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L’humanisme

Histoire-Géo · EMC 5ᵉ Humanisme, Renaissances et réformes religieuses

À la Renaissance, pourquoi des savants replacent-ils l’homme au centre de tout ?

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L'essentiel

L'humanisme, ce n'est pas "être gentil" ou "humanitaire" comme on le croit souvent : c'est une grande façon nouvelle de penser, née en Italie au XVe siècle puis répandue dans toute l'Europe. Les humanistes redécouvrent et étudient avec passion les textes des Grecs et des Romains de l'Antiquité, ce qu'ils appellent les "humanités". Surtout, ils mettent l'homme au centre de tout : ils ont confiance dans sa raison, dans sa liberté et dans le savoir, et ils veulent une éducation complète qui forme l'esprit critique.

De grands humanistes comme Érasme, Thomas More, Rabelais ou Montaigne, et l'artiste et savant Léonard de Vinci, échangent leurs idées partout en Europe : ils se lisent, se répondent et débattent. L'humanisme change ainsi le regard des Européens sur l'homme et prépare deux grands bouleversements : la Renaissance artistique et les Réformes religieuses.

L'idée à retenir

Les humanistes portent un nouveau regard sur l’homme : ils étudient les textes de l’Antiquité, observent le monde et font confiance à la raison et au savoir. Grâce à l’imprimerie (Gutenberg, vers 1450), les livres se multiplient et leurs idées circulent vite et loin dans toute l’Europe.

Comprendre

Pour comprendre la grande transformation de l'Europe aux XVe et XVIe siècles, il faut d'abord connaître l'humanisme. Le mot le plus important à retenir, c'est qu'il s'agit d'un mouvement de pensée, c'est-à-dire une façon nouvelle de réfléchir, et non d'un simple sentiment de bonté. L'humanisme naît d'abord en Italie au XVe siècle, puis se diffuse dans toute l'Europe.

Les humanistes ont une double passion. D'une part, ils redécouvrent les textes de l'Antiquité grecque et romaine : ils lisent les auteurs anciens dans leur langue, les corrigent, les commentent ; on appelle cela l'étude des "humanités". D'autre part, et c'est l'essentiel, ils placent l'homme au centre de la réflexion : ils font confiance à sa raison, défendent sa liberté et son esprit critique, et pensent qu'il peut grandir et s'améliorer par le savoir.

C'est pourquoi l'éducation devient pour eux capitale : ils veulent former des esprits complets, capables de douter, de discuter et de chercher la vérité par eux-mêmes. Les grands humanistes échangent leurs idées d'un bout à l'autre de l'Europe : Érasme de Rotterdam, Thomas More en Angleterre, Rabelais et Montaigne en France, ou encore Léonard de Vinci, à la fois savant et artiste. Les sciences progressent aussi : en 1543, Copernic place le Soleil au centre de l'Univers et Vésale décrit l'anatomie humaine à partir de dissections.

Ces penseurs correspondent, se lisent et se critiquent : ils forment une véritable communauté de savants à l'échelle du continent. L'humanisme renouvelle ainsi la pensée et les sciences, encourage la curiosité et l'esprit critique, et il prépare deux grands bouleversements : la Renaissance artistique et les Réformes religieuses. Retiens donc l'idée centrale : l'humanisme est un mouvement de pensée des XVe-XVIe siècles qui redécouvre l'Antiquité et place l'homme, sa raison et son éducation au centre du savoir.

Le cours

Aux XVe et XVIe siècles, l'Europe connaît un profond renouvellement de la pensée que l'on nomme l'humanisme. Attention au sens du mot : l'humanisme n'est pas un sentiment de bonté ni une action "humanitaire", c'est un mouvement intellectuel, une façon nouvelle de réfléchir. Il naît en Italie, dans des villes riches et cultivées comme Florence, puis se diffuse dans toute l'Europe.

Les humanistes sont des savants animés par une double passion. D'abord, ils redécouvrent les textes de l'Antiquité grecque et romaine : ils recherchent des manuscrits oubliés, apprennent le grec et le latin classiques, corrigent les copies fautives et publient des éditions plus exactes ; c'est ce qu'ils appellent l'étude des "humanités". Ensuite, et c'est l'essentiel, ils placent l'homme au centre de leur réflexion : ils font confiance à sa raison, défendent sa liberté et son esprit critique, c'est-à-dire le droit d'examiner les idées par soi-même au lieu de les accepter sans réfléchir.

