Le fil sujet-verbe
« Les enfants de la classe voisine chantent. » Le mot collé au verbe est au singulier… et le verbe au pluriel ! Le fil de l’accord saute par-dessus les intrus — apprends à le suivre.
L'essentiel
« Les enfants de la classe voisine chantent. » Juste avant le verbe, il y a « voisine » — un mot au singulier. Et pourtant on écrit « chantENT », au pluriel. Pourquoi ?
Parce que le verbe n'obéit pas au mot d'à côté : il obéit à son SUJET, celui qui fait l'action. Ici, qui chante ? Les enfants — pas la classe, pas « voisine ».
Le groupe « de la classe voisine » n'est qu'un ÉCRAN glissé entre le sujet et le verbe : l'accord saute par-dessus, comme un fil tendu entre « les enfants » et « chantent ». Pour retrouver le vrai sujet à coup sûr, deux tests-réflexes : demande « c'est… QUI ? » (« ce sont LES ENFANTS qui chantent ») ou remplace le groupe par un pronom (« ILS chantent » — le -nt s'entend dans ta tête).
Autre cas : un sujet à plusieurs noms — « Léa et Tom arrivent » : Léa + Tom = ils, donc pluriel. Le réflexe à graver : avant d'accorder un verbe, demande-toi toujours « c'est qui, qui fait l'action ? ».
L'idée à retenir
Le verbe s’accorde avec son SUJET, jamais avec le mot d’à côté. Quand un complément fait écran (« Les enfants de la classe voisine CHANTENT »), l’accord enjambe l’intrus comme un fil tendu du sujet au verbe : c’est « enfants » (pluriel) qui impose -nt, pas « voisine ». Quand le sujet comporte plusieurs noms, ET les additionne : « Léa et Tom ARRIVENT » (Léa + Tom = ils). Pour retrouver le vrai sujet à coup sûr : le test « c’est… qui » (« ce sont les enfants qui chantent ») ou la substitution par un pronom (« ILS chantent » — le pronom fait entendre l’accord). Réflexe : un sujet ils/elles exige une forme en -nt.
Comprendre
L'accord sujet-verbe est une chaîne, comme celle du GN : le SUJET est le donneur, le VERBE le receveur (marques de personne et de nombre). La difficulté de 5e, ce sont les CAS COMPLEXES où le sujet ne touche plus son verbe. Premier cas : le sujet séparé du verbe par un complément — dans « Les enfants de la classe voisine chantent », le complément du nom « de la classe voisine » s'intercale ; le mot « voisine », au singulier, est un MOT-ÉCRAN qui attire l'accord vers une faute (« chante »).
La chaîne enjambe l'écran : le noyau du groupe sujet est « enfants », pluriel → « chantent ». Deuxième cas : le sujet comportant plusieurs noms — « Léa et Tom arrivent » : la conjonction ET additionne les noms en un pluriel (Léa + Tom = ils) ; avec OU, dans le cas simple où un seul des deux agit, le verbe reste au singulier (« Le chat ou le chien A RENVERSÉ le vase » : un seul coupable). Troisième cas : un pronom relatif ou une proposition fait écran (« Les oiseaux que Léa observe s'envolent » : le verbe « s'envolent » s'accorde avec « les oiseaux », pas avec « Léa »).
Deux tests fiabilisent le repérage du vrai sujet : l'encadrement « c'est… qui » (« ce sont les enfants qui chantent ») et la substitution pronominale (« ils chantent », « il aboie ») — le pronom fait entendre l'accord que l'écrit rend muet. La marque-réflexe : un sujet ils/elles exige une forme verbale en -nt.
Le cours
Lis cette phrase : « Les enfants de la classe voisine chantent. » Maintenant regarde le mot placé juste avant le verbe : « voisine ». Singulier. Si le verbe s'accordait avec son voisin, on écrirait « chante ».
Et pourtant la seule orthographe juste est « chantENT ». Cette phrase contient toute la leçon : LE VERBE N'OBÉIT PAS AU MOT D'À CÔTÉ. Le verbe obéit à son SUJET : ce dont on dit quelque chose — le test « c'est… qui » le désigne à coup sûr.
Qui chante, dans cette phrase ? Pas la classe. Pas « voisine ».
Les ENFANTS. « Les enfants » est le sujet, et « de la classe voisine » n'est qu'un complément du nom venu s'intercaler — un groupe intrus, un ÉCRAN. L'accord, lui, fonctionne comme un fil tendu par-dessus l'écran : il part du noyau du sujet (« enfants », pluriel) et atterrit sur le verbe (« chantent », marque -nt). Les grammairiens disent que le sujet est séparé du verbe par un complément ; retiens l'image du fil qui ENJAMBE.
Comment retrouver le vrai sujet à coup sûr ? Deux tests-réflexes, à faire dans ta tête. Le test « C'EST…
QUI » : encadre le candidat — « ce sont LES ENFANTS qui chantent » : la phrase tient debout, le sujet est trouvé ; essaie avec l'écran — « c'est la classe voisine qui chante » : ce n'est plus le sens de la phrase. Le test du PRONOM : remplace tout le groupe sujet par il, elle, ils ou elles — « ILS chantent ». Ce test a un pouvoir en plus : il fait ENTENDRE l'accord (« ils chantent » sonne différemment de « il chante » pour beaucoup de verbes : ils finissent, il finit), alors que l'écrit le laisse souvent muet.
Deuxième cas complexe : le sujet à PLUSIEURS NOMS. « Léa et Tom arrivent. » Ni « Léa » ni « Tom » n'est pluriel — mais la conjonction ET les additionne : Léa + Tom = ils. Le verbe passe au pluriel. C'est vrai quelle que soit la longueur : « Le vent, la pluie et la grêle frappent la fenêtre » — trois noms singuliers, un verbe au pluriel.
