Français · 3ᵉ

L'apologue

Français 3ᵉ Rire pour dénoncer : la satire

Une petite histoire… pour faire passer une grande leçon ?

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L'essentiel

Un apologue, c'est une histoire courte et agréable à lire qui sert à faire passer une leçon : une morale ou une critique. Sa devise, c'est « plaire et instruire » : on raconte une petite histoire imagée (souvent avec des animaux dans la fable) pour faire comprendre une idée sans la dire directement. Les deux grandes formes sont la fable (récit bref avec une morale, comme chez La Fontaine) et le conte philosophique (récit qui critique la société et défend des idées, comme « Candide » de Voltaire).

L'idée à retenir

L'apologue est un récit court et plaisant qui délivre une leçon (une morale ou une critique) : « plaire et instruire ». Il argumente de façon INDIRECTE — la leçon n'est pas dite, elle se devine par l'histoire. Deux formes : la fable (brève, animalière, avec morale — La Fontaine) et le conte philosophique (qui critique la société et défend des idées — Voltaire).

Comprendre

Un apologue est un récit court et plaisant qui délivre une leçon, c'est-à-dire une morale ou une critique. Sa visée se résume par une formule latine célèbre : placere et docere, « plaire et instruire ». L'idée est de séduire le lecteur par une histoire imagée et divertissante pour mieux lui faire passer une réflexion : on apprend quelque chose en prenant du plaisir à lire.

La caractéristique essentielle de l'apologue est qu'il argumente de façon INDIRECTE : il ne dit pas la leçon frontalement, il la fait deviner par l'histoire. Au lieu d'affirmer « il ne faut pas être vaniteux », il met en scène un personnage vaniteux qui se fait punir, et le lecteur en tire lui-même la conclusion. On distingue deux grandes formes.

La fable est un récit bref, souvent animalier, qui se termine (au début ou à la fin) par une morale ; chez Jean de La Fontaine, des animaux (le corbeau, le renard, le loup…) représentent les défauts et les comportements des hommes. Le conte philosophique est un récit, généralement plus long, qui critique la société de son temps et défend des idées (la justice, la tolérance, la raison) ; le modèle est « Candide » de Voltaire, qui raconte les malheurs d'un héros naïf pour dénoncer le fanatisme, la guerre et l'optimisme aveugle. Dans les deux cas, le récit n'est pas raconté pour lui-même : l'histoire est au service d'une idée.

C'est pourquoi l'apologue est un outil privilégié pour DÉNONCER : en faisant rire ou réfléchir à travers une fiction, l'auteur attaque les défauts des hommes ou les injustices de la société de façon détournée, plus efficace et parfois plus prudente qu'une critique directe.

Le cours

L'apologue est un récit court et plaisant dont la fonction est de délivrer une leçon, c'est-à-dire de transmettre une morale ou une critique. Son projet tient tout entier dans une formule latine héritée du poète Horace : placere et docere, « plaire et instruire ». L'apologue cherche d'abord à séduire et à divertir le lecteur par une histoire vivante et imagée, parce que c'est en prenant du plaisir que le lecteur sera le plus réceptif à la réflexion qu'on veut lui transmettre.

Le plaisir n'est donc pas une fin en soi : il est le moyen de faire passer une idée. La grande particularité de l'apologue est son mode d'argumentation : il argumente de manière INDIRECTE. Contrairement à un discours, à un essai ou à un article qui défendent une thèse en l'affirmant ouvertement (argumentation directe), l'apologue ne formule pas sa leçon frontalement.

Il la met en scène dans une fiction et laisse le lecteur la déduire. Par exemple, plutôt que d'écrire « la vanité est un défaut dangereux », La Fontaine raconte l'histoire du corbeau qui, flatté par le renard, lâche son fromage : le lecteur comprend de lui-même la leçon. Cette stratégie détournée présente plusieurs avantages : elle est plaisante, elle est mémorable (on retient une histoire mieux qu'une règle abstraite), et elle permet de critiquer sans attaquer de front, ce qui est utile quand on veut dénoncer des puissants ou des idées sans s'exposer.

