Français · 3ᵉ

Engagement et résistance

Français 3ᵉ Écrire pour résister : individu et pouvoir

Et si écrire, sous l'occupation, devenait un acte de résistance ?

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L'essentiel

S'engager, c'est choisir un camp, défendre une cause à laquelle on croit, même quand c'est dangereux pour soi. Résister, c'est dire non à l'oppression et à l'injustice, refuser de se soumettre pour rester libre et digne. Face à la guerre, à l'occupation et aux totalitarismes du XXe siècle, beaucoup d'écrivains se sont engagés et ont résisté avec leurs textes : la littérature devient alors une arme et un acte de résistance.

L'idée à retenir

S'engager, c'est prendre parti et défendre une cause au risque de soi ; résister, c'est refuser l'oppression et l'injustice pour rester libre et digne. Au XXe siècle, la littérature devient une arme : poèmes clandestins, chants, tracts et romans (Éluard « Liberté », Vercors « Le Silence de la mer », « Le Chant des partisans »).

Comprendre

Au XXe siècle, marqué par les deux guerres mondiales, l'occupation et les régimes totalitaires, de nombreux écrivains ont choisi de ne pas rester spectateurs : ils se sont engagés. S'engager, c'est prendre parti publiquement, défendre une cause (la liberté, la justice, la paix, la dignité humaine) en acceptant d'en payer le prix, parfois au risque de sa vie. Résister, c'est plus précisément refuser l'oppression et l'injustice, désobéir à ce que l'on juge inacceptable, et garder sa dignité et sa liberté de pensée même sous la contrainte.

Pendant la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation, la littérature devient un véritable acte de résistance : on écrit, on imprime et on diffuse clandestinement des poèmes, des chants, des tracts et des romans pour maintenir l'espoir et appeler au combat. « Le Chant des partisans » devient l'hymne de la Résistance ; le poème « Liberté » de Paul Éluard, parachuté par les avions alliés, fait de ce mot une arme ; « Le Silence de la mer » de Vercors, publié clandestinement aux Éditions de Minuit, montre une résistance par le refus de parler. Le poète prend des risques pour témoigner, dénoncer et mobiliser : le courage des mots prolonge alors le combat des armes. Pour reconnaître l'engagement et la résistance dans un texte, on repère les marques d'une prise de parti et d'un refus : un « nous » ou un « je » qui s'adresse aux lecteurs, des verbes à l'impératif qui appellent à l'action, le champ lexical de la liberté, de la lutte ou de l'oppression, et l'expression d'un espoir maintenu malgré la souffrance.

Le cours

Le XXe siècle est un siècle de violences extrêmes : deux guerres mondiales, l'occupation de la France par l'Allemagne nazie de 1940 à 1944, et la montée de régimes totalitaires qui suppriment les libertés et persécutent des populations entières. Face à ces événements, beaucoup d'écrivains ont refusé de rester en dehors du monde : ils ont fait le choix de l'engagement. S'engager, pour un écrivain, c'est prendre parti, défendre publiquement une cause à laquelle il croit — la liberté, la justice, la paix, la dignité humaine — et mettre sa parole au service de ce combat, en acceptant d'en assumer les conséquences, parfois jusqu'au danger de mort.

La résistance est une forme particulière et radicale d'engagement : résister, c'est refuser l'oppression et l'injustice, désobéir à un pouvoir que l'on juge illégitime, et préserver sa dignité et sa liberté de pensée même quand on ne peut pas se battre les armes à la main. Pendant l'Occupation, alors que la censure et la propagande contrôlent ce qui est publié, la littérature devient elle-même un acte de résistance. Des écrivains écrivent, impriment et diffusent dans la clandestinité, au péril de leur liberté : poèmes recopiés et passés de main en main, chants, tracts, journaux interdits et romans publiés sous le manteau.

Plusieurs œuvres sont devenues des symboles de ce combat par les mots. « Le Chant des partisans », écrit en 1943, devient le chant de ralliement de la Résistance, diffusé par la radio de Londres : ses paroles appellent au soulèvement et à l'unité. Le poème « Liberté » de Paul Éluard, dont chaque strophe se termine par le geste d'écrire ce mot partout, est parachuté par les avions alliés sur la France occupée : le poème lui-même devient une arme jetée dans la bataille. « Le Silence de la mer » de Vercors, premier livre des Éditions de Minuit clandestines en 1942, raconte un vieil homme et sa nièce qui résistent à l'officier allemand logé chez eux par un silence obstiné : ici, la résistance passe par le refus de parler, par la dignité conservée. À travers ces textes, on comprend que la littérature engagée a plusieurs fonctions : témoigner de ce que l'on vit, dénoncer l'injustice et l'oppression, et mobiliser les lecteurs en entretenant l'espoir et le courage.

