-on qu'en 1789 la monarchie absolue traverse une véritable crise ?
Réponse Une crise financière, une crise sociale et une crise politique se combinent en même temps
La crise de 1789 réunit trois difficultés : une crise financière (l'État menacé de banqueroute, les privilégiés qui refusent l'impôt), une crise sociale (misère et hausse du prix du pain après les mauvaises récoltes de 1788) et une crise politique et morale (refus des privilèges nourri par les idées des Lumières). Pour tenter d'y répondre, Louis XVI convoque les États généraux et fait rédiger des cahiers de doléances.
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1789 : une monarchie absolue au bord de la rupture.
Pour sauver les finances, Louis XVI convoque les États généraux.
Une société d’ordres très inégale, frappée par trois crises réunies.
Crise financière, crise sociale, crise politique et morale.
Le tiers état paie l’impôt ; le clergé et la noblesse sont privilégiés.
Les idées des Lumières nourrissent la colère contre les privilèges.
Non : il convoque les États généraux pour sauver ses finances.
C’est le refus du tiers état qui ouvre la Révolution.
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