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1848 : la République et le suffrage universel

Histoire-Géo · EMC 4ᵉ La difficile entrée dans l'âge démocratique (1815-1870)

En 1848, la République revient : quelles grandes avancées démocratiques la France connaît-elle cette année-là ?

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L'essentiel

La révolution de 1848 ne change pas seulement le droit de vote. La IIe République prend aussi plusieurs grandes décisions au nom de la liberté et de l'égalité. La plus importante est l'abolition de l'esclavage : le 27 avril 1848, un décret préparé par Victor Schœlcher interdit définitivement l'esclavage dans toutes les colonies françaises.

Des milliers de personnes, surtout aux Antilles et à la Réunion, deviennent libres et citoyens. La République reconnaît aussi le droit au travail : elle affirme que l'État doit aider ceux qui n'ont pas d'emploi. Pour cela, elle crée les ateliers nationaux, des chantiers publics qui donnent du travail aux chômeurs des villes.

La peine de mort pour raisons politiques est également supprimée. Toutes ces mesures prolongent les grands idéaux de la Révolution française de 1789 : la liberté et l'égalité. Mais elles ne durent pas toutes : dès l'été 1848, les ateliers nationaux sont fermés, ce qui provoque une révolte ouvrière à Paris, durement réprimée.

L'idée à retenir

En 1848, la IIe République instaure le suffrage universel (masculin) : chaque citoyen (homme) peut voter. La même année, elle abolit l’esclavage dans les colonies (Victor Schœlcher). Ce sont deux grandes avancées de l’âge démocratique.

Comprendre

Pour comprendre pourquoi 1848 est une grande année, il ne faut pas retenir seulement le suffrage universel masculin, mais aussi les autres avancées décidées par la IIe République. L'idée essentielle à saisir est que ces mesures prolongent les idéaux de liberté et d'égalité hérités de la Révolution française de 1789. La plus marquante est l'abolition de l'esclavage. Depuis le XVIIIe siècle, l'économie des colonies françaises, notamment aux Antilles, reposait sur le travail forcé d'esclaves venus d'Afrique.

Une première abolition, décidée pendant la Révolution, avait été annulée par Napoléon Ier. En 1848, la question revient : le 27 avril, un décret préparé par Victor Schœlcher, un homme politique engagé contre l'esclavage, l'abolit définitivement dans toutes les colonies françaises. Des milliers d'hommes et de femmes deviennent alors libres et reçoivent la citoyenneté : c'est une application concrète du principe d'égalité.

La IIe République reconnaît aussi le droit au travail : elle considère que la société doit garantir un emploi, ou au moins une aide, à ceux qui n'en ont pas. Pour répondre au chômage, elle crée les ateliers nationaux, des chantiers publics ouverts aux ouvriers sans travail. La peine de mort en matière politique est également supprimée.

Toutes ces décisions montrent une République qui veut étendre la liberté et l'égalité. Mais il faut aussi comprendre leurs limites : dès le mois de juin 1848, jugés trop coûteux, les ateliers nationaux sont fermés, ce qui déclenche une insurrection ouvrière à Paris, les journées de juin, violemment réprimée. Retiens l'idée centrale : en 1848, la IIe République abolit l'esclavage et reconnaît le droit au travail, des avancées qui prolongent les idéaux de liberté et d'égalité, même si toutes ne se maintiennent pas.

Le cours

L'année 1848 n'est pas seulement celle du suffrage universel masculin : la IIe République, animée par les idéaux de liberté et d'égalité hérités de la Révolution française, prend plusieurs autres grandes mesures. La plus importante est l'abolition de l'esclavage. Depuis le XVIIIe siècle, l'économie des colonies françaises, en particulier les plantations de sucre et de café des Antilles et de la Réunion, reposait sur le travail forcé d'esclaves déportés d'Afrique.

Une première abolition avait été votée pendant la Révolution, mais Napoléon Ier avait rétabli l'esclavage en 1802. La question ressurgit en 1848 : le 27 avril, un décret préparé par Victor Schœlcher, un homme politique profondément engagé contre l'esclavage, l'abolit définitivement dans l'ensemble des colonies françaises. Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants deviennent alors des personnes libres et reçoivent la citoyenneté française : c'est une application directe du principe d'égalité entre les êtres humains. La IIe République reconnaît également le droit au travail.

