La République gaullienne et mai 1968
Années 1960 : de Gaulle dirige une France prospère et fière de son indépendance. Puis, au printemps 1968, les étudiants se révoltent et près de dix millions de personnes cessent le travail. Que réclame vraiment cette jeunesse ?
L'essentiel
De 1958 à 1969, la France est dirigée par le général de Gaulle, le premier président de la Ve République. On appelle cette période la « République gaullienne » : l'économie se modernise pendant les Trente Glorieuses, la France cherche à rester indépendante des autres grandes puissances (elle se dote même de l'arme atomique) et l'État est dirigé avec une autorité forte. Mais en mai 1968, une grande crise éclate.
Tout commence par une révolte des étudiants, puis une immense grève gagne le pays : près de dix millions de personnes cessent le travail. Au-delà des salaires ou des conditions d'études, beaucoup de jeunes réclament plus de liberté : ils contestent l'autorité, veulent changer les manières de vivre et de penser, et rêvent de s'émanciper. De Gaulle parvient à surmonter cette crise, mais il quitte le pouvoir l'année suivante, en 1969.
L'idée à retenir
De 1958 à 1969, de Gaulle, premier président de la Ve République, incarne la « République gaullienne » : modernisation économique (Trente Glorieuses), affirmation de l’indépendance nationale (force de dissuasion nucléaire, politique étrangère autonome) et autorité forte de l’État. En mai 1968, une révolte étudiante se transforme en grève générale (près de dix millions de grévistes) : au-delà des salaires, la jeunesse aspire à de nouvelles libertés. De Gaulle surmonte la crise mais quitte le pouvoir en 1969.
Comprendre
Quand la Ve République naît en 1958, c'est le général de Gaulle qui en devient le premier président ; il reste au pouvoir jusqu'en 1969. On parle de « République gaullienne » pour désigner cette période où il marque profondément la France. D'abord par la modernisation économique : le pays profite des Trente Glorieuses, une époque de forte croissance où le niveau de vie augmente. Ensuite par l'affirmation de l'indépendance nationale : de Gaulle veut que la France reste maîtresse de ses choix face aux deux Grands (les États-Unis et l'URSS).
Il dote le pays d'une force de dissuasion nucléaire (l'arme atomique) et mène une politique étrangère autonome. Enfin, il dirige l'État avec une autorité forte, en s'appuyant sur les pouvoirs importants que la Constitution donne au président. Mais en mai 1968, une grave crise éclate.
Elle commence par une révolte étudiante, puis se transforme en une grève générale qui paralyse le pays : près de dix millions de personnes cessent le travail. Cette crise n'est pas seulement une question de salaires ou de conditions d'études. Une partie de la société, surtout la jeunesse, exprime des aspirations à de nouvelles libertés : elle conteste l'autorité (celle de l'État, des patrons, des professeurs, des parents), rejette les mœurs traditionnelles et manifeste un profond désir d'émancipation.
De Gaulle finit par surmonter la crise, mais l'événement a révélé une soif de changement. Il quitte le pouvoir en 1969. Ainsi, après une décennie d'autorité gaullienne, mai 1968 exprime une aspiration à plus de liberté.
Le cours
En 1958, le général de Gaulle revient au pouvoir et fonde la Ve République ; il en devient le premier président et le reste jusqu'en 1969. Les historiens appellent cette période la « République gaullienne », car de Gaulle marque fortement la vie du pays de son autorité et de ses choix. [[scene:LS-VRP-003|Voir : la République gaullienne et mai 1968]] Trois traits la caractérisent. Le premier est la modernisation économique. La France connaît alors les Trente Glorieuses, une longue période de forte croissance qui va des années 1950 aux années 1970 : les usines produisent davantage, la consommation augmente, les familles s'équipent (automobile, télévision, électroménager) et le niveau de vie s'élève.
Le deuxième trait est l'affirmation de l'indépendance nationale. Dans le contexte de la Guerre froide, où le monde est dominé par les États-Unis et l'URSS, de Gaulle veut que la France garde la maîtrise de ses décisions. Il dote le pays d'une force de dissuasion nucléaire, c'est-à-dire de l'arme atomique, pour assurer seul sa défense, et il mène une politique étrangère autonome, sans s'aligner sur les deux Grands.
Le troisième trait est une autorité forte de l'État : grâce aux pouvoirs importants que la Constitution de 1958 confie au président, de Gaulle gouverne fermement et s'adresse directement aux Français, notamment par la radio et la télévision. Mais au bout d'une dizaine d'années, cette autorité est contestée. En mai 1968, une grande crise éclate.
