L'accord du participe passé — 4ᵉ
« Elle a mangé une pomme. » mais « La pomme qu'elle a mangée. » Même verbe, même auxiliaire — et l'accord change. Deux questions suffisent pour ne plus jamais hésiter.
L'essentiel
L'accord du participe passé a la réputation d'être compliqué. En réalité, il tient dans une méthode en DEUX QUESTIONS. Question 1 : quel est l'AUXILIAIRE ?
Si c'est ÊTRE, le participe s'accorde avec le SUJET, exactement comme un adjectif attribut : « Elles sont parties. » — « parties » prend -es car « elles » est féminin pluriel. Si c'est AVOIR, réflexe de base : PAS d'accord avec le sujet — « Elle a mangé une pomme. » (pas « mangée » !). Mais alors question 2 : où est le COD ?
S'il est placé AVANT le verbe, le participe s'accorde avec LUI : « La pomme qu'elle a mangée. » — « qu' » reprend « la pomme » (féminin singulier) et précède le verbe, donc « mangée ». De même « Je les ai vues. » si « les » représente, par exemple, tes clés. Si le COD est après (ou absent), le participe reste invariable.
Dernier cas, le plus simple : SANS auxiliaire, le participe est employé comme un adjectif et s'accorde avec le nom : « des lettres écrites à la main ». Méthode complète : quel auxiliaire ? où est le COD ? — deux questions, et l'accord est joué.
L'idée à retenir
L'accord du participe passé se résout par la MÉTHODE DES DEUX QUESTIONS. ① Quel AUXILIAIRE ? Avec ÊTRE, accord avec le sujet, comme un adjectif attribut : « Elles sont parties. » Avec AVOIR, jamais d'accord avec le sujet → ② le COD est-il placé AVANT le verbe ? Non → invariable (« Elle a mangé une pomme. ») ; oui → accord avec ce COD (« La pomme qu'elle a mangée. » — « qu' » reprend la pomme ; « Je les ai vues. »). Et sans auxiliaire, le participe est un adjectif : il s'accorde avec le nom (« des lettres écrites à la main »). Trouve le COD avec la question « quoi ? » — le COI, lui, ne fait jamais accorder.
Comprendre
Trois situations, une méthode. SITUATION 1 — auxiliaire ÊTRE : le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le SUJET, comme un adjectif attribut : « Elles sont parties. » (elles = fém. plur. → parti-es), « Ils sont partis. », « Elle est partie. » SITUATION 2 — auxiliaire AVOIR : le participe ne s'accorde JAMAIS avec le sujet. « Elle a mangé une pomme. » : « mangé » reste invariable, car le COD (« une pomme ») est APRÈS le verbe. Le seul cas d'accord : quand le COD est placé AVANT le verbe — le participe s'accorde alors avec ce COD.
Trois manières classiques d'avoir un COD antéposé : le pronom relatif « que » (« La pomme QU'elle a mangée. » — qu' = la pomme), un pronom personnel (« Je LES ai vues. » — les = ces photos, par exemple), une question ou exclamation (« Quelles erreurs a-t-il faites ! »). SITUATION 3 — SANS auxiliaire : le participe passé employé seul est un adjectif ; il s'accorde avec le nom qu'il qualifie : « des lettres écrites à la main », « Fatigués, les joueurs se reposent. » LA MÉTHODE DES 2 QUESTIONS : ① Quel auxiliaire ? être → accord avec le sujet ; avoir → question ② Le COD est-il AVANT le verbe ? non → invariable ; oui → accord avec le COD. Pour trouver le COD : pose la question « quoi ? » après le verbe (« elle a mangé QUOI ? → la pomme »).
Attention : seul le COD déclenche l'accord — jamais le COI (« Elle leur a parlé. » : invariable).
Le cours
Voici l'accord le plus célèbre de l'orthographe française — et le plus rentable en relecture. La bonne nouvelle : il se résout avec une méthode mécanique, en deux questions. QUESTION 1 : QUEL AUXILIAIRE ?
