Français · 4ᵉ

Sujet-verbe : les cas complexes

Français 4ᵉ Accords : les cas complexes

« Toi et moi partons » : -ons, sans « nous » ! « C'est moi qui AI raison » : pas « qui a » ! « Ainsi parlent les sages » : le sujet a disparu… non — il se déguise. Apprends à le démasquer.

Voir la scène entière dans Azulma Ici, une seule vue — vivante. Dans l'app, la scène complète se déroule plan par plan, la mascotte de la matière explique, puis tu t'entraînes.

L'essentiel

« Toi et moi partons. » Ni « toi » ni « moi » n'est un « nous »… et pourtant le verbe se conjugue comme avec « nous ». Pourquoi ? Parce que quand un sujet réunit PLUSIEURS PERSONNES, elles fusionnent — et la plus « proche de moi » gagne : s'il y a du « moi » dedans, ça devient NOUS (« Toi et moi partons » : -ons) ; s'il y a du « toi » mais pas de « moi », ça devient VOUS (« Toi et lui partez » : -ez) ; sinon, c'est ILS ou ELLES (« Lui et elle partent »).

La hiérarchie : 1re personne > 2e > 3e. Deuxième déguisement : le pronom relatif « qui ». Dans « C'est moi qui ai raison », le sujet du verbe est « qui »… mais « qui » n'a pas de personne à lui : il prend celle de son ANTÉCÉDENT, « moi » — donc 1re personne du singulier : « ai », pas « a ».

Troisième déguisement : le sujet inversé — « Ainsi parlent les sages » : le sujet est APRÈS le verbe, l'accord fait demi-tour pour aller le chercher. Et le dernier, tu le connais : l'écran — « Les élèves, malgré le bruit, écoutent » : ce qui est entre virgules ne commande rien. Quatre déguisements, un seul réflexe : demande « c'est QUI, qui fait l'action ? » — trouve le vrai sujet, et l'accord suit tout seul.

L'idée à retenir

Le verbe n'a qu'un seul maitre, son SUJET — mais en 4e, le sujet se déguise. ① PLUSIEURS PERSONNES : elles fusionnent selon la hiérarchie 1re > 2e > 3e — « Toi et moi PARTONS » (toi + moi = nous), « Toi et lui PARTEZ » (= vous), « Lui et elle PARTENT » (= ils). ② LE PRONOM RELATIF SUJET : « qui » est transparent, l'accord REMONTE à son antécédent — « C'est moi qui AI raison » (moi → 1re du singulier). ③ LE SUJET INVERSÉ : « Ainsi parlent LES SAGES » — le sujet est après le verbe, l'accord fait demi-tour. ④ L'ÉCRAN : « Les élèves, malgré le bruit, ÉCOUTENT » — ce qui est entre virgules ne commande rien. Un seul réflexe pour tout : « c'est QUI, qui fait l'action ? » — trouve le vrai sujet, l'accord suit.

Comprendre

Le programme de 4e demande de « comprendre, mémoriser et maitriser l'accord du verbe avec le sujet dans des cas complexes (sujet comportant plusieurs personnes et pronom relatif sujet) ». Premier cas : le sujet à plusieurs personnes. Quand des pronoms (ou un nom et un pronom) de personnes différentes sont coordonnés, le verbe s'accorde à la personne LA PLUS BASSE dans la numérotation — la 1re l'emporte sur la 2e, la 2e sur la 3e. « Toi et moi partons » (2e + 1re = nous, 1re du pluriel) ; « Toi et lui partez » (2e + 3e = vous, 2e du pluriel) ; « Marie et moi arrivons » (3e + 1re = nous) ; « Lui et elle partent » (3e + 3e = ils).

Deuxième cas : le pronom relatif sujet. « Qui » est bien le sujet grammatical du verbe de la relative, mais il est TRANSPARENT : il transmet la personne et le nombre de son antécédent. « C'est moi qui ai raison » (antécédent « moi » → 1re du singulier) ; « C'est toi qui as gagné » (2e du singulier). L'erreur classique — « c'est moi qui a raison » — vient d'un accord par défaut à la 3e personne, comme si « qui » vivait sa vie. Troisième cas : le sujet inversé, fréquent après un adverbe en tête de phrase ou dans les incises — « Ainsi parlent les sages », « Ainsi naissent les légendes » : le verbe précède son sujet, l'accord se fait à rebours.

