L’ordre féodal
Comment les seigneurs, du roi au simple chevalier, sont-ils reliés entre eux ?
L'essentiel
Après avoir vu comment le seigneur domine les paysans, il faut comprendre comment les nobles sont liés entre eux : c'est la féodalité. Attention, ce n'est pas la même chose que le lien seigneur-paysan ! Ici, tout se passe entre nobles.
Un grand seigneur, le suzerain, donne à un autre noble, le vassal, un fief, c'est-à-dire le plus souvent une terre. En échange, le vassal lui promet fidélité au cours d'une cérémonie, l'hommage : il s'agenouille, met ses mains dans celles de son seigneur et jure de le servir. Le vassal doit surtout à son suzerain l'aide militaire (le suivre à la guerre) et le conseil ; de son côté, le suzerain doit protéger son vassal.
Ces liens se répètent de proche en proche, du simple chevalier jusqu'au roi tout en haut. Comme ce sont surtout des guerriers qui sont liés ainsi, on dit que la féodalité organise une société dominée par les guerriers, où ce qui compte, ce sont les promesses d'homme à homme.
L'idée à retenir
L’ordre féodal relie les seigneurs par des liens personnels. Lors de l’hommage, le vassal jure fidélité à un seigneur plus puissant ; en échange, celui-ci lui donne un fief (une terre) et sa protection. Du simple chevalier jusqu’au roi, les liens s’emboîtent ; le roi, lui, n’est le vassal de personne.
Comprendre
Dans la seigneurie, on a vu la relation qui unit le seigneur et ses paysans : une domination. Mais il existe une autre relation, très différente, qui unit cette fois les nobles entre eux : c'est la féodalité. Il faut absolument ne pas confondre les deux.
La féodalité est l'ensemble des liens personnels, d'homme à homme, qui relient les nobles. Voici comment cela fonctionne. Un noble puissant, appelé le suzerain (ou seigneur), donne à un autre noble, appelé le vassal, un fief : il s'agit le plus souvent d'une terre, mais parfois d'une fonction ou d'un revenu.
En échange de ce fief, le vassal s'engage envers son suzerain lors d'une cérémonie solennelle, l'hommage : le vassal s'agenouille, place ses mains jointes dans celles de son seigneur et lui jure fidélité, souvent sur les Évangiles ou des reliques. À partir de ce moment, chacun a des devoirs envers l'autre. Le vassal doit à son suzerain l'aide, surtout militaire (le suivre et combattre pour lui), et le conseil (l'assister de ses avis).
Le suzerain, lui, doit à son vassal la protection et l'entretien (par le fief qu'il lui a donné). Ces liens ne concernent pas que deux personnes : ils s'emboîtent les uns dans les autres. Un vassal peut lui-même avoir ses propres vassaux, et ainsi de suite, du simple chevalier jusqu'au roi, placé tout en haut.
Enfin, il faut savoir relier cette organisation à la société qui l'a produite. La féodalité apparaît quand le pouvoir du roi s'est affaibli : pour se protéger, les guerriers nouent entre eux ces liens de fidélité. La société qui en résulte est donc une société dominée par les guerriers, où le pouvoir ne repose pas sur un État solide mais sur des promesses personnelles d'homme à homme.
Retiens donc l'idée centrale : la féodalité relie les nobles entre eux (le suzerain donne un fief au vassal contre l'hommage et la fidélité), c'est un lien entre guerriers, tout à fait différent de la domination du seigneur sur ses paysans.
Le cours
À côté de la domination qu'il exerce sur ses paysans, le noble entretient un autre type de relation, cette fois avec les autres nobles : c'est la féodalité, qui donne son nom à toute la société médiévale, souvent appelée société féodale. La féodalité est l'ensemble des liens personnels, d'homme à homme, qui unissent les membres de la noblesse. Son fonctionnement repose sur un échange.
Un noble puissant, le suzerain, accorde à un autre noble, le vassal, un fief. Ce fief est le plus souvent une terre, avec les paysans et les revenus qui vont avec, mais il peut aussi être une fonction ou une rente. En contrepartie, le vassal se lie à son suzerain au cours d'une cérémonie solennelle et très codifiée.
Lors de l'hommage, le vassal, tête nue et sans armes, s'agenouille devant son seigneur, place ses mains jointes entre les siennes et se déclare son homme ; puis, la main posée sur les Évangiles ou sur des reliques, il lui jure fidélité. Le suzerain le relève et lui remet un objet symbolique (une motte de terre, un bâton, un anneau) qui représente le fief : c'est l'investiture. Dès lors, chacun a des obligations envers l'autre.
