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De nouvelles conflictualités (terrorisme, conflits régionaux)

Histoire-Géo · EMC 3ᵉ Le monde depuis 1989 : enjeux et conflits

En 1989, le mur de Berlin tombe ; en 1991, l’URSS disparaît. La guerre froide s’achève et beaucoup annoncent une ère de paix. Pourtant, les attentats, les guerres civiles et les conflits régionaux se multiplient. Pourquoi la fin de la guerre froide n’a-t-elle pas apporté la paix ?

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L'essentiel

Après 1989, beaucoup espéraient que la fin de la guerre froide allait ouvrir une ère de paix. Ce n'est pas ce qui se produit. À la place, de nouvelles formes de conflits apparaissent dans le monde.

La première est le terrorisme international : des groupes organisent des attentats pour frapper et faire peur ; les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis en sont l'exemple le plus marquant. On voit aussi de nombreux conflits régionaux et des guerres civiles, à l'intérieur des pays ou entre voisins, souvent nourris par des tensions religieuses ou ethniques, ou par des frontières contestées. Enfin, des rivalités naissent autour des ressources, comme le pétrole ou l'eau.

Ces conflits ne suivent plus la logique de deux grands blocs qui s'opposent : ils sont plus dispersés, plus difficiles à prévoir, et le danger vient désormais de plusieurs endroits à la fois.

L'idée à retenir

La fin de la guerre froide (1989-1991) n’apporte pas la paix : elle change la nature des conflits sans les faire disparaître. De nouvelles conflictualités apparaissent — le terrorisme international (dont les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis sont le symbole marquant), des conflits régionaux et des guerres civiles souvent liés à des tensions religieuses, ethniques ou à des frontières contestées, ainsi que des tensions autour des ressources (pétrole, eau). Ces conflits sont plus dispersés et plus imprévisibles que l’affrontement des deux blocs, avec des acteurs multiples : la menace n’est plus un bloc unique, mais des dangers multiples et diffus. Le monde de l’après-1989 reste instable.

Comprendre

Pendant la guerre froide, le monde était organisé autour de l'affrontement de deux blocs, dirigés par les États-Unis et l'URSS. Quand cet affrontement prend fin, entre 1989 et 1991, certains espèrent un monde enfin apaisé. Pourtant, la paix ne s'installe pas.

De nouvelles conflictualités se développent, différentes de celles de la guerre froide. La première est le terrorisme international : des groupes armés, qui ne sont pas des États, cherchent à frapper des populations ou des symboles pour imposer leurs idées par la violence et la peur. Les attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis en sont le symbole le plus marquant et montrent que ce danger peut toucher même les pays les plus puissants : commis par le réseau Al-Qaïda, ils font près de 3 000 morts.

La France est frappée à son tour en 2015 par des attentats revendiqués par Al-Qaïda puis par Daech. On observe aussi la multiplication de conflits régionaux et de guerres civiles : des affrontements limités à une région ou situés à l'intérieur d'un pays, souvent liés à des tensions religieuses ou ethniques, à des frontières contestées ou à la volonté de contrôler un territoire. C'est le cas des guerres de l'ex-Yougoslavie (1991-1995, avec le massacre de Srebrenica en juillet 1995), du génocide des Tutsi au Rwanda (avril-juillet 1994) ou, depuis 2011, de la guerre civile en Syrie.

Enfin, des tensions naissent autour des ressources, comme le pétrole, l'eau ou certaines matières premières, que plusieurs pays cherchent à contrôler. Ces nouveaux conflits ont des points communs : ils sont plus dispersés à travers le monde, plus imprévisibles, et n'opposent plus deux camps clairement identifiés. La menace n'est donc plus un bloc ennemi unique, mais des dangers multiples et diffus.

Le monde de l'après-1989 reste ainsi instable : la fin de la guerre froide a changé la nature des conflits, sans les faire disparaître.