Pour eux, l'homme peut grandir et s'améliorer par le savoir : voilà pourquoi l'éducation devient capitale. Un esprit bien formé doit connaître les langues, l'histoire, les sciences et les arts, et savoir raisonner par lui-même. De grandes figures incarnent ce mouvement et échangent leurs idées d'un bout à l'autre de l'Europe.

Érasme de Rotterdam, surnommé le "prince des humanistes", voyage sans cesse et publie de nombreux ouvrages. Thomas More, en Angleterre, imagine dans L'Utopie une société idéale. En France, Rabelais se moque des écoles routinières et défend un savoir vivant et joyeux, tandis que Montaigne, dans ses Essais, réfléchit librement sur l'homme et sur lui-même.

Léonard de Vinci, enfin, réunit l'art et la science : peintre, ingénieur et anatomiste, il observe la nature pour la comprendre. Cet esprit d'observation renouvelle aussi les sciences : en 1543, l'astronome polonais Copernic affirme que la Terre tourne autour du Soleil, et le médecin flamand Vésale publie une description exacte du corps humain fondée sur la dissection. Ces penseurs se lisent, se corrigent et débattent : ils forment une véritable communauté de savants à l'échelle européenne.

L'humanisme transforme ainsi durablement l'Europe : il renouvelle les sciences, encourage la curiosité et l'esprit critique, et il prépare deux grands bouleversements, la Renaissance artistique et les Réformes religieuses. Comprendre l'humanisme, c'est donc comprendre comment, à la fin du Moyen Âge, les Européens se sont mis à regarder l'homme et le savoir d'une manière entièrement nouvelle.

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Les erreurs fréquentes

Croire que l'humanisme veut dire "être gentil", généreux ou "humanitaire".
L'humanisme n'est pas un sentiment de bonté : c'est un mouvement intellectuel, une façon nouvelle de penser. Les humanistes replacent l'homme et les textes de l'Antiquité au centre du savoir et font confiance à la raison, à l'esprit critique et à l'éducation.
Penser que les humanistes rejetaient tout le passé et refusaient les livres anciens.
Au contraire, les humanistes redécouvrent avec passion les textes de l'Antiquité grecque et romaine (les "humanités") : ils les lisent, les corrigent et les commentent. Leur nouveauté est de placer l'homme, sa raison et son éducation au centre, pas de rejeter le savoir ancien.

Tu maîtrises la notion si…

  • Définir l'humanisme comme un mouvement de pensée des XVe-XVIe siècles, né en Italie, qui redécouvre l'Antiquité et place l'homme, sa raison et son éducation au centre.
  • Citer quelques grands humanistes (Érasme, Thomas More, Rabelais, Montaigne ; l'artiste et savant Léonard de Vinci) et expliquer ce qui les rassemble.
  • Expliquer pourquoi l'éducation et l'esprit critique sont si importants pour les humanistes.

Vérifie que tu as compris

  1. Qu'est-ce que l'humanisme, ce grand mouvement des XVe et XVIe siècles ?

    Réponse Un mouvement de pensée qui redécouvre l'Antiquité et place l'homme, sa raison et son éducation au centre

    L'humanisme n'est pas un sentiment de bonté : c'est un mouvement de pensée né en Italie au XVe siècle, qui redécouvre les textes de l'Antiquité et fait confiance à la raison, à la liberté et à l'éducation de l'homme.

  2. Lequel de ces personnages est un grand humaniste du XVIe siècle ?

    Réponse Érasme de Rotterdam

    Érasme de Rotterdam, surnommé le prince des humanistes, est l'un des grands humanistes, avec Thomas More, Rabelais, Montaigne ou Léonard de Vinci. Gutenberg est un imprimeur, François Ier un roi et Luther un réformateur religieux.

  3. Pourquoi l'éducation et l'esprit critique sont-ils si importants pour les humanistes ?

    Réponse Parce qu'ils pensent que l'homme peut grandir par le savoir et doit apprendre à réfléchir par lui-même

    Les humanistes font confiance à la raison de l'homme : ils pensent qu'il peut s'améliorer par le savoir. Ils défendent donc une éducation qui forme l'esprit critique, c'est-à-dire la capacité de réfléchir et de juger par soi-même.

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Les humanistes remettent l’homme au centre.

Un nouveau regard.

Comprendre

Ils étudient l’Antiquité et la raison.

Le savoir et l’observation.

Appliquer

Elle diffuse les livres vite et loin.

Gutenberg, vers 1450.

Transférer

Un savant qui met l’homme et le savoir au centre.

Confiance en la raison.

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