Elle commence par une révolte étudiante : dans les universités, les étudiants protestent et occupent les locaux, et des affrontements ont lieu avec la police à Paris. Le mouvement s'étend ensuite au monde du travail et se transforme en une grève générale d'une ampleur exceptionnelle : les usines s'arrêtent, les transports sont bloqués, et près de dix millions de personnes cessent le travail. Le pays est en partie paralysé.
Il faut bien comprendre que cette crise ne se réduit pas à des revendications sur les salaires ou les conditions d'études, même si celles-ci existent. Au-delà, une partie de la société, et d'abord la jeunesse, exprime des aspirations à de nouvelles libertés. Les manifestants contestent l'autorité sous toutes ses formes — celle de l'État, des patrons, des professeurs, des parents — ; ils rejettent les mœurs traditionnelles, jugées trop rigides, et réclament plus de liberté dans la vie personnelle.
C'est un profond désir d'émancipation et de changement de société qui s'exprime. Face à la crise, de Gaulle reprend l'initiative : il dissout l'Assemblée nationale et organise de nouvelles élections, qu'il remporte. Il surmonte donc la crise et se maintient au pouvoir.
Mais l'épisode a montré que son autorité était fragilisée. L'année suivante, en 1969, après avoir perdu un référendum, de Gaulle quitte le pouvoir. Ce qu'il faut retenir est simple : après une décennie d'autorité gaullienne — modernisation économique, indépendance nationale et État fort —, mai 1968 exprime une soif de liberté et de changement, portée surtout par la jeunesse.
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Les erreurs fréquentes
- Croire que mai 1968 n'a été qu'une simple révolte d'étudiants.
- La révolte étudiante n'a été que le début. Le mouvement s'est ensuite étendu au monde du travail et a provoqué une grève générale de près de dix millions de personnes, qui a en partie paralysé le pays. Mai 1968 est donc à la fois une crise étudiante et une crise sociale de grande ampleur.
- Penser que mai 1968 ne réclamait que de meilleurs salaires ou de meilleures conditions d'études.
- Ces revendications existaient, mais l'essentiel est ailleurs : au-delà, la jeunesse et une partie de la société exprimaient des aspirations à de nouvelles libertés — contestation de l'autorité, rejet des mœurs traditionnelles, désir d'émancipation. C'est surtout une soif de liberté et de changement de société qui s'est exprimée.
Tu maîtrises la notion si…
- Décrire la République gaullienne (1958–1969) : la présidence de De Gaulle, marquée par la modernisation économique (Trente Glorieuses), l'affirmation de l'indépendance nationale (force de dissuasion nucléaire, politique étrangère autonome) et une autorité forte de l'État.
- Décrire la crise de mai 1968 : une révolte étudiante qui se transforme en grève générale (près de dix millions de grévistes) et paralyse en partie le pays.
- Expliquer les aspirations à de nouvelles libertés exprimées en mai 1968 (contestation de l'autorité, rejet des mœurs traditionnelles, désir d'émancipation) et savoir que de Gaulle surmonte la crise mais quitte le pouvoir en 1969.
Vérifie que tu as compris
Qu'est-ce que mai 1968 ?
Réponse Une grande crise : révolte étudiante puis grève générale, avec des aspirations à de nouvelles libertés
En mai 1968, la révolte étudiante rejoint une grève générale ; la jeunesse réclame plus de libertés et conteste l'autorité.
Pendant quelles années de Gaulle est-il président de la Ve République ?
Réponse De 1958 à 1969
De Gaulle préside la « République gaullienne » de 1958 à 1969, avant de quitter le pouvoir après mai 1968.
Que révèlent surtout les événements de mai 1968 ?
Réponse Des aspirations à de nouvelles libertés et une contestation de l'autorité et des mœurs traditionnelles
Au-delà des revendications, mai 1968 exprime une soif de liberté et d'émancipation, surtout chez les jeunes.
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Mai 1968 : une révolte étudiante qui se transforme en grève générale.
Au-delà des salaires et des études, s’y expriment des aspirations à de nouvelles libertés.
La République gaullienne (1958–1969) : de Gaulle, premier président de la Ve République.
Trois grands traits : modernisation économique (Trente Glorieuses), indépendance nationale, autorité forte de l’État.
De nouvelles libertés : contestation de l’autorité, rejet des mœurs traditionnelles, désir d’émancipation.
C’est une soif de liberté et de changement de société, pas seulement des revendications matérielles.
Non : il surmonte la crise (dissolution de l’Assemblée, élections gagnées) et ne quitte le pouvoir qu’en 1969.
Mai 1968 a fragilisé son autorité, mais ne l’a pas renversé.
Dans le même chapitre
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