Le vassal doit à son suzerain l'aide, principalement militaire, le suivre à la guerre avec ses propres chevaliers, ainsi que le conseil, c'est-à-dire l'assister par ses avis et siéger dans son tribunal. Le suzerain, de son côté, doit protection et entretien à son vassal. Ces liens ne restent pas isolés : ils s'emboîtent en une longue chaîne, car un vassal est souvent lui-même le suzerain d'autres vassaux, et ainsi de suite du simple chevalier jusqu'au roi, qui se trouve au sommet.
On peut enfin relier cette organisation à la nature de la société. La féodalité s'est développée après l'affaiblissement du pouvoir royal, à une époque où chacun devait assurer lui-même sa sécurité : les guerriers se sont alors liés entre eux par des serments personnels. La société féodale est donc une société dominée par les guerriers, où l'autorité repose non pas sur un État puissant, mais sur des liens de fidélité d'homme à homme.
Comprendre la féodalité, c'est saisir ce qui structure tout le monde des nobles au Moyen Âge, et bien la distinguer de la domination que ces mêmes seigneurs exercent, par ailleurs, sur leurs paysans.
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Les erreurs fréquentes
- Confondre le lien entre le seigneur et son vassal avec le lien entre le seigneur et ses paysans.
- Ce sont deux relations bien différentes. Le lien seigneur-paysan est une domination : le paysan cultive la seigneurie et doit des redevances et des corvées. Le lien seigneur-vassal, lui, unit deux nobles : le suzerain donne un fief à son vassal, qui lui jure fidélité et lui doit aide militaire lors de l'hommage. C'est cela, la féodalité : un lien entre nobles, pas avec les paysans.
- Croire que l'hommage n'engage que le vassal, ou que le fief est une somme d'argent.
- L'hommage crée des devoirs des deux côtés : le vassal doit fidélité, aide militaire et conseil, mais le suzerain, en retour, doit protection à son vassal. Quant au fief, ce n'est pas d'abord une somme d'argent : c'est le plus souvent une terre (avec ses paysans et ses revenus), que le suzerain remet au vassal en échange de son engagement.
Tu maîtrises la notion si…
- Définir la féodalité comme l'ensemble des liens d'homme à homme entre nobles (suzerain et vassal).
- Décrire la cérémonie de l'hommage et l'échange fief contre fidélité (aide militaire et conseil du vassal, protection du suzerain).
- Relier la féodalité à une société dominée par les guerriers, et la distinguer de la domination du seigneur sur ses paysans.
Vérifie que tu as compris
Qu'est-ce que la féodalité ?
Réponse L'ensemble des liens d'homme à homme qui unissent les nobles entre eux
La féodalité est l'ensemble des liens personnels, d'homme à homme, qui unissent les nobles : le suzerain donne un fief à son vassal, qui lui jure fidélité. Il ne faut pas la confondre avec la domination du seigneur sur ses paysans.
Lors de la cérémonie de l'hommage, que reçoit le vassal de son suzerain, et que lui promet-il en retour ?
Réponse Il reçoit un fief (souvent une terre) et lui jure fidélité, avec aide militaire et conseil
Lors de l'hommage, le vassal s'agenouille, place ses mains jointes dans celles de son suzerain et lui jure fidélité. En échange du fief (souvent une terre), il lui doit l'aide militaire et le conseil ; le suzerain, lui, doit protection à son vassal.
Un élève affirme : « Le paysan qui reçoit une tenure est le vassal de son seigneur. » Pourquoi a-t-il tort ?
Réponse Parce que le vassal est un noble lié par l'hommage ; le paysan, lui, subit une domination et doit redevances et corvées
L'hommage se fait uniquement entre nobles : le vassal est un noble qui reçoit un fief et jure fidélité. Le paysan, lui, n'est pas un vassal : il cultive la seigneurie et doit des redevances et des corvées. Féodalité (entre nobles) et domination seigneuriale (sur les paysans) sont deux relations bien différentes.
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Les seigneurs sont liés par des serments.
L’ordre féodal.
Le vassal jure fidélité à son seigneur.
C’est l’hommage.
Fidélité contre un fief et la protection.
Un lien réciproque.
Une terre donnée au vassal par son seigneur.
En échange de sa fidélité.
Dans le même chapitre
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