Le cours

En 1989, la chute du mur de Berlin, puis la disparition de l'URSS en 1991, mettent fin à la guerre froide qui opposait depuis plus de quarante ans deux blocs, l'un dirigé par les États-Unis, l'autre par l'Union soviétique. Beaucoup imaginent alors qu'un monde plus pacifique va s'ouvrir, débarrassé de la peur d'un affrontement entre les deux Grands. La réalité est différente : la fin de la guerre froide n'apporte pas la paix, mais fait apparaître de nouvelles conflictualités, c'est-à-dire de nouvelles formes de conflits. [[scene:LS-MND-003|Voir : de nouvelles conflictualités]] La première est le terrorisme international.

Des groupes armés, qui ne sont pas des États, utilisent la violence et la peur pour tenter d'imposer leurs revendications ; ils frappent des populations civiles ou des lieux symboliques. Les attentats du 11 septembre 2001, commis contre les États-Unis, en sont le symbole le plus marquant : ils montrent que même le pays le plus puissant du monde peut être atteint, et que cette menace ne connaît pas de frontières. Ces attentats sont l'œuvre du réseau Al-Qaïda et font près de 3 000 morts.

En réponse, les États-Unis interviennent militairement en Afghanistan dès octobre 2001, puis en Irak en 2003. La France est frappée à son tour en 2015 : en janvier (attaques contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, 17 morts), puis le 13 novembre à Paris et à Saint-Denis (130 morts), attentats revendiqués par l'organisation Daech, dite « État islamique ». La deuxième forme est la multiplication des conflits régionaux et des guerres civiles. Après 1989, de nombreux affrontements éclatent à l'intérieur des pays ou entre États voisins.

Ils sont souvent nourris par des tensions religieuses ou ethniques, par des frontières contestées, ou par la volonté de contrôler un territoire. Plus limités géographiquement que la guerre froide, ces conflits provoquent néanmoins de graves souffrances pour les populations. Étude de cas : l'ex-Yougoslavie.

De 1991 à 1995, la Yougoslavie se disloque dans la violence ; en Bosnie, Serbes, Croates et Bosniaques musulmans s'affrontent. En juillet 1995, à Srebrenica, plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques sont tués par les forces serbes de Bosnie : la justice internationale a qualifié ce massacre de génocide. Au Rwanda, d'avril à juillet 1994, le génocide des Tutsi fait environ 800 000 morts en une centaine de jours (ONU).

Plus récemment, la guerre civile en Syrie, commencée en 2011, a jeté des millions de personnes sur les routes de l'exil. La troisième source de tensions concerne les ressources : l'accès au pétrole, à l'eau ou à certaines matières premières devient un enjeu qui peut opposer des pays ou des groupes. En 1990, l'Irak envahit ainsi le Koweït, riche en pétrole ; une coalition internationale conduite par les États-Unis le libère en 1991 (guerre du Golfe).

Ces nouvelles conflictualités présentent des caractéristiques communes qui les distinguent de la guerre froide. Pendant la guerre froide, la menace était claire : deux blocs bien identifiés s'opposaient. Désormais, les conflits sont plus dispersés à travers le monde et plus imprévisibles ; les acteurs sont plus nombreux et ne sont pas toujours des États.

La menace n'est plus un bloc ennemi unique, mais des dangers multiples et diffus, difficiles à anticiper. C'est pourquoi le monde de l'après-1989, malgré la fin de la guerre froide, reste instable. L'essentiel à retenir : la fin de la guerre froide n'a pas mis fin aux conflits, elle en a changé la nature.

À l'affrontement de deux blocs a succédé un monde traversé par le terrorisme, des conflits régionaux et des rivalités autour des ressources — un monde où la paix n'est pas assurée.

