Histoire-Géo · EMC · 3ᵉ

La fin de la guerre froide (1989-1991)

Histoire-Géo · EMC 3ᵉ Un monde bipolaire au temps de la guerre froide

Le 9 novembre 1989, une foule immense monte sur le mur de Berlin et l’abat à coups de marteau, dans la joie ; deux ans plus tard, l’URSS a disparu des cartes. Comment un mur si surveillé a-t-il pu tomber sans guerre, et comment l’immense superpuissance soviétique a-t-elle pu s’effondrer si vite ?

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L'essentiel

Souviens-toi : depuis 1945, le monde était coupé en deux, avec un mur qui séparait même la ville de Berlin. Puis tout bascule en quelques années. Dans les années 1980, l'URSS va très mal : son économie est en panne et elle n'a plus les moyens de tenir tête aux États-Unis.

Son nouveau dirigeant, Gorbatchev, tente de tout réformer et décide de ne plus envoyer l'armée soviétique pour maintenir de force les régimes communistes voisins. Aussitôt, les peuples d'Europe de l'Est en profitent pour renverser ces régimes. Le 9 novembre 1989, la foule fait tomber le mur de Berlin : l'image de la coupure disparaît.

L'Allemagne est réunifiée en 1990, et en 1991 c'est l'URSS elle-même qui éclate et disparaît. La guerre froide est finie : il ne reste plus qu'une seule superpuissance, les États-Unis.

L'idée à retenir

La guerre froide s’achève entre 1989 et 1991, non par une guerre, mais par l’effondrement du bloc de l’Est. Affaiblie (économie planifiée en crise, course aux armements trop coûteuse), l’URSS de Gorbatchev lance des réformes (perestroïka, glasnost) et renonce à intervenir militairement dans les pays de l’Est. Libérés de cette menace, les peuples renversent leurs régimes communistes : le mur de Berlin tombe le 9 novembre 1989, l’Allemagne est réunifiée en 1990, puis l’URSS disparaît en 1991. Le monde bipolaire s’efface : les États-Unis restent la seule superpuissance.

Comprendre

La guerre froide ne se termine pas par une guerre entre les deux Grands, mais par l'effondrement de l'un des deux camps : le bloc de l'Est. Dans les années 1980, l'URSS est très affaiblie. Son économie planifiée, dirigée entièrement par l'État, est en crise : elle produit mal, manque de biens de consommation et ne peut plus suivre le coût de la course aux armements face aux États-Unis.

Arrivé au pouvoir en 1985, Mikhaïl Gorbatchev cherche à sauver le régime par des réformes : la perestroïka (la « restructuration » de l'économie) et la glasnost (la « transparence », c'est-à-dire plus de liberté d'expression et moins de censure). Surtout, il renonce à envoyer l'armée soviétique pour maintenir de force les régimes communistes des pays de l'Est, comme l'URSS l'avait fait auparavant. Libérés de cette menace, les peuples d'Europe de l'Est se soulèvent et renversent leurs régimes communistes en 1989. Le symbole de ce basculement est la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989 : le mur qui coupait la ville depuis 1961 est ouvert, puis abattu.

L'année suivante, en 1990, l'Allemagne, séparée depuis la guerre, est réunifiée. Enfin, en 1991, l'URSS elle-même se disloque et disparaît, éclatée en plusieurs États indépendants. Ainsi disparaît le monde bipolaire, partagé entre le bloc de l'Ouest et le bloc de l'Est : il ne reste plus qu'une seule superpuissance, les États-Unis.

Le cours

Pendant plus de quarante ans, de 1947 à la fin des années 1980, le monde a été partagé en deux blocs rivaux : le bloc de l'Ouest, mené par les États-Unis, et le bloc de l'Est, dominé par l'URSS ; on appelle cet affrontement la guerre froide, car les deux superpuissances ne se sont jamais combattues directement. Or cette division s'achève en quelques années seulement, entre 1989 et 1991, non pas à cause d'une guerre, mais par l'effondrement de l'un des deux camps, celui de l'Est. [[scene:LS-GFR-005|Voir : la fin de la guerre froide]] Pour comprendre cette fin, il faut d'abord regarder l'état de l'URSS dans les années 1980 : la grande puissance soviétique est en réalité très affaiblie. Son économie planifiée, entièrement dirigée par l'État, fonctionne mal — les usines produisent des biens de mauvaise qualité, les magasins manquent souvent de produits de base et le niveau de vie reste bien inférieur à celui de l'Ouest ; de plus, l'URSS s'épuise à financer une course aux armements de plus en plus coûteuse pour rester au niveau des États-Unis, et elle n'en a plus les moyens.

C'est dans ce contexte qu'arrive au pouvoir, en 1985, un nouveau dirigeant, Mikhaïl Gorbatchev. Conscient que le régime va à sa perte, il tente de le réformer en profondeur : il lance la perestroïka, c'est-à-dire la « restructuration » de l'économie pour la rendre plus efficace, et la glasnost, la « transparence », qui accorde davantage de liberté d'expression et met fin à une partie de la censure. Surtout, Gorbatchev prend une décision capitale : il renonce à envoyer l'armée soviétique pour maintenir de force les régimes communistes des pays de l'Est, alors que l'URSS était toujours intervenue jusque-là pour les protéger.

