La défaite de 1940 et l’Occupation
Mai-juin 1940 : en quelques semaines, l’armée française est mise en déroute et des millions de civils fuient sur les routes. Comment la France bascule-t-elle dans l’Occupation ?
L'essentiel
En mai 1940, l'armée allemande attaque la France avec ses chars et ses avions : c'est la guerre éclair. En quelques semaines seulement, l'armée française est battue, et des millions de gens fuient sur les routes pour échapper aux combats : c'est l'exode. Le maréchal Pétain demande alors d'arrêter de se battre, et l'armistice est signé le 22 juin 1940 — c'est un arrêt des combats, mais pas la paix.
À partir de là, la France est coupée en deux : au nord, la zone occupée, où l'armée allemande commande ; au sud, la zone libre, qui n'est pas occupée par les soldats allemands. Entre les deux, on ne peut passer qu'avec une autorisation : c'est la ligne de démarcation. Vivre sous l'occupation, c'est subir la loi de l'occupant : payer pour son armée, lui livrer de la nourriture et des matières premières.
L'idée à retenir
Le 10 mai 1940, l’Allemagne lance la guerre éclair (chars et aviation) et perce le front : l’armée française est vaincue, et des millions de civils fuient (l’exode). Le maréchal Pétain demande l’arrêt des combats : l’armistice du 22 juin 1940 n’est pas la paix, mais un cessez-le-feu aux conditions du vainqueur. Il coupe la France en deux — zone occupée au nord et à l’ouest (dont Paris), zone libre au sud, séparées par la ligne de démarcation. Occuper, c’est imposer sa loi : frais d’occupation, réquisitions, près de deux millions de soldats prisonniers.
Comment ça marche, étape par étape
- L’armistice du 22 juin 1940 n’est pas la paix : il coupe la France en deux — zone occupée au nord et à l’ouest (dont Paris), zone libre au sud, séparées par la ligne de démarcation qu’on ne franchit qu’avec un laissez-passer.
- Occuper coûte cher : frais d’occupation, réquisitions, près de deux millions de prisonniers. Et à Vichy, Pétain installe un régime qui rompt avec la République : « Travail, Famille, Patrie » remplace « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Comprendre
Au printemps 1940, l'Allemagne nazie lance contre la France une offensive foudroyante. Le 10 mai, ses chars et son aviation percent le front : c'est la guerre éclair. En six semaines à peine, l'armée française est vaincue et mise en déroute, tandis que des millions de civils fuient sur les routes (l'exode) et que les Allemands entrent dans Paris le 14 juin.
Le maréchal Pétain, devenu chef du gouvernement, demande l'arrêt des combats : l'armistice est signé le 22 juin 1940. Attention : un armistice n'est pas la paix, mais un cessez-le-feu aux conditions du vainqueur. Cet armistice coupe la France en deux. Au nord et à l'ouest, la zone occupée est contrôlée par l'armée allemande ; au sud, la zone libre n'est pas occupée.
Une ligne de démarcation, surveillée par les Allemands, sépare les deux zones comme une frontière. Occuper un territoire, c'est y imposer sa loi : la France doit payer l'entretien de l'armée allemande, lui livrer des ressources (réquisitions) et accepter que près de deux millions de ses soldats restent prisonniers. La défaite de 1940 fait ainsi entrer la France dans l'Occupation.
Le cours
Depuis septembre 1939, la France est en guerre contre l'Allemagne nazie, mais pendant plusieurs mois les armées s'observent presque sans combattre : c'est la « drôle de guerre ». Tout bascule le 10 mai 1940, quand l'Allemagne lance une vaste offensive à l'Ouest. Ses troupes attaquent par la Belgique, puis percent le front français dans les Ardennes.
Les Allemands emploient une nouvelle manière de combattre, la guerre éclair (Blitzkrieg) : des colonnes de chars, appuyées par l'aviation, avancent très vite et désorganisent l'adversaire. En quelques semaines, l'armée française, pourtant réputée l'une des plus puissantes du monde, est débordée et mise en déroute. Sur les routes, des millions de civils fuient les combats vers le sud, emportant ce qu'ils peuvent : c'est l'exode, une immense panique.
Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Paris, déclarée « ville ouverte ». Le gouvernement, réfugié à Bordeaux, est divisé. Le maréchal Philippe Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, prend la tête du gouvernement et, le 17 juin, annonce à la radio qu'il faut cesser le combat.
L'armistice est signé avec l'Allemagne le 22 juin 1940 : ce n'est pas une paix, mais un arrêt des combats, aux conditions imposées par le vainqueur. Hitler choisit de le faire signer à Rethondes, dans le wagon même où l'Allemagne avait reconnu sa défaite en 1918 : une revanche symbolique. L'armistice coupe la France en deux.