Quatrième cas, déjà rencontré en 5e et consolidé ici : l'écran entre sujet et verbe (« Les élèves, malgré le bruit, écoutent »). La méthode unificatrice : identifier le vrai sujet (tests « c'est… qui » et substitution par un pronom), dire sa personne et son nombre, puis accorder — et savoir EXPLIQUER ce cheminement, car c'est la justification qui est évaluée.

Le cours

Commence par une phrase que tu dis tous les jours sans y penser : « Toi et moi partons au foot. » Arrête-toi sur le verbe : « partons ». C'est la terminaison de NOUS… alors que ni « toi » ni « moi », pris séparément, n'est « nous ». Que s'est-il passé ?

Quand un sujet réunit plusieurs personnes grammaticales, elles FUSIONNENT en une seule — et la fusion obéit à une hiérarchie stricte : la 1re personne l'emporte sur la 2e, la 2e l'emporte sur la 3e. S'il y a du « moi » quelque part dans le sujet, le résultat contient « moi » : c'est NOUS. « Toi et moi partons » ; « Marie et moi arrivons ». S'il y a du « toi » mais pas de « moi », le résultat contient « toi » : c'est VOUS. « Toi et lui partez » ; « Toi et tes frères partez ».

Et si le sujet ne contient que des troisièmes personnes, c'est ILS ou ELLES : « Lui et elle partent ». Le réflexe pratique : remplace mentalement tout le sujet par le pronom-fusion (« toi et moi » → nous) et conjugue — la terminaison s'entend. Deuxième cas complexe : le petit mot « qui ».

Lis : « C'est moi qui ai raison. » Beaucoup écriraient « qui a raison » — et c'est LA faute classique. Le sujet de « ai », c'est bien « qui »… mais « qui » est un pronom TRANSPARENT : il n'a ni personne ni nombre à lui, il relaie ceux de son ANTÉCÉDENT — le mot qu'il remplace, juste avant lui. Ici l'antécédent est « moi » : 1re personne du singulier → « c'est moi qui AI raison ».

De même : « c'est toi qui AS gagné » (2e du singulier), « c'est nous qui AVONS fini » (1re du pluriel). L'accord REMONTE la flèche : du verbe à « qui », de « qui » à l'antécédent. Troisième cas : le sujet qui passe DERRIÈRE le verbe. « Ainsi parlent les sages. » Si tu cherches le sujet avant le verbe, tu ne trouves qu'un adverbe.

Le sujet est après : « les sages » — pluriel → « parlent ». Ce tour, fréquent à l'écrit (après « ainsi », « peut-être », dans les incises « dit-elle »), s'appelle le SUJET INVERSÉ : l'accord fait demi-tour. « Ainsi naissent les légendes. » Quatrième cas, que tu connais depuis la 5e mais qui se combine désormais aux autres : l'ÉCRAN. « Les élèves, malgré le bruit, écoutent. » Le groupe entre virgules s'est glissé entre le sujet et le verbe ; il ne commande rien — la chaîne l'enjambe : « les élèves… écoutent » (-nt). Quatre déguisements du sujet, une seule méthode.

UN : je pose la question « c'est QUI, qui fait l'action ? » — « ce sont les sages qui parlent », « c'est moi qui ai raison ». DEUX : je dis la personne et le nombre du vrai sujet — en fusionnant les personnes s'il y en a plusieurs (1re > 2e > 3e), en remontant à l'antécédent si le sujet est « qui ». TROIS : j'accorde, et je sais dire pourquoi.

Le verbe n'a qu'un seul maitre : son sujet — encore faut-il le démasquer.

Vois cette notion fonctionner : la scène animée, plan par plan →

Les erreurs fréquentes

Écrire « c'est moi qui a raison » — accorder le verbe de la relative à la 3e personne par défaut.
« Qui » n'a pas de personne à lui : il transmet celle de son ANTÉCÉDENT. Ici l'antécédent est « moi », 1re personne du singulier → « c'est moi qui AI raison ». Vérifie en remplaçant : « c'est toi qui AS », « c'est nous qui AVONS » — l'accord suit toujours l'antécédent, jamais un « il » imaginaire.
Accorder à la 2e personne du pluriel un sujet qui contient « moi » (« Toi et moi partez »).
La hiérarchie des personnes est stricte : la 1re l'emporte sur toutes les autres. Dès qu'il y a « moi » dans le sujet, la fusion donne NOUS → « Toi et moi partons » (-ons). « Vous » ne gagne que s'il y a du « toi » SANS « moi » : « Toi et lui partez ».
Accorder le verbe avec l'adverbe ou le mot qui le précède quand le sujet est inversé (« Ainsi parle les sages »).
Après « ainsi », « peut-être »… le sujet passe souvent DERRIÈRE le verbe : il faut aller le chercher. « C'est qui, qui parle ? » — les sages, pluriel → « Ainsi parlENT les sages ». Un adverbe n'est jamais un sujet : si tu ne vois pas de sujet avant le verbe, regarde après.

