Qui fait quoi autour du verbe ?
« Le matin, Léa donne une pomme à son frère. » Quatre groupes gravitent autour du verbe « donne » — et aucun ne joue le même rôle. Le mieux ? Tu peux le PROUVER sans rien réciter.
L'essentiel
Autour du verbe, chaque groupe joue un RÔLE : c'est sa fonction. Prends « Le matin, Léa donne une pomme à son frère. » Le pivot est le verbe « donne ». Qui donne ? « C'est LÉA qui donne » → Léa est le SUJET (test d'encadrement).
Léa donne quoi ? « une pomme » → COD, collé au verbe : tu ne peux ni le déplacer ni le supprimer sans casser le sens. Elle donne à qui ? « à son frère » → COI, accroché au verbe par la préposition « à ». Et « le matin » ?
Déplace-le (« Léa donne une pomme à son frère le matin. ») : ça marche. Supprime-le : ça marche aussi → complément CIRCONSTANCIEL de temps, le groupe mobile. Dernier rôle à connaître : après un verbe d'état (être, sembler, devenir…), le groupe dit ce qu'EST le sujet — « Le ciel semble gris » → « gris » est ATTRIBUT DU SUJET.
Le secret du chapitre : on ne devine pas une fonction, on la PROUVE avec les 4 gestes — déplacer, supprimer, remplacer, encadrer — et on dit son raisonnement à voix haute.
L'idée à retenir
Le verbe est le PIVOT de la phrase : les fonctions se définissent autour de lui. Le SUJET fait l'action (test « c'est… qui » : « c'est Léa qui donne »), le COD répond à « quoi ? » collé au verbe (une pomme — ni déplaçable ni supprimable, remplaçable par la), le COI répond à « à qui ? » (à son frère), l'ATTRIBUT du sujet suit un verbe d'état (être, sembler, devenir…), et les CC (lieu, temps, cause, manière) sont DÉPLAÇABLES et SUPPRIMABLES (« le matin »). La règle d'or du programme : chaque étiquette se PROUVE par une manipulation — déplacer, supprimer, remplacer, encadrer — et on VERBALISE son raisonnement.
Comprendre
La classe d'un mot dit ce qu'il EST ; sa FONCTION dit ce qu'il FAIT dans la phrase — et toutes les fonctions se définissent par rapport au VERBE, le pivot. Le SUJET désigne qui fait l'action (ou de qui l'on décrit l'état) : on le prouve par l'ENCADREMENT « c'est … qui » — « C'est Léa qui donne une pomme. » Le COD (complément d'objet direct) désigne l'objet de l'action : il répond à « verbe + qui ? quoi ? » SANS préposition — « Léa donne QUOI ? une pomme ». Sa signature : il est essentiel, ni déplaçable ni supprimable sans changer le sens, et on peut le REMPLACER par le, la, les (« Léa LA donne »).
Le COI (complément d'objet indirect) répond à « à qui ? à quoi ? de qui ? de quoi ? » : une préposition l'accroche au verbe — « Léa donne une pomme À SON FRÈRE » (remplaçable par lui/leur : « Léa LUI donne une pomme »). L'ATTRIBUT DU SUJET apparaît avec les verbes d'état — que la grammaire de référence appelle verbes attributifs — (être, sembler, devenir, paraître, rester, demeurer) : il exprime ce qu'EST le sujet — « Le ciel semble gris. » Ne le confonds pas avec un COD : après un verbe d'état, il n'y a jamais de COD. Enfin, les COMPLÉMENTS CIRCONSTANCIELS précisent les circonstances — lieu (où ?), temps (quand ?), cause (pourquoi ?), manière (comment ?) — et se reconnaissent à leur double liberté : DÉPLAÇABLES et SUPPRIMABLES (« Le matin, Léa donne… » / « Léa donne… le matin » / suppression possible).
La méthode du chapitre tient donc en quatre MANIPULATIONS : DÉPLACER, SUPPRIMER, REMPLACER (par un pronom), ENCADRER (c'est … qui). Et le programme insiste : VERBALISE ton raisonnement — « je peux déplacer et supprimer “le matin”, donc c'est un complément circonstanciel » — car une analyse prouvée vaut mieux qu'une étiquette devinée.
Le cours
Il faut d'abord distinguer deux questions que l'on pose à un mot ou à un groupe. Sa CLASSE (ou nature) : qu'est-ce que c'est ? (un nom, un verbe, un déterminant…). Sa FONCTION : quel rôle joue-t-il dans CETTE phrase ?