Avec ÊTRE, le participe passé s'accorde avec le SUJET, en genre et en nombre. C'est logique : avec être, le participe se comporte comme un adjectif attribut — on dit « elles sont grandes », donc « Elles sont parties. » (elles, féminin pluriel → parti-es), « Elle est partie. », « Ils sont partis. » Un réflexe : auxiliaire être → je regarde le sujet. Avec AVOIR, le réflexe de base est inverse : le participe ne s'accorde JAMAIS avec le sujet. « Elle a mangé une pomme. » : on n'écrit pas « mangée », même si « elle » est féminin.
Pourquoi ? Parce qu'avec avoir, ce n'est pas le sujet qui gouverne l'accord, mais éventuellement le COD — d'où la deuxième question. QUESTION 2 (avec avoir seulement) : LE COD EST-IL PLACÉ AVANT LE VERBE ?
Trouve d'abord le COD : « elle a mangé QUOI ? » → « une pomme ». S'il est APRÈS le verbe (le cas ordinaire), le participe reste INVARIABLE : « Elle a mangé une pomme. » S'il est AVANT, le participe s'accorde avec lui : « La pomme qu'elle a mangée. » Ici « qu' » reprend « la pomme » (féminin singulier) et se trouve avant le verbe → mangé-e. Trois configurations produisent ce COD antéposé : le pronom relatif que (« les fleurs qu'il a cueillies »), un pronom personnel comme le, la, les (« Ces photos ?
Je les ai vues. » — les = les photos, féminin pluriel → vu-es), et les questions ou exclamations (« Quelles erreurs a-t-il faites ! »). L'idée à comprendre : quand le COD est déjà passé, on SAIT quoi accorder au moment d'écrire le participe ; quand il n'est pas encore venu, on ne le sait pas — le participe reste donc nu. Attention au faux ami : seul le COD déclenche l'accord.
Le COI, jamais : « Elle leur a parlé. » — « leur » répond à « parler À QUI ? », pas à « quoi ? » : « parlé » reste invariable. DERNIER CAS : SANS AUXILIAIRE. Employé seul, le participe passé est un adjectif comme un autre : il s'accorde avec le nom qu'il qualifie. « Des lettres écrites à la main » (lettres, féminin pluriel → écrit-es), « une porte fermée », et en apposition : « Fatigués, les joueurs se reposent. » (fatigués s'accorde avec « les joueurs »).
LA MÉTHODE, en relecture : à chaque participe passé, déroule l'arbre. ① Quel auxiliaire ? être → accord avec le sujet ; sans auxiliaire → adjectif, accord avec le nom ; avoir → ② le COD est-il avant le verbe ? non → invariable ; oui → accord avec ce COD. Deux questions posées à voix haute, et l'erreur devient presque impossible : « La pomme qu'elle a mangée : auxiliaire avoir, COD “qu'” = la pomme, placé avant → féminin singulier, -ée. »
Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →
Les erreurs fréquentes
- Accorder le participe avec le sujet quand l'auxiliaire est avoir : « elle a mangée une pomme ».
- Avec AVOIR, le participe ne s'accorde jamais avec le sujet : « Elle a mangé une pomme. » Il ne s'accorde qu'avec un COD placé AVANT le verbe : « La pomme qu'elle a mangée. » Première question à se poser : quel auxiliaire ? — avoir → on ne regarde plus le sujet.
- Oublier l'accord quand le COD est passé devant le verbe : « la pomme qu'elle a mangé ».
- Cherche le COD (« elle a mangé quoi ? → qu' = la pomme ») et regarde sa place : il est AVANT le verbe, donc le participe s'accorde avec lui : « la pomme qu'elle a mangée » (féminin singulier). De même « Je les ai vues » si « les » désigne, par exemple, des photos.
- Faire accorder le participe avec un COI : « elle leur a parlés ».
- Seul le COD (question « quoi ? ») déclenche l'accord. « Leur » répond à « parler à qui ? » : c'est un COI, il ne fait jamais accorder — « Elle leur a parlé. » reste invariable. Avant d'accorder, vérifie que le mot placé avant le verbe est bien un COD.