Tu maîtrises la notion si…

  • Fusionner un sujet à plusieurs personnes selon la hiérarchie 1re > 2e > 3e et accorder le verbe (« Toi et moi partons », « Toi et lui partez », « Lui et elle partent »).
  • Accorder le verbe après un pronom relatif sujet en remontant à l'antécédent (« C'est moi qui ai raison », « C'est toi qui as gagné »).
  • Repérer un sujet inversé et accorder à rebours (« Ainsi parlent les sages »).
  • Appliquer la méthode complète — « c'est qui, qui fait l'action ? », personne et nombre, accord justifié — même avec un écran entre sujet et verbe.

Vérifie que tu as compris

  1. « Toi et moi (partir) demain. » Quelle forme du verbe écris-tu, et pourquoi ?

    Réponse « partons » : les personnes fusionnent et la 1re l'emporte — toi + moi = nous

    Quand un sujet réunit plusieurs personnes, elles fusionnent selon une hiérarchie stricte : la 1re personne l'emporte sur la 2e, la 2e sur la 3e. Dès qu'il y a « moi » dans le sujet, la fusion donne NOUS : « Toi et moi partons » (-ons). Sans « moi » mais avec « toi », elle donne VOUS : « Toi et lui partez ». Et entre troisièmes personnes : ILS — « Lui et elle partent ».

  2. « C'est moi qui (avoir) raison. » Quelle forme est correcte, et pourquoi ?

    Réponse « ai » : « qui » transmet la personne de son antécédent « moi »

    Le pronom relatif « qui » est bien le sujet du verbe, mais il est TRANSPARENT : il n'a ni personne ni nombre à lui — il relaie ceux de son antécédent. Ici, l'antécédent est « moi » : 1re personne du singulier → « c'est moi qui AI raison ». La preuve par substitution : « c'est toi qui AS », « c'est nous qui AVONS » — le verbe suit l'antécédent, jamais un « il » imaginaire.

  3. « Ainsi … (naître) les légendes. » Quelle est la forme correcte du verbe, et pourquoi ?

    Réponse « naissent » : le sujet est INVERSÉ — « les légendes », pluriel

    Après « ainsi », « peut-être », ou dans les incises, le sujet passe souvent DERRIÈRE le verbe : l'accord fait demi-tour pour aller le chercher. Pose la question qui démasque tous les sujets : « c'est qui, qui naît ? » — les légendes, pluriel, donc « naissent ». Règle de sécurité : si tu ne vois pas de sujet avant le verbe, regarde après ; un adverbe ne commande jamais un accord.

S'entraîner sur cette notion

La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.

Ouvrir cette scène dans Azulma →

Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Toi et moi = NOUS → partons · « qui » → moi → AI · le sujet APRÈS le verbe → parlent.

Suis les flèches : la fusion des personnes, la remontée vers l’antécédent, le demi-tour vers le sujet inversé.

Comprendre

Le podium des personnes : la 1re l’emporte sur la 2e, la 2e sur la 3e.

Dès qu'il y a « moi » → NOUS ; du « toi » sans « moi » → VOUS ; entre troisièmes personnes → ILS/ELLES.

Appliquer

C'est toi qui AS gagné · Marie et moi ARRIVONS · Ainsi NAISSENT les légendes.

Pose la question « c'est QUI, qui fait l'action ? » — et souviens-toi : « qui » relaie son antécédent.

Transférer

« ce sont LES ÉLÈVES qui écoutent » · « ILS écoutent » : le test rend le sujet visible ou audible.

Au moindre doute, déclenche un test — « c’est… qui » pour voir, le pronom pour entendre — puis accorde.

Dans le même chapitre

Voir tout le chapitre « Accords : les cas complexes » →