La classe ne change jamais ; la fonction, elle, dépend de la phrase — « la pomme » est toujours un GN, mais il peut être sujet ici et COD là. Et toutes les fonctions s'organisent autour d'un centre : le VERBE, pivot de la phrase. Prenons la phrase-modèle du chapitre : « Le matin, Léa donne une pomme à son frère. » Le pivot est « donne ».
Autour de lui, quatre groupes, quatre rôles. LE SUJET : qui fait l'action ? On le PROUVE par l'encadrement « c'est … qui » : « C'est LÉA qui donne une pomme à son frère. » → « Léa » est le sujet.
Ce test délimite aussi les groupes sujets longs : « C'est LA PETITE SŒUR DE TOM qui prépare le déjeuner. » LE COD (complément d'objet direct) : sur quoi porte l'action ? Pose la question « verbe + qui ? quoi ? », SANS préposition : « Léa donne QUOI ? — une pomme. » Le COD est un complément ESSENTIEL : impossible de le déplacer (« Une pomme, Léa donne à son frère » : bancal) ou de le supprimer (« Léa donne à son frère » : le sens est amputé — on ne sait plus ce qu'elle donne). En revanche, on peut le REMPLACER par un pronom : « Léa LA donne à son frère. » Déplaçable ? non.
Supprimable ? non. Remplaçable par le/la/les ? oui. C'est signé : COD.
LE COI (complément d'objet indirect) : l'action se fait au profit ou au sujet de qui ? Pose la question AVEC préposition : « Léa donne une pomme À QUI ? — à son frère. » La préposition (à, de) est la marque de l'INDIRECT : le complément est accroché au verbe par ce petit mot. Lui aussi est remplaçable par un pronom : « Léa LUI donne une pomme. » Certains verbes se construisent ainsi : parler À, penser À, se souvenir DE…
L'ATTRIBUT DU SUJET : que dit-on du sujet lui-même ? Il apparaît après les VERBES D'ÉTAT — être, sembler, devenir, paraître, rester, demeurer, avoir l'air — et exprime ce qu'EST le sujet : « Le ciel semble GRIS. », « Léa devient GRANDE. » Le test : remplace le verbe d'état par un signe « = » : « le ciel = gris » — cela fonctionne, c'est un attribut. Attention au piège : après un verbe d'état, il n'y a JAMAIS de COD ; « gris » ne subit pas l'action du ciel, il le décrit.
(Et note l'accord : l'attribut s'accorde avec le sujet — « Léa devient grandE ».) LES COMPLÉMENTS CIRCONSTANCIELS (CC) : dans quelles circonstances l'action se passe-t-elle ? Lieu (où ?) : « dans la cuisine » ; temps (quand ?) : « le matin » ; cause (pourquoi ?) : « à cause de la pluie » ; manière (comment ?) : « à voix basse », « prudemment ». Leur signature est une double liberté : ils sont DÉPLAÇABLES — « Le matin, Léa donne une pomme… » / « Léa donne une pomme à son frère le matin. » — et SUPPRIMABLES — « Léa donne une pomme à son frère. » La phrase reste correcte : le CC est un décor précieux, pas un pilier.
Résumons la MÉTHODE, celle que le programme te demande d'appliquer et de dire à voix haute. Quatre manipulations prouvent les fonctions : ① DÉPLACER — si le groupe accepte de bouger, piste CC ; ② SUPPRIMER — s'il peut disparaître sans casser la phrase, piste CC confirmée ; ③ REMPLACER par un pronom — le/la/les → COD, lui/leur → COI ; ④ ENCADRER par « c'est … qui » → sujet. Le duo à ne plus confondre : COD et CC. « Léa mange une pomme LE SOIR. » — « une pomme » : ni déplaçable ni supprimable, répond à « mange quoi ? » → COD ; « le soir » : déplaçable et supprimable → CC de temps.
Deux compléments, deux statuts. Et surtout, VERBALISE ton raisonnement, comme le demande le programme : ne dis pas « “le matin” est un CC parce que je le sens », mais « je peux déplacer “le matin” en fin de phrase et je peux le supprimer : la phrase reste correcte, donc c'est un complément circonstanciel — il répond à “quand ?”, c'est un CC de temps ». L'étiquette se gagne par la preuve : c'est exactement le raisonnement qu'attend ton professeur, à l'oral comme dans un contrôle.