Au nord et à l'ouest, la zone occupée — qui comprend Paris et toute la façade atlantique — est sous le contrôle direct de l'armée allemande. Au sud, la zone libre n'est pas occupée par les troupes allemandes ; elle sera gouvernée depuis la ville de Vichy. Entre les deux s'étire la ligne de démarcation, une véritable frontière intérieure surveillée par les Allemands : pour la franchir, il faut un laissez-passer (Ausweis).
L'Alsace et la Moselle, à l'est, sont même annexées de fait au Reich allemand. [[scene:LS-OCC-001|Voir : la France défaite et occupée]] L'occupation a un coût très lourd. L'armée allemande est présente et fait la loi dans la zone occupée. La France doit payer chaque jour des sommes énormes pour l'entretien des troupes d'occupation (les « frais d'occupation », fixés à 400 millions de francs par jour).
Les Allemands réquisitionnent la nourriture, les matières premières et la production des usines, qu'ils envoient en Allemagne pour leur effort de guerre. Enfin, près de deux millions de soldats français, faits prisonniers, restent retenus en Allemagne. À partir de novembre 1942, les Allemands envahiront aussi la zone libre : toute la France sera alors occupée.
La défaite de 1940 ouvre ainsi une période sombre, celle de l'Occupation.
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Les erreurs fréquentes
- Confondre l'armistice du 22 juin 1940 avec la fin de la guerre ou un traité de paix.
- Un armistice n'est qu'un arrêt des combats (un cessez-le-feu) imposé par le vainqueur ; ce n'est ni une paix, ni un traité. La guerre, elle, continue ailleurs en Europe et dans le monde. La France a été vaincue militairement en 1940, mais la Seconde Guerre mondiale est loin d'être terminée.
- Croire que la « zone libre » est un territoire réellement libre et indépendant de l'Allemagne.
- La zone libre s'appelle ainsi seulement parce qu'elle n'est pas occupée par l'armée allemande. Elle reste soumise aux conditions très dures de l'armistice et coupée du nord par la ligne de démarcation, surveillée par les Allemands. Elle n'est donc pas indépendante — et elle sera elle-même envahie en novembre 1942.
Tu maîtrises la notion si…
- Décrire la défaite de 1940 : l'offensive allemande de mai-juin 1940 (guerre éclair), la déroute de l'armée française, l'exode des civils, puis l'armistice du 22 juin 1940 signé par Pétain.
- Décrire la division du territoire : une zone occupée au nord et à l'ouest (dont Paris), une zone libre au sud, séparées par la ligne de démarcation surveillée par les Allemands.
- Expliquer ce qu'est l'occupation et son coût : la présence de l'armée allemande qui impose sa loi, les frais d'occupation à payer, les réquisitions de ressources et près de deux millions de soldats prisonniers.
Vérifie que tu as compris
En quelle année la France est-elle vaincue et occupée par l'Allemagne ?
Réponse 1940
La France est battue en mai-juin 1940 ; l'armistice est signé le 22 juin 1940.
Que prévoit l'armistice de juin 1940 ?
Réponse La division de la France en une zone occupée et une zone libre
Après l'armistice, le nord et l'ouest sont occupés par l'Allemagne ; le sud reste « libre », séparé par la ligne de démarcation.
Qu'est-ce que la « ligne de démarcation » ?
Réponse La frontière entre la zone occupée et la zone libre
La ligne de démarcation sépare la zone occupée (nord) de la zone libre (sud) ; la franchir nécessitait une autorisation.
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Après l’armistice, la France est coupée en deux : zone occupée au nord et à l’ouest, zone libre au sud.
La ligne de démarcation sépare les deux zones ; on ne la franchit qu’avec un laissez-passer.
Les étapes de la défaite : l’offensive du 10 mai 1940, la déroute et l’exode, puis l’armistice du 22 juin.
Guerre éclair (chars + aviation) → déroute de l’armée → exode des civils → Pétain demande l’arrêt des combats.
Zone occupée (dont Paris), zone libre, ligne de démarcation ; frais d’occupation et réquisitions.
Pense d’abord à la division du territoire, puis au prix de l’occupation : payer l’armée allemande, réquisitions, prisonniers.
La zone libre n’est pas occupée, mais elle reste soumise à l’armistice — et sera envahie en novembre 1942.
Non occupée ne veut pas dire indépendante : ligne de démarcation surveillée, conditions de l’armistice, invasion de novembre 1942.
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