On distingue deux grandes formes d'apologue. La fable est un récit bref, souvent animalier, qui contient une morale, placée le plus souvent à la fin (parfois au début) ; les animaux y représentent, par convention, des types humains et leurs défauts : le renard la ruse, le loup la force injuste, le corbeau la vanité. Jean de La Fontaine, au XVIIe siècle, en est le maître : ses « Fables » peignent la société de son temps à travers le monde animal.

Le conte philosophique, lui, est un récit en général plus développé, qui critique la société de son époque et défend des idées : la tolérance, la justice, la raison, la liberté. Il se développe surtout au XVIIIe siècle, le siècle des Lumières ; le modèle en est « Candide » (1759) de Voltaire, qui suit les malheurs d'un jeune homme naïf à travers le monde pour dénoncer la guerre, le fanatisme religieux et l'optimisme béat. Dans tous les cas, le récit de l'apologue n'a pas de valeur pour lui-même : l'histoire est subordonnée à une visée argumentative, elle illustre et démontre une idée.

C'est précisément ce qui fait de l'apologue une arme de choix pour DÉNONCER. En faisant rire, sourire ou réfléchir grâce à une fiction, l'auteur dénonce les travers des hommes (l'orgueil, la cruauté, la sottise) ou les injustices de la société (l'inégalité, la guerre, l'intolérance) de façon détournée. Cette dénonciation indirecte est souvent plus efficace qu'une attaque frontale, parce qu'elle plaît et reste en mémoire, et elle peut aussi être plus prudente, parce qu'elle se protège derrière la fiction.

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Les erreurs fréquentes

Lire l'apologue comme une simple histoire racontée pour le plaisir, sans voir qu'il sert à faire passer une leçon.
Dans un apologue, l'histoire n'est jamais racontée pour elle-même : elle est au service d'une idée. Il faut toujours se demander quelle morale ou quelle critique le récit veut faire comprendre. Le plaisir (« plaire ») est un moyen pour mieux « instruire ».
Croire que l'apologue dit sa leçon directement, comme un discours ou un article qui affirme sa thèse.
L'apologue argumente de façon INDIRECTE : il ne formule pas la leçon frontalement, il la fait deviner par l'histoire. C'est au lecteur de tirer la morale ou la critique du récit. C'est ce qui le distingue de l'argumentation directe (discours, essai).

Tu maîtrises la notion si…

  • Définir l'apologue comme un récit court et plaisant qui délivre une leçon (morale ou critique) et reconnaître sa devise « plaire et instruire ».
  • Distinguer ses deux grandes formes : la fable (récit bref, souvent animalier, avec morale) et le conte philosophique (récit qui critique la société et défend des idées).
  • Expliquer que l'apologue argumente de façon indirecte (la leçon se devine par l'histoire) par opposition à l'argumentation directe.

Vérifie que tu as compris

  1. Un court récit qui met en scène des animaux pour délivrer une morale est…

    Réponse Un apologue (comme la fable)

    L'apologue (fable, conte philosophique) est un récit bref à visée argumentative : il illustre une leçon. La fable de La Fontaine en est l'exemple type.

  2. Quelle est la particularité de l'apologue par rapport à un simple récit ?

    Réponse Il délivre une leçon

    L'apologue est un récit à visée argumentative : l'histoire illustre une morale, une leçon que l'auteur veut transmettre.

  3. Parmi ces textes, lequel est un apologue ?

    Réponse Une fable de La Fontaine

    La fable est l'apologue le plus connu : un court récit, souvent avec des animaux, qui se termine par une morale.

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Un récit court et plaisant qui délivre une leçon : un apologue.

Une histoire pour « plaire et instruire ».

Comprendre

La morale n'est pas dite : l'histoire la fait deviner.

Pourquoi « plaire et instruire » ?

Appliquer

Deux formes d'apologue, une même visée.

Animaux + morale, ou critique de la société ?

Transférer

La fable fait deviner ; le discours affirme.

La leçon est-elle dite… ou suggérée par l'histoire ?

Dans le même chapitre

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