L'écrivain engagé prend des risques réels : il peut être arrêté, déporté, exécuté. C'est pourquoi le courage des mots prolonge le combat : la plume devient une autre forme d'arme, qui agit sur les esprits quand les armes agissent sur le terrain. Pour repérer l'engagement et la résistance dans un texte, on s'appuie sur plusieurs indices : la prise de parti, marquée par un « je » qui s'engage personnellement ou un « nous » qui rassemble et s'adresse aux lecteurs ; les appels à l'action, souvent à l'impératif ; les champs lexicaux de la liberté, de la lutte, du courage, mais aussi de l'oppression et de la souffrance que l'on dénonce ; et enfin l'expression d'un espoir maintenu malgré le danger.

Comprendre cette littérature, c'est saisir qu'écrire peut être un acte, et que les mots, dans certaines circonstances, deviennent un engagement et une résistance.

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Les erreurs fréquentes

Confondre « s'engager » et « résister », ou penser que résister, c'est seulement combattre les armes à la main.
S'engager, c'est défendre une cause en prenant parti ; résister, c'est une forme d'engagement qui consiste à refuser l'oppression et l'injustice. La résistance n'est pas que militaire : écrire, imprimer et diffuser des textes clandestins, ou même se taire dignement comme dans « Le Silence de la mer », sont des actes de résistance.
Croire qu'un poème ou un texte littéraire ne sert qu'à faire beau et ne peut pas être un acte engagé ou un combat.
Pendant l'Occupation, la littérature devient une arme : un poème comme « Liberté » d'Éluard, parachuté sur la France, ou « Le Chant des partisans » appellent à l'action, dénoncent et mobilisent. Écrire et diffuser ces textes était dangereux : le courage des mots prolonge le combat.

Tu maîtrises la notion si…

  • Définir et distinguer « s'engager » (prendre parti, défendre une cause au risque de soi) et « résister » (refuser l'oppression et l'injustice, garder sa dignité et sa liberté de pensée).
  • Expliquer comment, au XXe siècle, la littérature devient un acte de résistance (poèmes clandestins, chants, tracts, romans) et citer un exemple (Éluard, Vercors, « Le Chant des partisans »).
  • Repérer dans un texte les marques de l'engagement et de la résistance (prise de parti, appels à l'action, champs lexicaux de la liberté et de l'oppression, espoir).

Vérifie que tu as compris

  1. Un poème écrit clandestinement sous l'Occupation pour appeler à résister illustre…

    Réponse La littérature de résistance

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, des écrivains (Éluard, Aragon…) ont fait de la poésie une arme d'engagement et de résistance.

  2. Que signifie « s'engager » pour un écrivain ?

    Réponse Mettre son écriture au service d'une cause

    S'engager, c'est prendre position publiquement et utiliser ses textes pour défendre la liberté, la justice ou la paix, parfois au péril de sa sécurité.

  3. Le poème « Liberté » de Paul Éluard, diffusé clandestinement pendant l'Occupation, est un exemple de…

    Réponse Poésie de résistance

    « Liberté » fut parachuté sur la France occupée par les avions de la RAF : Éluard fait de la poésie un appel à l'espoir et à la lutte contre l'oppresseur.

S'entraîner sur cette notion

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Les quatre étapes pour maîtriser cette notion

Reconnaître

Refuser l'oppression pour rester libre et digne, c'est résister.

Dire non à l'injustice, par les mots aussi.

Comprendre

La littérature devient un acte de résistance.

Poèmes clandestins, chants, tracts, romans.

Appliquer

À quoi reconnais-tu un texte de résistance ?

Cherche « je / nous », l'impératif, le champ lexical de la liberté.

Transférer

Résister, c'est s'engager en disant non.

Prendre parti pour une cause ⊃ refuser l'oppression.

Au brevet, cette notion tombe dans ce sujet

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