Avec OU, sois attentif au sens : dans le cas simple où UN SEUL des deux fait l'action, le verbe reste au singulier — « Le chat ou le chien a renversé le vase » : il n'y a qu'un coupable. Troisième écran, plus discret : le PRONOM RELATIF. « Les oiseaux que Léa observe s'envolent. » Deux verbes, deux sujets : « observe » s'accorde avec Léa (c'est elle qui observe), mais « s'envolent » s'accorde avec « les oiseaux » (ce sont eux qui s'envolent) — la petite proposition « que Léa observe » s'est glissée en écran entre le sujet et son verbe. Même méthode : « ce sont les oiseaux qui s'envolent ».
Récapitule la méthode, en trois gestes : UN, je repère le verbe ; DEUX, je demande « c'est qui, qui fait l'action ? » (ou je remplace par un pronom) ; TROIS, j'accorde avec ce vrai sujet, en ignorant superbement le mot d'à côté. Et souviens-toi de la marque-réflexe héritée du chapitre sur le verbe : un sujet ils/elles exige une forme en -NT. « Les couleurs du tableau brillENT » : les couleurs = elles → -nt, quoi qu'en dise le mot « tableau » posé juste à côté du verbe.
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Les erreurs fréquentes
- Accorder le verbe avec le mot placé juste avant lui (« Les enfants de la classe voisine chante »).
- Le mot d'à côté (« voisine ») n'est qu'un écran : le verbe s'accorde avec son SUJET. Demande « c'est qui, qui chante ? » — ce sont les enfants → « chantent ». Avant d'accorder, saute toujours par-dessus le groupe intrus pour retrouver le noyau du sujet.
- Laisser le verbe au singulier quand le sujet comporte plusieurs noms (« Léa et Tom arrive »).
- ET additionne les sujets : Léa + Tom = ils, donc pluriel → « arrivent ». Le test du pronom le fait entendre : « ILS arrivent ». Attention au cas différent de OU quand un seul des deux agit : « Le chat ou le chien a renversé le vase » reste au singulier.
- Dans une phrase avec pronom relatif, accorder le verbe principal avec le nom de la relative (« Les oiseaux que Léa observe s'envole »).
- « que Léa observe » est une proposition-écran : ce sont LES OISEAUX qui s'envolent → « s'envolent ». Chaque verbe a son propre sujet : « observe » s'accorde avec Léa, « s'envolent » avec les oiseaux. Applique le test « c'est… qui » verbe par verbe.
Tu maîtrises la notion si…
- Retrouver le vrai sujet d'un verbe séparé de lui par un complément, en appliquant le test « c'est… qui » ou la substitution par un pronom.
- Accorder le verbe avec un sujet comportant plusieurs noms (ET → pluriel) et connaître le cas simple de OU (un seul agit → singulier).
- Accorder chaque verbe avec son propre sujet quand une proposition relative fait écran (« Les oiseaux que Léa observe s'envolent »).
- Justifier l'accord en verbalisant : « le sujet est…, donc le verbe prend… » (réflexe ils/elles → -nt).
Vérifie que tu as compris
« Les enfants de la classe voisine (chanter). » Quelle forme du verbe écris-tu, et pourquoi ?
Réponse « chantent » : le sujet est « les enfants », et le reste n'est qu'un écran
Le verbe s'accorde avec son SUJET, jamais avec le mot d'à côté. Demande « c'est qui, qui chante ? » : ce sont les enfants → ILS chantent, marque -nt. Le complément du nom « de la classe voisine » s'est intercalé en écran : l'accord l'enjambe, comme un fil tendu du sujet au verbe.
« Les oiseaux que Léa observe s'envolent. » Pourquoi « s'envolent » est-il au pluriel alors que « Léa », juste avant, est au singulier ?
Réponse Son sujet est « les oiseaux » : la relative fait écran
Chaque verbe a son propre sujet : « observe » s'accorde avec Léa (c'est elle qui observe), mais « s'envolent » s'accorde avec « les oiseaux » (ce sont eux qui s'envolent → -nt). La proposition relative « que Léa observe » s'est glissée entre le sujet et son verbe : c'est un écran, que le test « ce sont les oiseaux QUI s'envolent » permet d'enjamber.
Quelle forme du verbe écris-tu dans « Léa et Tom (arriver) au collège. » ?
Réponse « arrivent » : « et » additionne les deux noms
Quand le sujet comporte plusieurs noms reliés par « et », ils s'additionnent en un pluriel : Léa + Tom = ils → « arrivent » (marque -nt). Test du pronom : « ILS arrivent. » Le verbe s'accorde avec ce sujet pluriel, même si chaque nom pris seul est au singulier.
S'entraîner sur cette notion
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Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Le fil bleu enjambe l’écran : le sujet « les enfants » commande « chantent ».
Le piège est en rouge : « voisine » n’est que le mot d’à côté, pas le sujet.
ET additionne les noms (Léa + Tom = ils → pluriel) · OU, quand un seul agit → singulier.
Compare les deux bandes : « arrivent » (-nt) contre « a renversé » (un seul coupable).
le chien ABOIE (écran « des voisins ») · les couleurs BRILLENT · Paul et sa sœur PARTENT.
Saute par-dessus le groupe intrus : le mot d’à côté n’a aucun droit sur le verbe.
« ce sont LES ENFANTS qui chantent » · « le chien des voisins → IL aboie ».
Au moindre doute, déclenche un test — puis seulement, accorde.