Français · 5ᵉ

Compte les verbes !

Français 5ᵉ Grammaire : la phrase

Trois phrases au tableau : « Le chat dort. », « Le chat dort et le chien veille. », « Quelle belle nuit ! » Trois familles différentes — et UNE seule méthode pour les démasquer.

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L'essentiel

Une phrase, ce n'est pas juste une suite de mots : c'est une construction. Elle se voit (majuscule au début, point à la fin), elle se comprend (elle dit quelque chose de complet) et elle s'organise autour d'un ou plusieurs verbes conjugués. LA méthode pour l'analyser tient en un geste : SOULIGNE LES VERBES CONJUGUÉS, puis compte-les. « Le chat dort. » : un verbe (dort) → phrase SIMPLE. « Le chat dort et le chien veille. » : deux verbes (dort, veille) → phrase COMPLEXE, et chaque verbe commande sa proposition. « Quelle belle nuit ! » : aucun verbe → phrase NON VERBALE, une vraie phrase quand même (majuscule, point, sens complet).

Attention au piège : seuls les verbes CONJUGUÉS comptent — dans « Léa veut dormir. », « dormir » est à l'infinitif, il ne compte pas : un seul verbe conjugué (veut), phrase simple.

L'idée à retenir

Une phrase est une unité de sens ET de syntaxe : majuscule, point, sens complet. Pour la classer, UN geste : COMPTE LES VERBES CONJUGUÉS. 1 verbe → phrase SIMPLE (« Le chat dort. ») ; 2 verbes ou plus → phrase COMPLEXE, et chaque verbe commande sa proposition (« Le chat dort et le chien veille. » = 2 propositions) ; 0 verbe → phrase NON VERBALE (« Quelle belle nuit ! »), une vraie phrase quand même. Piège : seuls les verbes CONJUGUÉS comptent — pas les infinitifs. Et la ponctuation structure tout : la majuscule ouvre, le point ferme.

Comprendre

La phrase est une construction grammaticale qui repose sur une triple unité. Unité TYPOGRAPHIQUE d'abord : elle est délimitée par une majuscule au début et un signe de ponctuation forte à la fin (point, point d'interrogation, point d'exclamation). Unité SÉMANTIQUE ensuite : elle exprime un sens complet — « Le chat dort. » se suffit, « Le chat sur le » non.

Unité SYNTAXIQUE enfin : ses mots sont organisés, le plus souvent autour d'un verbe conjugué. De là découle LA méthode d'analyse, valable toute l'année : repérer et compter les verbes conjugués. UN verbe conjugué → phrase SIMPLE : « La pluie tombe. » DEUX verbes conjugués ou plus → phrase COMPLEXE : « Le chat dort et le chien veille. » Dans une phrase complexe, chaque verbe conjugué est le noyau d'une PROPOSITION : la phrase ci-dessus contient deux propositions (« le chat dort » + « le chien veille »), reliées ici par « et ».

AUCUN verbe conjugué → phrase NON VERBALE : « Quel spectacle ! », « Entrée interdite. » — souvent organisée autour d'un nom, on la rencontre dans les titres, les panneaux, les exclamations. Deux pièges à connaître : la longueur ne dit rien (une phrase très longue peut être simple si elle n'a qu'un verbe conjugué) ; et les infinitifs ou participes ne comptent pas (« Léa veut dormir. » = 1 verbe conjugué → simple). Enfin, la ponctuation ne sert pas qu'à finir la phrase : à l'intérieur, la virgule ou les deux-points séparent et organisent ses constituants — c'est elle qui structure la lecture.

Le cours

Qu'est-ce qu'une phrase ? La question a l'air simple, mais c'est la fondation de toute la grammaire. Une phrase est une construction grammaticale qui repose sur une TRIPLE UNITÉ.

D'abord une unité typographique, celle qui se voit : la phrase commence par une majuscule et se termine par un signe de ponctuation forte — le point, le point d'interrogation ou le point d'exclamation. Ensuite une unité de sens : la phrase dit quelque chose de complet. « Le chat dort. » est une phrase ; « le chat sur le » n'en est pas une, même avec une majuscule et un point, car le sens reste en suspens. Enfin une unité de syntaxe : les mots de la phrase ne sont pas posés en vrac, ils sont organisés — le plus souvent autour d'un verbe conjugué, qui en est le pivot.

De cette définition découle LA méthode de l'année, celle qu'il faut faire à chaque analyse : SOULIGNER LES VERBES CONJUGUÉS, PUIS LES COMPTER. Un verbe conjugué, c'est un verbe qui porte les marques de la personne et du temps : « dort », « veille », « tombera », « avons mangé ». Le compte des verbes conjugués classe la phrase en trois familles.

Première famille : UN SEUL verbe conjugué → la PHRASE SIMPLE. « Le chat dort. » Un verbe (dort), une seule proposition. Attention : simple ne veut pas dire courte. « Le petit chat noir de la voisine dort paisiblement sur le canapé du salon. » reste une phrase simple — quatorze mots, mais un seul verbe conjugué (dort). Deuxième famille : DEUX verbes conjugués OU PLUS → la PHRASE COMPLEXE. « Le chat dort et le chien veille. » Deux verbes (dort, veille).

Règle d'or : CHAQUE VERBE CONJUGUÉ EST LE NOYAU D'UNE PROPOSITION. Cette phrase contient donc deux propositions : « le chat dort » et « le chien veille ». Pour découper une phrase complexe, on encadre chaque verbe, puis on trace la frontière entre les propositions.