Elle affirme que la société doit fournir un emploi, ou au moins une aide, aux personnes qui n'en ont pas. Pour lutter contre le chômage, très important à Paris, elle crée les ateliers nationaux : des chantiers publics qui emploient les ouvriers sans travail sur des travaux d'utilité collective. La République supprime aussi la peine de mort en matière politique, une décision symbolique forte au nom de la liberté.

Toutes ces mesures montrent une République qui cherche à étendre concrètement la liberté et l'égalité à un plus grand nombre de personnes. Il faut cependant en comprendre les limites. Les ateliers nationaux coûtent très cher et inquiètent une partie des dirigeants : ils sont fermés dès le mois de juin 1848. Cette décision jette à la rue des milliers d'ouvriers et provoque une insurrection à Paris, les journées de juin, qui est violemment réprimée.

Le droit au travail n'est donc pas maintenu, alors que l'abolition de l'esclavage, elle, devient définitive. Savoir identifier ces grandes mesures de 1848 et expliquer en quoi l'abolition de l'esclavage prolonge les idéaux de liberté et d'égalité est un attendu de la classe de 4e, car cela montre le visage social et humain de la difficile entrée de la France dans l'âge démocratique.

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Les erreurs fréquentes

Croire que l'esclavage a été aboli pour la première et unique fois en 1848 en France.
Une première abolition avait été votée pendant la Révolution française, mais Napoléon Ier avait rétabli l'esclavage en 1802. Le décret du 27 avril 1848, porté par Victor Schœlcher, l'abolit cette fois définitivement dans les colonies françaises.
Penser que les ateliers nationaux étaient des usines privées ou que le droit au travail de 1848 a duré longtemps.
Les ateliers nationaux étaient des chantiers publics créés par la IIe République pour donner du travail aux chômeurs, au nom du droit au travail. Mais, jugés trop coûteux, ils sont fermés dès juin 1848, ce qui provoque une révolte ouvrière réprimée : le droit au travail n'a donc pas été maintenu.

Tu maîtrises la notion si…

  • Identifier les grandes mesures prises par la IIe République en 1848 : l'abolition de l'esclavage (décret du 27 avril, Victor Schœlcher) et la reconnaissance du droit au travail (ateliers nationaux).
  • Expliquer en quoi l'abolition de l'esclavage prolonge les idéaux de liberté et d'égalité : les esclaves deviennent des personnes libres et des citoyens.
  • Connaître les limites de ces avancées : la fermeture des ateliers nationaux dès juin 1848 et l'insurrection ouvrière réprimée qui suit.

Vérifie que tu as compris

  1. Quelle grande mesure la IIe République prend-elle par le décret du 27 avril 1848, préparé par Victor Schoelcher ?

    Réponse L'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises

    Le décret du 27 avril 1848, porté par Victor Schoelcher, abolit définitivement l'esclavage dans les colonies : les esclaves deviennent des personnes libres et des citoyens.

  2. En quoi l'abolition de l'esclavage de 1848 prolonge-t-elle les idéaux de liberté et d'égalité hérités de 1789 ?

    Réponse Les esclaves deviennent des personnes libres et reçoivent la citoyenneté, comme les autres citoyens

    Libérer les esclaves applique le principe de liberté ; leur donner la citoyenneté applique le principe d'égalité. C'est une application concrète des idéaux de la Révolution française de 1789.

  3. Qu'est-ce que les ateliers nationaux, créés par la IIe République en 1848 ?

    Réponse Des chantiers publics destinés à donner du travail aux chômeurs, au nom du droit au travail

    Au nom du droit au travail, la IIe République crée les ateliers nationaux pour employer les chômeurs. Jugés trop coûteux, ils sont fermés dès juin 1848, ce qui déclenche une insurrection ouvrière réprimée.

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

En 1848, le suffrage universel (masculin) est instauré.

Chaque citoyen homme vote.

Comprendre

La même année, l’esclavage est aboli.

Victor Schœlcher, 1848.

Appliquer

Suffrage universel (masculin) + abolition de l’esclavage.

Le vote et la liberté.

Transférer

Elle élargit les droits et la liberté.

Plus de citoyens votent, l’esclavage est aboli.

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