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Les erreurs fréquentes
- Confondre COD et complément circonstanciel : étiqueter « une pomme » et « le soir » de la même façon dans « Léa mange une pomme le soir. »
- Fais les manipulations : « le soir » se déplace (« Le soir, Léa mange une pomme. ») et se supprime → CC de temps. « Une pomme » ne se déplace pas, ne se supprime pas sans amputer le sens, et se remplace par « la » (« Léa LA mange ») → COD. Déplaçable + supprimable = CC ; collé au verbe et répond à « quoi ? » = COD.
- Prendre l'attribut du sujet pour un COD : analyser « gris » comme COD dans « Le ciel semble gris. »
- « Sembler » est un verbe d'ÉTAT (comme être, devenir, paraître, rester) : après lui, jamais de COD. « Gris » dit ce qu'EST le ciel — test du signe égal : « le ciel = gris » → ATTRIBUT DU SUJET. Le COD, lui, suit un verbe d'action : « Léa mange une pomme » (« Léa = une pomme » est absurde).
- Donner une fonction « au feeling », sans manipulation ni justification.
- Chaque étiquette se PROUVE par un geste : encadrer (« c'est … qui » → sujet), remplacer (le/la/les → COD ; lui/leur → COI), déplacer + supprimer (→ CC). Et on verbalise : « je peux déplacer et supprimer “le matin”, donc c'est un CC de temps ». C'est la manipulation qui fait la preuve, pas l'intuition.
Tu maîtrises la notion si…
- Identifier le sujet par l'encadrement « c'est … qui » et le verbe pivot de la phrase.
- Distinguer COD (« qui ? quoi ? », ni déplaçable ni supprimable, pronom le/la/les) et COI (« à qui ? de quoi ? », préposition, pronom lui/leur).
- Reconnaître l'attribut du sujet après un verbe d'état (être, sembler, devenir, paraître, rester, demeurer) grâce au test du signe égal.
- Prouver qu'un groupe est complément circonstanciel (lieu, temps, cause, manière) par la double manipulation déplacer + supprimer, en verbalisant son raisonnement complet.
Vérifie que tu as compris
« Léa mange une pomme. » Quelle est la fonction de « une pomme » ?
Réponse COD : il répond à « mange quoi ? »
« Léa mange QUOI ? — une pomme » : question directe, sans préposition. Les manipulations le confirment : impossible de le déplacer (« Une pomme, Léa mange » est bancal) ou de le supprimer sans amputer le sens, mais on peut le remplacer par un pronom : « Léa LA mange. » C'est la signature du COD.
« Le ciel semble gris. » Quelle est la fonction de « gris » ?
Réponse Attribut du sujet : il dit ce qu'est le ciel
« Sembler » est un verbe d'ÉTAT (comme être, devenir, paraître, rester) : après lui, jamais de COD. « Gris » exprime ce qu'EST le sujet — test du signe égal : « le ciel = gris » fonctionne → attribut du sujet. Le COD, lui, n'existe qu'avec un verbe d'action (« Léa mange une pomme »).
Dans « Léa téléphone à son frère. », quelle est la fonction de « à son frère » ?
Réponse COI : il répond à « téléphone à qui ? »
« Léa téléphone À QUI ? — à son frère » : la question se pose avec la préposition « à » → complément d'objet INDIRECT. Preuve par le pronom : « Léa LUI téléphone. » Le COD, lui, répondrait à « quoi ? » sans préposition : ce n'est pas le cas ici.
S'entraîner sur cette notion
La scène s'anime pas à pas, la mascotte t'explique, puis tu t'entraînes. Gratuit pour commencer.
Ouvrir cette scène dans Azulma →Les quatre étapes pour maîtriser cette notion
Une phrase-scène : sujet, verbe pivot, COD, COI et le CC qui peut bouger.
Chaque étiquette est ancrée à son groupe — repère le pivot rouge au centre.
Les 4 gestes qui prouvent une fonction : déplacer, supprimer, remplacer, encadrer.
À chaque geste sa signature : ça bouge et ça part → CC ; la/le/les → COD.
« C'est le chien qui… » → sujet ; « écrit quoi ? » → COD ; déplaçable → CC.
Ne devine pas : fais la manipulation, puis verbalise ton raisonnement.
Déplaçable + supprimable = CC ; collé au verbe et remplaçable par « lui » = COI.
Deux compléments peuvent se suivre : teste-les UN par UN.