Tu maîtrises la notion si…
- Identifier l'auxiliaire d'un temps composé et appliquer la règle correspondante (être → sujet ; avoir → COD antéposé).
- Justifier un accord en déroulant les deux questions à voix haute (quel auxiliaire ? le COD est-il avant ?).
- Accorder le participe passé employé seul comme un adjectif (avec le nom qu'il qualifie, y compris en apposition).
- Repérer le COD antéposé sous ses trois formes (que relatif, pronom personnel le/la/les, question ou exclamation) et ne pas accorder avec un COI.
Vérifie que tu as compris
Pourquoi écrit-on « La pomme qu'elle a mangée. » avec -ée, mais « Elle a mangé une pomme. » sans accord ?
Réponse Avec avoir, le participe s'accorde si le COD est placé AVANT le verbe
Avec l'auxiliaire AVOIR, le participe passé ne s'accorde jamais avec le sujet. Il ne s'accorde qu'avec le COD, et seulement si celui-ci est placé AVANT le verbe. « Elle a mangé QUOI ? → une pomme » : dans « Elle a mangé une pomme. », le COD est après → invariable. Dans « La pomme qu'elle a mangée. », le pronom relatif « qu' » reprend « la pomme » et précède le verbe → accord au féminin singulier : « mangée ». La méthode des deux questions : quel auxiliaire ? le COD est-il avant ?
« Tes photos ? Je les ai vues hier. » Pourquoi « vues » prend-il -es ?
Réponse « les » (= tes photos) est un COD antéposé → accord avec ce COD
Déroulons les deux questions. ① Auxiliaire : avoir → pas d'accord avec le sujet. ② « J'ai vu QUOI ? → les », et « les » reprend « tes photos » (féminin pluriel), placé AVANT le verbe → le participe s'accorde avec ce COD antéposé : « vues ». Le COD antéposé prend trois formes classiques : le pronom relatif « que » (« la pomme qu'elle a mangée »), un pronom personnel comme ici (« je LES ai vues »), une question ou exclamation. Sans COD antéposé, le participe resterait invariable (« j'ai vu tes photos »).
Pourquoi écrit-on « Mes sœurs sont parties tôt. » avec -es à la fin du participe passé ?
Réponse Auxiliaire être : accord avec le sujet, féminin pluriel
Première question de l'arbre : quel AUXILIAIRE ? Ici « sont » → l'auxiliaire ÊTRE, et avec être le participe passé s'accorde avec le SUJET, en genre et en nombre. « Mes sœurs » est féminin pluriel → « parties ». Le réflexe se vérifie à l'oreille, car le participe se comporte alors comme un adjectif attribut : on dit « elles sont grandes », donc « elles sont parties ». La règle du COD antéposé ne concerne QUE l'auxiliaire avoir — et « partir » ne se construit d'ailleurs avec aucun COD.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Être → regarde le sujet · avoir → cherche le COD avant le verbe.
Déroule l'arbre : quel auxiliaire ? puis, avec avoir seulement : le COD est-il avant ? (« elle a mangé quoi ? »)
Même verbe, même auxiliaire : seule la PLACE du COD change l'accord.
« Elle a mangé QUOI ? une pomme » — le COD arrive APRÈS, on ne sait pas encore quoi accorder : « mangé » reste nu. Dans « La pomme qu'elle a mangée », « qu' » reprend « la pomme » et se trouve AVANT : le participe s'accorde, fém. sing. → mangé-e.
Deux questions, et l'accord est joué — sans auxiliaire, c'est un adjectif.
Être → « arrivées » ; avoir + COD après → « gagné » invariable ; « qu' » = les fleurs, COD avant → « cueillies » ; pas d'auxiliaire → « écrites », accordé avec « lettres » comme un adjectif.
Un seul participe, « vu » : l'auxiliaire et la place du COD font l'accord.
« Elles sont vues comme des championnes. » (être → sujet) ② « J'ai vu tes photos hier. » (COD après → invariable) ③ « Tes photos ? Je les ai vues hier. » (« les » = tes photos, avant → vues).