Les propositions peuvent être reliées par un mot de liaison (ici « et ») ou par un simple signe de ponctuation (« Le vent souffle, la porte claque. ») — ce sera l'objet de la leçon sur la juxtaposition et la coordination. Troisième famille : AUCUN verbe conjugué → la PHRASE NON VERBALE. « Quelle belle nuit ! », « Entrée interdite. », « Victoire ! » Pas de verbe conjugué, et pourtant ce sont de vraies phrases : majuscule, point, sens complet. Elles s'organisent le plus souvent autour d'un nom (« nuit », « entrée », « victoire ») — on parle alors, dans la tradition scolaire, de phrase nominale — la grammaire de référence, elle, s'en tient à « phrase non verbale », car le noyau n'est pas toujours un groupe nominal.

On les rencontre partout où l'on veut être bref et frappant : les titres de journaux (« Séisme au Japon. »), les panneaux (« Sortie de secours. »), les exclamations (« Quel but ! »). Deux pièges enfin, qui font la différence entre une analyse juste et une analyse fausse. Piège n°1 : compter TOUS les verbes, y compris les infinitifs et les participes.

Or seuls les verbes CONJUGUÉS comptent. « Léa veut dormir. » : « dormir » est à l'infinitif, il ne compte pas ; un seul verbe conjugué (veut) → phrase simple. Piège n°2 : juger à la longueur. La longueur ne dit rien — seule compte le nombre de verbes conjugués.

Reste la ponctuation, qui ne sert pas qu'à fermer la phrase. À l'intérieur, elle STRUCTURE : la virgule sépare des groupes (« Le matin, Léa lit. » — la virgule isole le complément déplacé en tête), les deux-points annoncent une explication ou une énumération, le point-virgule sépare deux propositions proches. Et d'une phrase à l'autre, le point organise le texte : bien délimiter ses phrases, c'est déjà bien écrire.

Quand tu rédiges, relis-toi en vérifiant chaque attelage majuscule → point : une idée par phrase, un point par idée.

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Les erreurs fréquentes

Compter tous les verbes de la phrase, y compris les infinitifs et les participes, pour décider si elle est simple ou complexe.
Seuls les verbes CONJUGUÉS comptent (ils portent les marques de personne et de temps). Dans « Léa veut dormir. », « dormir » est à l'infinitif : il ne compte pas. Un seul verbe conjugué (veut) → phrase simple.
Croire qu'une phrase longue est forcément complexe, et qu'une phrase courte est forcément simple.
La longueur ne dit rien : seul le nombre de verbes conjugués compte. « Le petit chat noir de la voisine dort paisiblement sur le canapé. » est une phrase simple (un seul verbe : dort) ; « Il pleut, je lis. » est une phrase complexe (deux verbes : pleut, lis).
Penser qu'une phrase sans verbe est une phrase incorrecte ou incomplète.
La phrase non verbale est une vraie phrase : majuscule, point, sens complet — « Quel spectacle ! », « Entrée interdite. » Elle s'organise souvent autour d'un nom, et on l'emploie volontairement dans les titres, les panneaux et les exclamations pour être bref et frappant.

Tu maîtrises la notion si…

  • Souligner les verbes conjugués d'une phrase, les compter et en déduire si elle est simple, complexe ou non verbale.
  • Découper une phrase complexe en propositions : une proposition par verbe conjugué, avec sa frontière.
  • Reconnaître une phrase non verbale et citer un contexte où on l'emploie (titre, panneau, exclamation).
  • Expliquer les trois unités de la phrase (typographique, sémantique, syntaxique) et le rôle structurant de la ponctuation, à l'intérieur comme aux frontières de la phrase.

Vérifie que tu as compris

  1. « Le chat dort et le chien veille. » Combien cette phrase contient-elle de propositions ?

    Réponse Deux : un verbe conjugué = une proposition

    La méthode : souligner puis compter les verbes conjugués. Ici il y en a deux, « dort » et « veille » — or chaque verbe conjugué est le noyau d'une proposition. La phrase est donc complexe et contient deux propositions : « le chat dort » + « le chien veille », reliées par « et ».

  2. Laquelle de ces phrases est une phrase NON VERBALE ?

    Réponse « Quel match magnifique ! »

    « Quel match magnifique ! » ne contient aucun verbe conjugué : elle s'organise autour du nom « match » — phrase non verbale (et pourtant vraie phrase : majuscule, point, sens complet). Les trois autres contiennent un verbe conjugué : « commence », « regardez » (impératif) et « est ».

  3. « Léa veut dormir. » Cette phrase est-elle simple, complexe ou non verbale ?

    Réponse Simple : elle ne contient qu'un seul verbe conjugué (« veut »)

    On compte les verbes CONJUGUÉS : « veut » en est un, mais « dormir » est à l'infinitif — il ne compte pas. Un seul verbe conjugué → phrase simple. C'est le piège classique : les infinitifs et les participes ne comptent jamais dans le décompte qui classe la phrase.

S'entraîner sur cette notion

La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Trois phrases, trois verdicts : 1 verbe = simple, 2 = complexe, 0 = non verbale.

Regarde les puces rouges : ce sont les verbes conjugués — compte-les.

Comprendre

Deux verbes conjugués → deux propositions : chaque verbe commande la sienne.

Suis les accolades : une proposition par verbe conjugué.

Appliquer

« tombe » = 1 → simple ; « souffle, claque » = 2 → complexe ; aucun → non verbale.

Attention au piège : un infinitif n'est PAS un verbe conjugué.

Transférer

La majuscule ouvre, le point ferme — bien délimiter ses phrases, c'est déjà bien écrire.

Cherche les titres de journaux : pourquoi tant de phrases non verbales ?

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