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Les erreurs fréquentes

Croire que la fin de la guerre froide, en 1989-1991, a apporté la paix dans le monde.
La fin de l'affrontement des deux blocs n'a pas mis fin aux conflits. De nouvelles conflictualités sont apparues : le terrorisme international, des conflits régionaux et des guerres civiles, ainsi que des tensions autour des ressources. Le monde de l'après-1989 reste instable ; la nature des conflits a changé, mais ceux-ci n'ont pas disparu.
Penser que, comme pendant la guerre froide, la menace vient toujours d'un seul bloc ennemi bien identifié.
Les nouvelles conflictualités sont justement différentes de l'affrontement de deux blocs : elles sont plus dispersées et plus imprévisibles, et les acteurs sont multiples (des États, mais aussi des groupes armés qui ne sont pas des États). La menace n'est plus unique, mais faite de dangers multiples et diffus.
Confondre un attentat terroriste avec une guerre entre États, ou croire qu'Al-Qaïda et Daech sont des pays.
Al-Qaïda et Daech sont des groupes armés, pas des États : c'est justement ce qui distingue le terrorisme international des guerres classiques. À l'inverse, les guerres de l'ex-Yougoslavie (1991-1995) ou le génocide des Tutsi au Rwanda (1994) sont des conflits régionaux et des guerres civiles, qui se déroulent à l'intérieur d'un territoire, entre des populations d'un même pays.

Tu maîtrises la notion si…

  • Expliquer que la fin de la guerre froide (1989-1991) n'apporte pas un monde pacifié : de nouvelles conflictualités apparaissent.
  • Identifier les nouvelles formes de conflits depuis 1989 : le terrorisme international (symbole : les attentats du 11 septembre 2001), les conflits régionaux et guerres civiles, les tensions autour des ressources — en citant un cas daté et situé (ex-Yougoslavie 1991-1995, génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, attentats de 2015 en France).
  • Caractériser ces conflits par rapport à la guerre froide : plus dispersés, plus imprévisibles, avec des acteurs multiples ; la menace n'est plus un bloc unique mais des dangers multiples et diffus, dans un monde qui reste instable.

Vérifie que tu as compris

  1. La fin de la guerre froide apporte-t-elle un monde en paix ?

    Réponse Non : de nouvelles conflictualités apparaissent (terrorisme, conflits régionaux)

    La fin des deux blocs n'apporte pas la paix : de nouvelles conflictualités, plus dispersées, apparaissent.

  2. Quel événement de 2001 symbolise les nouvelles menaces du terrorisme ?

    Réponse Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis

    Les attentats du 11 septembre 2001 sont le symbole marquant du terrorisme international de l'après-guerre froide.

  3. En quoi les nouvelles conflictualités diffèrent-elles de la guerre froide ?

    Réponse Elles sont plus dispersées et imprévisibles : la menace n'est plus un seul bloc ennemi

    Au lieu de l'affrontement de deux blocs, les menaces sont désormais multiples, diffuses et imprévisibles.

S'entraîner sur cette notion

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

La guerre froide finie, la paix n’est pas revenue : observe ce qui a pris sa place.

La fin de la guerre froide n’a pas apporté la paix : elle a changé la nature des conflits, sans les faire disparaître.

Comprendre

Le terrorisme international (symbole : le 11 septembre 2001), des guerres civiles nourries par des tensions religieuses ou ethniques, des rivalités autour du pétrole ou de l’eau.

Ces conflits ne ressemblent plus à l’affrontement de deux blocs : ils sont dispersés, imprévisibles, avec des acteurs qui ne sont pas toujours des États.

Appliquer

Un groupe armé qui frappe par la peur = terrorisme ; un affrontement interne lié à des tensions religieuses ou ethniques = conflit régional ou guerre civile ; une rivalité pour une ressource = tension autour des ressources.

Demande-toi qui s’affronte, où et pourquoi : un groupe ou un État ? à l’intérieur d’un pays ? pour une ressource ?

Transférer

La fin de la guerre froide n’a pas apporté la paix : de nouvelles conflictualités, plus dispersées et imprévisibles, rendent le monde toujours instable.

La menace n’est plus un bloc unique, mais des dangers multiples et diffus qui peuvent surgir en différents points du monde.

Dans le même chapitre

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