Cette décision change tout : libérés de la peur d'une intervention soviétique, les peuples d'Europe de l'Est se soulèvent et renversent, les uns après les autres, leurs régimes communistes au cours de l'année 1989. L'événement le plus marquant, celui que le monde entier retient, est la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989 : depuis 1961, ce mur coupait la ville en deux et empêchait les Allemands de l'Est de passer à l'Ouest ; il était devenu le symbole même de la division du monde. Ce soir-là, la foule se rassemble, franchit les points de passage et commence à abattre le mur, dont la chute devient l'image de la fin de la coupure entre les deux blocs. Les événements s'enchaînent alors très vite : en 1990, l'Allemagne, divisée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et séparée en deux États depuis 1949, est réunifiée ; puis, en 1991, c'est l'URSS elle-même qui se disloque : incapable de se redresser et traversée par les revendications de ses différentes républiques, elle disparaît et éclate en plusieurs États indépendants, dont la Russie — la superpuissance qui avait dominé tout un bloc pendant des décennies n'existe plus.

Il faut bien saisir le lien entre ces événements : la fin de la guerre froide vient de l'effondrement du bloc de l'Est, puis de l'URSS elle-même ; ce n'est pas une victoire militaire, mais un écroulement de l'intérieur. Sa conséquence est immense : le monde bipolaire, partagé entre l'Ouest et l'Est, disparaît, et il ne reste plus qu'une seule superpuissance, les États-Unis. On retiendra enfin trois grandes dates qui résument cette fin : 1989, la chute du mur de Berlin ; 1990, la réunification de l'Allemagne ; 1991, la disparition de l'URSS.

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Les erreurs fréquentes

Croire que la guerre froide se termine par une guerre, ou que le mur de Berlin a été détruit par une attaque militaire des États-Unis.
Il n'y a pas eu de guerre entre les deux Grands. La guerre froide s'achève par l'effondrement du bloc de l'Est de l'intérieur : l'URSS, affaiblie, renonce à intervenir, et les peuples d'Europe de l'Est renversent eux-mêmes leurs régimes communistes. Le mur de Berlin tombe le 9 novembre 1989 sous la pression de la foule, pacifiquement, et non à cause d'une attaque américaine.
Confondre la chute du mur de Berlin (1989) et la disparition de l'URSS (1991), comme s'il s'agissait du même événement.
Ce sont deux étapes différentes. En 1989, ce sont les régimes communistes des pays de l'Est qui tombent, et le mur de Berlin s'ouvre ; l'URSS, elle, existe encore. Ce n'est qu'en 1991, deux ans plus tard, que l'URSS elle-même se disloque et disparaît. Il faut distinguer la chute du bloc de l'Est (1989-1990) de la fin de l'URSS (1991).

Tu maîtrises la notion si…

  • Décrire les grandes étapes de la fin de la guerre froide : la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989), la réunification de l'Allemagne (1990) et la disparition de l'URSS (1991).
  • Expliquer le rôle de Gorbatchev : arrivé au pouvoir en 1985, il lance des réformes (perestroïka et glasnost) et renonce à intervenir militairement dans les pays de l'Est, ce qui permet aux peuples de renverser leurs régimes communistes.
  • Relier la fin de la guerre froide à l'effondrement du bloc de l'Est et de l'URSS, et en tirer la conséquence : la disparition du monde bipolaire et le maintien des États-Unis comme seule superpuissance.

Vérifie que tu as compris

  1. Quel événement de 1989 symbolise la fin de la guerre froide ?

    Réponse La chute du mur de Berlin

    Le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin devient l'image de la fin de la coupure de l'Europe et du monde bipolaire.

  2. Qu'arrive-t-il à l'URSS en 1991 ?

    Réponse Elle disparaît, éclatée en plusieurs États indépendants

    En 1991, l'URSS se disloque : le monde bipolaire disparaît et les États-Unis restent la seule superpuissance.

  3. Quelles réformes Gorbatchev lance-t-il en URSS dans les années 1980 ?

    Réponse La perestroïka (restructuration économique) et la glasnost (transparence)

    Face à la crise, Gorbatchev tente de réformer l'URSS (perestroïka, glasnost) et renonce à intervenir dans les pays de l'Est, ce qui précipite l'effondrement du bloc.

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

À la fin des années 1980, quelque chose cède à l’Est — observe l’enchaînement.

Pas de grande bataille gagnée : le bloc de l’Est s’effondre de l’intérieur.

Comprendre

Trois dates : 1989 (chute du mur de Berlin), 1990 (réunification de l’Allemagne), 1991 (disparition de l’URSS).

Ne confonds pas 1989 (le mur tombe, l’URSS existe encore) et 1991 (l’URSS disparaît).

Appliquer

URSS affaiblie + Gorbatchev renonce à intervenir → les peuples de l’Est renversent leurs régimes (1989) → effondrement du bloc de l’Est.

Le déclencheur : Gorbatchev ne fait plus intervenir l’armée soviétique dans les pays de l’Est.

Transférer

La fin de la guerre froide, c’est l’effondrement d’un des deux blocs : le monde bipolaire disparaît et il ne reste qu’une superpuissance, les États-Unis.

Ce n’est pas deux camps qui s’arrêtent à égalité : l’un des deux (l’Est, puis l’URSS) s’écroule.

Au brevet, cette notion tombe dans ce sujet

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